Le juge qui a inculpé Sarkozy est menacé de mort

Affaire BettencourtUne lettre extrêmement menaçante, et accompagnée «de munitions d'arme de guerre», a été reçue mercredi au parquet de Bordeaux. Elle vise le juge d'instruction Jean-Michel Gentil.

Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour abus de faiblesse à l'encontre de Liliane Bettencourt.

Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour abus de faiblesse à l'encontre de Liliane Bettencourt. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La lettre reçue mercredi au Palais de Justice de Bordeaux par le juge d'instruction Jean-Michel Gentil est signée d'un groupe se baptisant «IFO», «Interaction des forces de l'ordre Paris-Melun-Rouen-Caen-Cherbourg-Rennes», et l'accuse de faire partie d'un «groupuscule de juges rouges», a-t-on appris jeudi de source proche du dossier.

De source proche de l'enquête, d'autres lettres signées de ce groupe ont été envoyées, et les enquêteurs s'employaient jeudi à en établir la liste. Sans citer ce sigle, une autre personnalité ayant été destinataire d'une lettre du même genre, le journaliste Jean-Pierre Elkabbach, a indiqué jeudi que le courrier, ainsi qu'un autre adressé à son confrère de i-TELE Michaël Darmon, proviendraient «du même groupe».

La lettre reçue à Bordeaux est adressée à «M. Gentil, du Syndicat de la magistrature, fondé en mai 1968, groupuscule de juges rouges révolutionnaires, social-soviétiques, totalitaires, enragés et engagés politiquement», alors que M. Gentil n'est pas membre de ce syndicat de magistrats situé à gauche.

Cartouches à blanc

L'affaire a été révélée par le Syndicat de la magistrature (SM), dont plusieurs membres étaient visés par ce courrier, et confirmée par d'autres sources. Dans un communiqué intitulé «Sérénité!», le SM annonce «qu'après les déclarations indignées voire injurieuses de certains politiques suite à la mise en examen (inculpation) de Nicolas Sarkozy, après la mise en cause de l'impartialité d'un des magistrats (M. Gentil, ndlr) en charge du dossier par Thierry Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy, ce magistrat est aujourd'hui destinataire d'un courrier, auquel étaient jointes des cartouches à blanc, le menaçant clairement de mort, lui, ses proches, et les membres du Syndicat de la magistrature dont il ferait partie».

Un proche de Jean-Michel Gentil a précisé que ce courrier contenant «des menaces caractérisées» et visant «M. Gentil et d'autres magistrats», était arrivé au parquet de Bordeaux, «qui a dû diligenter une enquête préliminaire», et a saisi la police, a indiqué une autre source. Cette lettre était accompagnée «de munitions d'arme de guerre», selon ces sources. Le parquet de Bordeaux n'était pas joignable pour un commentaire, mercredi soir.

«L'un des vôtres va disparaître»

La lettre, a expliqué cette autre source, était adressée à «M. Gentil du Syndicat de la Magistrature», alors qu'il n'en fait pas partie, et on l'y accuse d'avoir «franchi l'irréparable». Le syndicat lui-même, qui se classe à gauche, y est qualifié de «groupuscule de juges rouges révolutionnaires, totalitaires, enragés et engagés politiquement». «Vous êtes physiquement bien protégé», lance l'auteur au juge, «mais l'un des vôtres va disparaître». Il est précisé que «les cartouches jointes sont à blanc, en attendant de monter nos interventions», et il est précisé que les laboratoires d'expertise ne parviendront pas à trouver trace des auteurs de ces lettres.

Selon Sud Ouest.fr, les deux collègues du juges, Cécile Ramonatxo et Valérie Noël, ont également reçu des lettres de menace, mais cela n'était pas confirmé mercredi soir. Dans son communiqué, le SM remarque que «la violence des propos de la garde rapprochée de l'ancien président et l’œuvre de décrédibilisation de la justice à laquelle elle s'est livrée ne peuvent que susciter l'incompréhension des citoyens, la perte de confiance en l'institution judiciaire et, pour finir, l'insupportable déchaînement de haine envers les magistrats chargés de rendre la justice».

Jean-Michel Gentil et ses deux collègues ont mis Nicolas Sarkozy en examen pour abus de faiblesse à l'encontre de Liliane Bettencourt, jeudi dernier. Une décision qui a suscité des commentaires particulièrement virulents de la part d'une grande partie de l'opposition, et notamment de l'ancien conseiller spécial de l'ancien président Henri Guaino, que Jean-Michel Gentil a décidé de poursuivre pour ses propos.

(afp/nxp)

Créé: 28.03.2013, 14h01

Articles en relation

Carla Bruni-Sarkozy: «Cette dame a l'âge de sa mère»

Affaire Bettencourt L'épouse de Nicolas Sarkozy est sortie de son silence suite à la mise en examen de son mari pour abus de faiblesse à l'encontre de l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt. Plus...

Sarkozy dénonce sur Facebook une inculpation «injuste»

France L'ex-président français Nicolas Sarkozy a dénoncé lundi sur sa page Facebook une inculpation (mise en examen) «injuste et infondée» dans l'affaire Liliane Bettencourt où il est soupçonné d'abus de faiblesse. Plus...

L'avocat de Sarkozy met en cause l'impartialité du juge

Justice L'avocat de Nicolas Sarkozy met en cause, dans une interview au «Journal du Dimanche», l'impartialité du juge d'instruction qui a inculpé jeudi l'ancien président français dans le cadre de l'affaire Bettencourt. Plus...

Prise de bec entre Nicolas Sarkozy et le juge

France Un incident a opposé le juge bordelais Jean-Michel Gentil et Nicolas Sarkozy qu'il venait de mettre en examen, jeudi à l'issue de l'audition de l'ancien président. Plus...

Inculpé, Nicolas Sarkozy contre-attaque

Justice L'ex-président de la République a mis en cause la justice française qui lui a infligé «un traitement scandaleux». Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.