Macron va rencontrer Netanyahou et Abbas

DiplomatieInvité en Israël pour l'anniversaire de la libération d'Auschwitz, le président français se rendra aussi dans les Territoires palestiniens.

Le président français rencontrera le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, mais aussi le chef de l'Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas. (Photo d'archives)

Le président français rencontrera le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, mais aussi le chef de l'Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas. (Photo d'archives) Image: AFP

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Au premier jour de sa visite en Israël et dans les Territoires palestiniens, le président français, Emmanuel Macron, rencontrera les dirigeants des deux camps avec un saut dans la vieille ville de Jérusalem, au coeur des tensions israélo-palestiniennes.

Invité par Israël, avec une quarantaine de dirigeants mondiaux, pour commémorer jeudi le 75e anniversaire de la libération du camp nazi d'Auschwitz, Emmanuel Macron est arrivé un jour plus tôt pour ces rencontres diplomatiques. Au menu, l'Iran, sujet de tensions maximales après l'élimination par les Etats-Unis du général iranien Qassem Soleimani.

Le président français commencera par un tête-à-tête avec le premier ministre Benyamin Netanyahou, enchaînera avec son homologue israélien, Reuven Rivlin, puis le chef de l'opposition, Benny Gantz. L'après-midi, il ira voir à Ramallah le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Ce sera d'ailleurs le seul des principaux leaders présents en Israël cette semaine à faire un déplacement à Ramallah.

Emmanuel Macron devrait rester prudent sur le dossier israélo-palestinien, répétant la doctrine d'une solution à deux Etats avec Jérusalem comme capitale pour chacun et dotée d'un statut international.

Plus question comme il l'avait évoqué juste après son élection de présenter un plan de paix, alors que les Etats-Unis n'ont même pas avancé le leur. «Je ne vais pas arriver avec un plan de paix plaqué sur les acteurs. Je vais discuter avec eux et voir», avait-il glissé en marge de ses voeux à la presse la semaine dernière.

Avant son départ, l'Elysée a ménagé les deux camps, critiquant la politique de colonisation d'Israël comme «une politique du fait accompli», mais promettant pour les commémorations de jeudi, au mémorial de Yad Vashem, un discours musclé contre l'antisémitisme.

Incursion à Jérusalem-Est

Comme avant lui François Hollande et Jacques Chirac, Emmanuel Macron fera un crochet à Jérusalem-Est pour visiter la basilique Sainte-Anne, détenue par la France, avant de déjeuner avec les représentants des communautés chrétiennes protégées par la France. Il pourrait aussi déambuler dans cette partie de la ville occupée par Israël depuis 1967.

La basilique Saint-Anne, construite par les Croisés au XIIe siècle et offerte par l'Empire ottoman à la France en 1856, est l'un des quatre territoires français de Jérusalem. Entorse à la laïcité, le consul général de France à Jérusalem y préside 23 messes par an.

C'est dans ce quartier de Jérusalem-Est que Jacques Chirac s'était emporté en 1996 contre des soldats israéliens qui l'encadraient de trop près en lançant son désormais célèbre «Do you want me to go back to my plane?» (Voulez-vous que je remonte à bord de mon avion?), avant d'exiger que les militaires sortent du domaine de Saint-Anne. Phrase qui l'avait rendu immensément populaire dans le monde arabe, et la France avec.

Un épisode qu'Emmanuel Macron connaît bien, lui qui avait parodié la tirade chiraquienne lors d'une bousculade au G7 de Taormine. Et que les commerçants musulmans du quartier racontent encore avec enthousiasme, photos à l'appui.

40 congrégations francophones

Encore aujourd'hui, explique le Père Luc Pareydt, conseiller aux affaires religieuses du consulat général de France à Jérusalem, la situation du quartier est explosive. Et les Pères blancs qui gèrent Sainte-Anne restent sans cesse vigilants contre de possibles «intrusions» de l'armée israélienne à Saint-Anne.

S'il arpente les rues jalonnées d'échoppes de la vieille ville, le chef de l'Etat constatera le nombre croissant de colons juifs qui investissent des maisons dans les étages supérieurs, comme en témoignent les drapeaux israéliens au-dessus du quartier musulman, relève le Père Luc. Israël considère toute la ville comme sa capitale, position appuyée par Donald Trump qui a déplacé l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

Au-delà de l'épineuse question de Jérusalem, le président français compte mettre en avant l'importance qu'il accorde aux communautés chrétiennes en Israël soutenues par la France. La France protège en Israël 40 congrégations francophones, qui lui offrent un précieux levier d'influence à travers leurs écoles, orphelinats ou hôpitaux, en particulier dans les Territoires palestiniens, souligne le Père Luc. (afp/nxp)

Créé: 22.01.2020, 05h07

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