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Attentat de NiceLe gouvernement a été conspué à Nice

Une minute de silence a été observée dans tout le pays. A Nice, les membres du gouvernement ont été hués et traités «d'assassins».

Un détenu suspecté de participation à l'attentat de Nice s'est donné la mort en prison. (Mardi 12 juin 2018)
Un détenu suspecté de participation à l'attentat de Nice s'est donné la mort en prison. (Mardi 12 juin 2018)
AFP
Le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre a donné une conférence de presse, durant laquelle il a annoncé que les plaintes sur la sécurité de la Promenade des Anglais, provenant de familles de victimes des attentats de Nice, avaient été classées. (Jeudi 19 janvier 2017)
Le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre a donné une conférence de presse, durant laquelle il a annoncé que les plaintes sur la sécurité de la Promenade des Anglais, provenant de familles de victimes des attentats de Nice, avaient été classées. (Jeudi 19 janvier 2017)
AFP
(Jeudi 14 juillet 2016)
(Jeudi 14 juillet 2016)
Keystone
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Quelques minutes avant le début de cet hommage, un silence de cathédrale s'installe dans la foule qui s'étend à perte de vue. Mais lors de l'arrivée du Premier ministre Manuel Valls, accompagnés du président LR de Paca Christian Estrosi et d'autres membres du gouvernement, un groupe de personnes rassemblées en face du lieu de la cérémonie hue copieusement le cortège.

Le coup de canon, qui devait marquer le début de la minute de silence, est suivi d'applaudissements de la foule, tandis que les officiels restent silencieux. S'ensuit une Marseillaise spontanée de la foule.

Lorsque le cortège passe pour aller déposer une gerbe au mémorial installé près d'un kiosque à musique situé dans le parc qui jouxte le lieu de la cérémonie, le même groupe hue de nouveau. Certains crient «assassins!», «démission!»

La foule entière adresse en revanche un tonnerre d'applaudissements aux représentants de la sécurité civile et aux pompiers. Les policiers ont également droit à des applaudissements ponctués de «Merci!»

A l'issue de la cérémonie, une certaine tension est palpable: les gens étalent leurs désaccords politiques en pleine rue et quelques invectives fusent parfois.

«On est en colère, ils auraient pas dû mourir, ces enfants, c'est épidermique. Parce qu'il y en a marre de payer des impôts et de crever de faim», lance Laurence.

«On part pas en vacances, on fait rien (...) et quand on va au feu d'artifice, le seul truc qui est gratuit, on se fait tuer? Y avait pas de policiers! Tout le monde croit qu'il y avait des policiers, y'avait personne!» explique cette Niçoise.

«Protégez la population! Ou alors fermez votre gueule!» poursuit-elle de plus en plus en colère, à l'attention du gouvernement. «Parce qu'eux, quand ils se déplacent, il ne risque pas d'y avoir une bombe... une semaine avant, il y a les démineurs!»

«On est dégoûtés. Pendant cette journée de recueillement, on avait besoin de dire ce qu'on avait à dire», renchérit Karima, juste à côté.

«On peut juste prier»

Un peu plus loin, attablées à une terrasse, Lucie Bach et Nathalie Alonso, qui ont évité de peu le camion le soir du 14, sont du même avis sur la présence policière. «On était près de l'hôpital Lenval. Il n'y avait pas un policier!»

La tension tranche avec le calme qui régnait deux heures avant la cérémonie sur la Promenade des Anglais, encore ornée lundi matin de petits autels de fortune avant sa réouverture complète, qui doit avoir lieu quand ces mémoriaux improvisés auront été déplacés.

Des passants tristes et recueillis y déambulaient en silence, s'arrêtant une dernière fois pour lire les nombreux messages de soutien, d'hommage et de colère.

Mickaël est ainsi venu lundi sur ces lieux avec sa femme, sa belle-mère et son bébé pour la première fois depuis le drame. Il prend un stylo et tente d'écrire un mot sur un drapeau français déjà rempli de petites phrases d'hommage et de soutien.

«C'est compliqué d'écrire quelque chose de sensé, ça paraît tellement irréel», explique-t-il: «On peut juste prier.» Lui qui n'était pas venu jusqu'à présent «voulait venir avant qu'ils n'enlèvent tout», explique-t-il.

ats

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