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Manuel Valls part à la conquête de Barcelone

L’ancien premier ministre français annoncera ce mardi sa candidature à la mairie de sa ville natale.

Manuel Valls
Manuel Valls
Lucien Fortunati

L’annonce est prévue ce mardi soir. Mais il n’y a déjà plus de suspense. Manuel Valls s’est fendu vendredi sur Twitter d’un teasing explicite. Une photo de ses pieds posés sur les célèbres fleurs en béton, emblème de la ville, avec cette légende: «Barcelona…»

Le 26 mai prochain, l’ancien premier ministre français voudrait devenir le maire de sa ville natale. Avec le soutien de Ciudadanos, le parti de centre droit, ou en candidat libre, Manuel Valls espère l’emporter lors d’un scrutin à la proportionnelle à un tour où tout paraît possible.

Une fuite en Espagne, pour ce mal-aimé des Français, qui concentre 66% de mauvaises opinions selon les sondages? Depuis la victoire d’Emmanuel Macron en 2017, il n’y avait plus d’espace en France pour celui qui se voyait il y a deux ans encore tout en haut de l’affiche, mais qui avait dû s’incliner pour la deuxième fois lors des primaires de la gauche. Les socialistes n’avaient pas digéré qu’il refuse de soutenir le vainqueur, Benoît Hamon. Et la République en marche ne l’avait investi que de mauvaise grâce dans son vieux fief d’Évry où il ne l’avait d’ailleurs emporté que d’un cheveu.

À l’Assemblée nationale, il avait dû se contenter de présider une mission sur la Nouvelle-Calédonie, seule charité consentie par le «nouveau monde» eu égard à l’expérience de cet ancien compagnon de Michel Rocard qui avait œuvré en son temps pour la paix civile sur le Caillou. L’actualité seule lui laissait parfois le loisir de refaire parler de lui. Comme lorsqu’il déplorait l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ou prônait l’interdiction du salafisme après l’attentat qui avait coûté la vie au colonel Arnaud Beltrame. Poser des questions au gouvernement deux fois par semaine dans l’hémicycle, ce n’était pas à la hauteur de son ambition contrariée. Tout comme il savait pertinemment qu’Emmanuel Macron, même en panne de poids lourds, ne lui permettrait jamais de redevenir un premier de cordée politique… Et dire que c’est pourtant lui, Manuel Valls, qui avait suggéré à François Hollande de le nommer ministre. Pour dynamiter la social-démocratie, il n’y avait place que pour un seul artificier.

À Barcelone, Manuel Valls peut espérer une petite revanche. Qu’il l’emporte en Espagne et il aura réussi cette opération de saute-frontières qu’Emmanuel Macron ne sera pas parvenu à mener à bien avec son projet balayé de listes transnationales pour les élections européennes.

De l’autre côté des Pyrénées, Manuel Valls a retrouvé le goût du combat. Il donne des cours dans une école de commerce. Livre des conférences sur le populisme en Europe. Dédicace un livre collectif sur l’indépendantisme, dont il a écrit le prologue. Fréquente intellos et grands patrons. Né d’un père barcelonais et d’une mère suisse, l’ancien chef du gouvernement français met en avant ses racines catalanes. Et tant pis si ça ne remplace pas tout à fait une connaissance intime de la ville. Celui qui a grandi en France avant de s’y faire naturaliser à 20 ans a été piégé par un média espagnol, incapable de dénombrer le nombre de quartiers.

Pour Valls, le pari est risqué. S’il perd, personne ne lui tiendra sa place au chaud en France. «Il a le sens des responsabilités, il va démissionner de son mandat de député français», veut croire son ancien conseiller à Matignon Harold Hauzy alors que l’on fustige déjà l’absentéisme de son ancien boss à Paris. À l’Assemblée nationale, Manuel Valls a gagné son surnom: le fantôme du siège 339.

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