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Fraude fiscaleUne information judiciaire ouverte dans l'affaire Cahuzac

Le ministre du Budget Jérôme Cahuzac est probablement l'interlocuteur qui évoquait en 2000 la détention d'un compte bancaire en Suisse dans un enregistrement révélé par Mediapart.

L'étau se resserre pour Jérôme Cahuzac.
L'étau se resserre pour Jérôme Cahuzac.
AFP

Le ministre du Budget Jérôme Cahuzac, un pilier du gouvernement français, se retrouve dans une position très fragile: selon la justice, c'est probablement lui qui reconnaît avoir détenu un compte dans la banque UBS, dans un enregistrement révélé par le site Mediapart.

Les premiers résultats de l'enquête préliminaire ouverte le 8 janvier sur l'existence d'un tel compte interviennent à un moment délicat pour le grand argentier du gouvernement: il a commencé lundi à recevoir les autres ministres pour déterminer les économies envisagées pour réduire les déficits publics.

Ce chirurgien de 60 ans, qui a fait fortune dans les implants capillaires, a toujours nié avoir détenu un compte en Suisse.

Mais au vu des conclusions des premières investigations, le parquet de Paris a annoncé mardi l'ouverture d'une information judiciaire en raison «de la complexité des investigations à diligenter», en particulier «la mise en œuvre complète de l'entraide répressive internationale, en Suisse mais aussi à Singapour».

Blanchiment et fraude fiscale

Les juges d'instruction enquêteront notamment sur des faits présumés de blanchiment de fraude fiscale.

Selon le site d'informations Mediapart, qui a révélé l'affaire, le compte détenu par Jérôme Cahuzac chez UBS aurait été clôturé en 2010 et les avoirs auraient été transférés, via des montages complexes, à Singapour.

Le ministère du Budget n'a pas réagi à ces informations et l'entourage du président François Hollande comme du Premier ministre n'ont fait aucun commentaire.

Concernant l'enregistrement diffusé en décembre par Mediapart, dans lequel un homme, identifié par le site comme étant Jérôme Cahuzac, évoque la détention d'un compte dans une banque suisse, l'enquête a conclu qu'il n'a «subi aucune altération ou modification», selon un communiqué du parquet de Paris.

Dans cet enregistrement datant, selon le site, de la fin de l'année 2000, l'homme déclare: «ça me fait chier d'avoir un compte ouvert là-bas, l'UBS c'est quand même pas forcément la plus planquée des banques».

Cet enregistrement était en possession depuis douze ans de l'avocat Michel Gonelle, ex-rival politique de Jérôme Cahuzac dans le sud-ouest de la France.

«Trois témoins ont dit reconnaître la voix» et un autre a reconnu «des intonations de la voix», a précisé le parquet.

Comparaison des voix

La police technique scientifique, qui a comparé la voix de l'interlocuteur mystérieux de la bande avec celle de Jérôme Cahuzac, conclut: «Le résultat de notre analyse renforce l'hypothèse que Jérôme Cahuzac est le locuteur inconnu».

Le parquet précise par ailleurs que «l'un des témoins entendus par les enquêteurs a affirmé qu'il lui avait été rapporté que les sommes versées sur ce supposé compte proviendraient de laboratoires pharmaceutiques».

Selon plusieurs médias, Jérôme Cahuzac, chirurgien de formation passé par le cabinet du ministre de la Santé Claude Evin (1988-91) comme conseiller technique, a été après cette expérience ministérielle consultant pour l'industrie pharmaceutique, notamment en matière de conseil de politique du médicament.

Pour cette raison, l'information judiciaire porte également sur la «perception par un membre d'une profession médicale d'avantages procurés par une entreprise dont les services ou les produits sont pris en charge par la sécurité sociale».

Démenti

Après la révélation de l'affaire fin 2012, le ministre délégué au Budget avait déclaré le 5 décembre devant les députés: J«e n'ai pas, je n'ai jamais eu de compte à l'étranger. Ni maintenant, ni avant».

A propos de la conversation enregistrée, Jérôme Cahuzac avait déclaré début janvier: Ca ne peut pas être moi puisque je n'ai jamais eu de compte à l'étranger".

Le ministre avait également annoncé le dépôt d'une plainte en diffamation contre le site Mediapart.

Pour le co-fondateur du site, Edwy Plenel, le parquet "confirme ligne par ligne l'ensemble des informations mises sur la place publique par Mediapart".

"Il conclut logiquement à ce que nous avions dit, c'est-à-dire qu'il fallait une information judiciaire pour mener des investigations internationales", a-t-il déclaré.

AFP

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