Passer au contenu principal

UkraineKiev doit faire toute la lumière sur les morts de Maïdan

L'Europe a demandé à Kiev de faire la lumière sur les violences lors des manifestations de la place Maïdan qui ont fait une centaine de morts en février 2014.

Les violences survenues lors des manifestations de la place Maïdan ont fait une centaine de morts.
Les violences survenues lors des manifestations de la place Maïdan ont fait une centaine de morts.
(photo d'archives), Keystone

Les nouvelles autorités ukrainiennes manquent de volonté pour faire toute la lumière sur les violences commises lors des manifestations qui ont abouti au départ du président Viktor Ianoukovitch en février 2014. Tel est l'avis publié dans un rapport du Conseil de l'Europe ce mardi 31 mars.

Les rassemblements Europe-Ukraine de protestation qui ont suivi, à partir de novembre 2013, la décision de l'ancien gouvernement pro-russe de renoncer à un accord d'association avec l'Union européenne, ont fait une centaine de morts, dont dix-sept parmi les forces de l'ordre et quelque 3000 blessés. La place Maïdan de Kiev était alors l'épicentre de la contestation.

«Il n'y a pas eu de progrès substantiels dans les investigations menées sur ces violents incidents», conclut le panel consultatif international de trois juges constitué voici un an. Son rôle est de veiller à l'effectivité des enquêtes comme condition du retour de la confiance au sein de la population.

Formé de Sir Nicolas Bratza, ancien président britannique de la Cour européenne des droits de l'homme et de deux juges ukrainiens nommés, l'un par le gouvernement, l'autre par l'opposition, le panel impute cette situation au manque de moyens et d'indépendance des services d'enquête mais aussi au refus de coopérer des autorités.

Disparition des inculpés

«L'attitude non coopérative et parfois obstructive du ministère de l'Intérieur vis-à-vis du parquet général a eu un impact négatif sur les enquêtes», affirme le rapport. Les trois juges citent l'exemple d'une enquête impliquant d'anciens membres du Berkout, unité spéciale de maintien de l'ordre aujourd'hui dissoute, à qui est imputée la majorité des 49 décès par balles le 20 février à Kiev.

Des trois officiers inculpés pour ces faits, le plus haut gradé, qui avait été placé sous simple surveillance électronique, a pu s'enfuir grâce à de probables complicités au sein du ministère. Sur vingt autres suspectés d'avoir pris part aux événements, dix-huit ont également disparu.

Manque d'indépendance

Le rapport souligne que la nouvelle «Force spéciale pour la protection du public», créée par le gouvernement du pro-européen Petro Porochenko, est dirigée par d'anciens responsables du Berkout. Il note également que plusieurs cadres dirigeants du ministère de l'Intérieur occupaient des fonctions similaires durant les manifestations de Maïdan.

«Leur nomination a contribué au manque apparent d'indépendance et a contribué à saper la confiance du public dans la volonté du ministère de l'Intérieur à enquêter sur les crimes commis», affirment les juges.

ats

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.