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FranceMacron veut commémorer le génocide arménien

Le président français souhaite faire inscrire au calendrier une «journée pour la commémoration du génocide» arménien.

«Le combat pour la justice et la reconnaissance est notre combat», a déclaré Emmanuel Macron lors du dîner annuel des organisations arméniennes de France. (Mardi 30 janvier 2018)
«Le combat pour la justice et la reconnaissance est notre combat», a déclaré Emmanuel Macron lors du dîner annuel des organisations arméniennes de France. (Mardi 30 janvier 2018)
AFP

Emmanuel Macron s'est engagé mardi soir, lors du dîner annuel du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF), à faire inscrire au calendrier une «journée pour la commémoration du génocide» arménien, une promesse de campagne.

Le chef de l'Etat, qui se rendra en octobre en Arménie lors du sommet de la francophonie à Erevan, était l'invité d'honneur de ce dîner, qui réunissait 500 personnes de la communauté arménienne dans un hôtel parisien. Etaient également présents la maire de Paris Anne Hidalgo, des élus français d'origine arménienne comme le maire de Lyon Georges Képénékian, ainsi que le député turc d'origine arménienne Garo Paylan (HDO, prokurde).

«Le combat pour la justice et la reconnaissance est notre combat. Nous le menons par la mémoire en soutenant l'inscription au calendrier républicain d'une journée pour la commémoration du génocide», a déclaré le chef de l'Etat qui a rappelé que c'était «un engagement» de campagne qu'il était «essentiel que la représentation nationale se ressaisisse de ce sujet dans les prochains mois».

Les coprésidents du CCAF, Ara Toranian et Mourad Papazian, ont demandé à Emmanuel Macron de condamner la Turquie qui, ont-ils accusé, menace les minorités dont les Arméniens, et l'ont aussi prié de se rendre au Haut-Karabakh, région peuplée en majorité d'Arméniens que se disputent l'Arménie et l'Azerbaïdjian.

Un «dialogue exigeant avec Erdogan»

Après avoir rendu hommage à la communauté arménienne en France, le président de la République leur a opposé un net refus, défendant sa politique de dialogue avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, qu'il a reçu à l'Elysée début janvier, ainsi que sa neutralité dans le conflit du Haut Karabakh.

«Sur la Turquie, j'ai engagé un dialogue régulier et exigeant avec le président Erdogan, parfois à l'abri des médias. Je ne mésestime rien de ce que vous avez dit. Je lui ai dit ce qu'il en était. Et nous avons obtenu des résultats en libérant des journalistes», a-t-il rappelé.

«Beaucoup doutent du bien-fondé du dialogue avec la Turquie. Mais j'estime que cela condamnerait le message de la France à n'être qu'une injonction dans le vide». Et sur le terrorisme, la crise migratoire, «nous avons besoin d'alliés, y compris ceux qui ne partagent pas nos valeurs», a-t-il fait valoir.

La France «soutient les voix courageuses qui s'élèvent», a-t-il argué, «condamner pour ne pas avoir à discuter, c'est les laisser seules ou obligées de quitter le pays». Il a chaleureusement salué Garo Paylan qu'il a promis de soutenir «pour que sa voix puisse porter et l'emporter».

«Je vais à nouveau vous décevoir mais je ne vous accompagnerai pas au Karabakh», a-t-il continué, car «je perdrai ce que la France a d'utile dans ce conflit, celle d'être un médiateur et d'être entendu par les deux parties». «J'espère venir avec vous le jour où nous aurons réglé tout cela », a-t-il conclu, sous les applaudissements.

AFP

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