En Islande, les femmes pourraient créer leur parti

EgalitéInsatisfaites de leur taux de représentation au nouveau parlement, des militantes se mobilisent.

Sóley Tómasdóttir

Sóley Tómasdóttir Image: Wikicommons

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Bientôt un parti exclusivement féminin au pays champion du monde de la parité hommes-femmes? «Si la situation ne s’améliore pas, nous activerons cette option», prévient Sóley Tómasdóttir, dirigeante du Mouvement Gauche-Verts, dans une interview à la télévision nationale. En accordant aux femmes seulement 24 sièges, contre 39 pour leurs homologues masculins, le résultat des législatives de la fin du mois d’octobre suscite des remous chez les Islandaises.

D’autant que l’égalité parfaite au sein du parlement semblait toute proche. En octobre 2016, les élections législatives anticipées avaient vu triompher 30 députées, contre 33 élus. Mais pour un an seulement, à peine le temps d’adopter une loi obligeant à l’égalité salariale, une première mondiale. L’ex-premier ministre étant accusé d’avoir couvert son père dans un sordide imbroglio judiciaire autour d’un scandale sexuel, les Islandais étaient donc de nouveau appelés aux urnes il y a dix jours. Résultat: 38% de femmes élues au Parlement, de quoi faire pâlir d’envie bien des politiciennes à travers le monde. Pas en Islande! Car ce résultat, en termes de nombre d’élues, est le plus bas depuis 2007.

Alors, les féministes islandaises organisent la contre-attaque. Au lendemain des élections, elles étaient plus de 120 à se réunir dans la capitale, Reykjavik, à l’appel du groupe Facebook «Kvennaframbod» (La candidature de la Femme). Et leur manifeste est sans appel: «Nous considérons l’élection comme un grand pas en arrière pour la liberté des femmes. Nous rejetons le mythe que nous vivons dans un paradis de l’égalité. À bas le patriarcat!» Elles se disent désormais prêtes à créer leur parti politique.

L’initiative a déjà été expérimentée en 1983, avec la fondation de Samtök um kvennalista (Organisation pour une liste des femmes). Le parti obtient trois élues aux législatives la même année, boosté par le succès des listes féminines aux élections locales l’année précédente. Le combat dure jusqu’en 1999, où le parti se dissout dans une coalition de gauche. Du côté des partis traditionnels, on invoque la difficulté de trouver des candidates. Une version contestée par Sóley Tómasdóttir: «Malgré les vagues de féminisme de ces dernières décennies et le fait que la chute du gouvernement soit liée à une affaire de violence sexuelle, nos campagnes électorales restent centrées sur les mâles traditionnels. La création d’un parti féminin serait le début de quelque chose de formidable.» Maigre lot de consolation, c’est une femme, Katrín Jakobsdóttir, du Mouvement Gauche-Verts, qui a été mandatée pour former le nouveau gouvernement. (24 heures)

Créé: 06.11.2017, 21h09

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