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Des législatives de confirmation ou de revanche

Le président élu demande aux Français de lui donner une majorité à l’Assemblée, les 11 et 18 juin. Les autres partis cherchent à peser sur sa politique.

Le président Macron marche désormais vers le 3e tour des élections législatives, à la conquête d'une majorité.
Le président Macron marche désormais vers le 3e tour des élections législatives, à la conquête d'une majorité.
Reuters

Les Français vont-ils donner une majorité au nouveau président, comme Emmanuel Macron le leur a demandé au soir de son élection? Ou vont-ils revenir à leurs votes partisans d’avant la présidentielle? Ces deux questions résument l’enjeu des législatives des 11 et 18 juin prochain. Depuis l’instauration du quinquennat, l’élection des 577 députés qui suit a toujours amplifié le vote de la présidentielle. Mais une étude de Kantar Sofres-onepoint inquiète l’état-major d’En Marche!

Selon ce sondage, près d’un Français sur deux souhaite qu’une autre majorité que celle du président s’installe à l’Assemblée. Ce qui laisserait présager une cohabitation entre le président et un premier ministre issu de cette majorité. C’est le pari de François Baroin, qui a pris la tête de la campagne législative pour Les Républicains. Il se positionne déjà comme un prétendant à Matignon. C’est aussi celui de Jean-Luc Mélenchon, le leader des Insoumis, qui voit dans ces législatives un véritable 3e tour présidentiel.

Cependant, la recomposition qu’Emmanuel Macron a appelée de ses vœux peut réduire à néant ces ambitions. Elle a en effet été plébiscitée par les électeurs, qui ont éliminé au premier tour les candidats des deux partis d’alternance, Les Républicains et le Parti socialiste. A droite, l’ex-candidat à la primaire Bruno Lemaire a déjà fait une offre de service. Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Christian Estrosi, estime, lui, dans un tweet qu’il ne faut pas «laisser la gauche s’accaparer la voie de la réforme ouverte par l’élection d’Emmanuel Macron». Et au centre, Jean-Louis Borloo est sorti de sa retraite politique pour apporter son soutien au nouveau président de la République.

En outre, la défaite de François Fillon a fracturé la famille néogaulliste, avec d’un côté les juppéistes et Nathalie Kosciusko-Morizet, prêts à créer un nouveau parti et à collaborer au cas par cas avec le nouveau locataire de l’Elysée, et de l’autre l’aile droite de Laurent Wauquiez et Eric Ciotti.

A gauche, le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, et Bernard Cazeneuve, l’actuel premier ministre, qui dirigera la campagne, veulent constituer un groupe qui ne sera ni dans l’opposition ni dans la majorité. Cette ligne ne convient ni à l’aile gauche du parti ni aux réformistes. Benoît Hamon, le candidat malheureux à la présidentielle, veut incarner une opposition frontale au président. Mais son score l’a déjà marginalisé dans le parti.

Manuel Valls, lui, veut croire au «rassemblement des progressistes» souhaité par Emmanuel Macron. Et pourrait même quitter le PS. Dans un de ces deux camps, la nomination du premier ministre, selon sa sensibilité et sa notoriété, pourrait encore provoquer une hémorragie de cadres et affaiblir ses prétentions législatives.

Jean-Luc Mélenchon veut profiter de la faiblesse du PS pour prendre le leadership à gauche. Mais il a fermé la porte à toute négociation, demandant un ralliement sous sa bannière avant toute investiture. Le PS ne s’y résoudra pas, sauf à disparaître. Quant aux communistes, ils sont tiraillés entre deux stratégies. Des accords avec le PS pour conserver leurs fiefs ou le risque d’être concurrencés dans certaines circonscriptions par des candidats de La France insoumise.

Pour l’instant, les projections par circonscription du vote présidentiel donneraient 427 candidats de La République en marche qualifiés pour le second tour, 295 candidats pour le Front national, 237 pour La France insoumise et 227 candidats LR ou UDI (centre). Ce partage en quatre de l’électorat aboutira à de nombreuses triangulaires. Dans ce cas, ce sont les reports de voix des candidats éliminés qui feront l’élection.

Au sein d’En Marche!, on veut croire que le «dégagisme» exprimé par les Français et leur volonté de voir de nouveaux visages et profils sociaux entrer à l’Assemblée nationale vont se manifester à nouveau en juin. Les candidats investis par La République en marche seront, eux, pour moitié issus de la société civile. Ils devront aussi avoir un casier judiciaire vierge et financer en partie leur campagne.

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