Macron assiste à la fin de son état de grâce

FranceDrôle de rentrée. La chute de popularité du président est brutale alors qu’il doit prendre ses premières décisions. Analyse.

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Emmanuel Macron contre Jean-Luc Mélenchon, c’est l’affiche de cette rentrée 2017. Un duel trompeur tant les effets de communication et l’occupation de l’espace médiatique de cette curieuse rentrée politique 2017 déforment le poids des protagonistes. D’un côté un président de la République qui perd 24 points de popularité dans les sondages pendant l’été. La plus grande dégringolade jamais constatée sous la Ve République. Pour le coup, Emmanuel Macron convoque lundi son gouvernement. De l’autre, le leader d’un petit parti qui avec ses dix-sept élus à l’Assemblée nationale est en train de réussir à imposer l’idée que la France insoumise est la première force d’opposition du pays. Aussi, hier Jean-Luc Mélenchon a exhorté «le peuple» à «déferler» à Paris le 23 septembre «contre le coup d’Etat social» de Macron.

La lutte de Mélenchon

«C’est notre devoir de dire qu’on ne lâchera rien! C’est la lutte, la lutte, la lutte et encore la lutte!» C’est à Marseille que le député des Bouches-du-Rhône, Jean-Luc Mélenchon, a réuni hier les troupes de la France insoumise pour une université d’été sous le signe de la «force alternative» à l’Exécutif. Très en verve, Jean-Luc Mélenchon dans un discours d’une heure veut fédérer le peuple contre «la forteresse des tyrans». Et de poursuivre: «Il faut déferler à Paris contre le coup d’Etat social, antidémocratique qui s’organise contre lui.»

Jean-Luc Mélenchon fait ainsi allusion à la réforme du Code du travail, porté par la majorité présidentielle au parlement (La République en marche et ses 308 députés), dont une partie du contenu sera présentée jeudi 31 août. Le processus en cours, dont les nombreuses consultations des syndicats, plonge la plupart des observateurs dans l’expectative. Comme les arbitrages seront rendus à la dernière minute par l’Elysée, il est difficile de présager de la vigueur de l’opposition à cette réforme. Par contre, ce qui est certain, c’est qu’elle est dispersée. Si Jean-Luc Mélenchon veut manifester le 23 septembre à Paris. La CGT, principale force syndicale d’opposition, appelle à une journée de grève et d’action sociale le 12 septembre.

L’opposition en lambeaux

La portée de la voix de Jean-Luc Mélenchon étonne tout de même si l’on songe qu’il a terminé en quatrième position lors de la présidentielle. Mais il peut compter sur un parti uni et des militants acquis à sa cause. Le contraire des Républicains qui malgré leurs 113 députés ne pèsent pas et peinent à se faire entendre. Illustration de leur division, ils se sont réunis en quatre lieux différents en France.

Pareil au PS! Le parti a, lui, annulé sa traditionnelle université d’été à La Rochelle. Le retour de François Hollande, les déclarations de la maire de Paris Anne Hidalgo qui veut peser sur la recomposition et la création d’un mouvement transpartisan par Benoît Hamon n’aident pas à y voir clair. Seule idée nouvelle: le parti envisagerait de se renommer «Les socialistes»… Le FN est lui aussi aphone depuis la présidentielle. Si la personne de Marine Le Pen n’est pas contestée, c’est le manque d’idées et l’absence de ligne qui inquiètent les frontistes.

Macron change de stratégie

C’est dans ce contexte qu’Emmanuel Macron chute lourdement dans les sondages. Il perd 24 points en deux mois et ne repose plus que sur un socle de 40% de Français satisfaits de son action. Cela pourrait être sans conséquence politique puisque ses opposants sont sans force réelle, mais le président français doit désormais appliquer sa politique. Emmanuel Macron a donc convoqué, aujourd’hui, son gouvernement in corpore pour un séminaire autour de la «mise en œuvre opérationnelle des réformes».

Car ces deux derniers mois, les annonces de baisse du budget de la Défense, la réduction de 5 euros par mois des aides au logement (APL), la hausse des cotisations sociales (CSG) pour les retraités et le report des baisses des cotisations sociales sont arrivés de manière désordonnée. Avec notamment un premier ministre hésitant. Et cela alors qu’Emmanuel Macron se mettait en scène en posture présidentielle mais sans communiquer aux journalistes sur le fond. Il a d’ailleurs décidé de modifier sa stratégie et parlera désormais deux fois par mois avec les médias pour expliquer sa politique aux Français. Celui qui voulait faire de la politique autrement doit désormais descendre dans l’arène. C’est effectivement la fin de l’état de grâce.

Créé: 27.08.2017, 18h33

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