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Manuel Valls, retrouvé, s'impose quand il s'assume en homme de poigne

Le premier débat de la primaire à gauche a eu lieu sans effusion de sang malgré les tensions. Au final, deux candidats marquent des points: Valls, retrouvé, a imposé son autorité et Hamon a imposé ses idées au débat.

«Gouverner, c’est difficile, j’ai l’expérience, j’ai assumé les responsabilités de l’Etat!», dit Manuel Valls qui pour qualifier d'un mot le quinquennat de Hollande a dit «fierté».
«Gouverner, c’est difficile, j’ai l’expérience, j’ai assumé les responsabilités de l’Etat!», dit Manuel Valls qui pour qualifier d'un mot le quinquennat de Hollande a dit «fierté».

«Aujourd’hui, on veut nous faire croire que la gauche serait éliminée. Que la France aura le choix entre l’extrême droite et la droite dure. Moi, j’aime la France, j’ai été maire d’Evry, premier ministre. Gouverner, c’est difficile, j’ai l’expérience, j’ai assumé les responsabilités de l’Etat!» Manuel Valls attaque bille en tête. Il a eu l’honneur, par tirage au sort, de pouvoir ouvrir le débat TV de jeudi soir. Et il veut marquer les esprits.

Manuel Valls sait cette primaire de la gauche très ouverte. Malgré lui et ses efforts pour s’en éloigner, l’ex-premier ministre doit porter le bilan du quinquennat de François Hollande. Le président de la République, depuis les tréfonds de son impopularité, a en effet renoncé à se présenter à sa réélection. La primaire de la gauche désignera les 22 et 29 janvier le candidat pour la présidentielle (23 avril et 7 mai) qui sera soutenu par le PS.

Diagnostiqué en ruines

Ou ce qu’il reste du PS. Car le parti est diagnostiqué en ruines, et compterait moins de 50 000 adhérents. Arnaud Montebourg n’en a cure. Il veut reprendre la main. L’ex-ministre du Redressement productif sait que le vainqueur de la primaire de la gauche pourra reconstruire le parti à sa guise. «Je pense aux ouvriers de Florange, aux enseignants, cette France qui travaille ou voudrait travailler. J’ai toujours été constant dans mes convictions», dit-il. De toute évidence, il est le candidat qui veut solder le quinquennat de Hollande.

Benoît Hamon et Vincent Peillon complètent ce quatuor de tête aux ambitions similaires: relégitimer le Parti socialiste et mettre en lumière les idées d’une nouvelle gauche. Ils se présentent comme les candidats de la modernité.

Gagner en visibilité médiatique, c’est l’objectif de Sylvia Pinel du Parti radical de gauche, de Jean-Luc Bennahmias du Front démocrate et de François de Rugy du Parti écologiste (ex-EELV). A cet exercice, c’est l’écologiste qui s’en sort le mieux. Puis Sylvia Pinel, brouillonne, finit par retrouver ses esprits. Jean-Luc Bennahmias n’est tout simplement pas à la hauteur de l’enjeu.

La première heure du débat, consacrée aux thèmes économiques et sociaux – la sécurité et le terrorisme sont traités au final – permet aux favoris de mettre en exergue leurs divergences. Ils le font avec passion sur la loi travail. Pour le coup, c’est un réel inventaire de l’action de Hollande. Mais on retient davantage la controverse sur le revenu universel pour tous.

Le revenu universel à gogo

L’idée est portée en priorité par Benoît Hamon, qui, dans une élection perdue d’avance, a décidé de mener la bataille des idées. Il décline la décroissance, la raréfaction du travail, la révolution numérique et l’économie solidaire. C’est le candidat de l’utopie de gauche que certains chiffrent à 400 milliards par année.

Les autres protestent de laisser le débat de gauche se caricaturer dans l’exposé de cette idée alternative. Arnaud Montebourg insiste pour parler «pouvoir d’achat» et donner un coup de pouce à la caissière de supermarché. Il se pose en candidat du concret, des petits, des précaires.

Manuel Valls, ramené sans cesse à son rôle d’ex-premier ministre, présente son projet de revenu décent. Un revenu universel light qui s’adresse avant tout aux jeunes, sortis des écoles et à la recherche d’un premier emploi. Manière de rétablir une forme de justice sociale entre le soutien aux entreprises et l’aide aux personnes. «C’est 50nuances de revenu universel», twitte un internaute.

La sécurité

Et puis arrive le moment du débat sur les questions régaliennes. Sécurité et terrorisme. Et là, Manuel Valls assume tout et explique: l'état d'urgence, la responsabilité de ceux qui gouvernent, la lutte anti-terrorisme. Et même la déchéance de nationalité: «Je peux comprendre ce que ça a pu représenter pour certains. Mais enfin! Cette loi ne visait pas les enfants de la République! Mais les terroristes, ceux qui s’en prennent à leurs propres compatriotes. Ici, je suis “Charlie” et je serai toujours “Charlie”», s'agite-il.

Benoît Hamon est contraint d'aller sur ce terrain sans conviction. Arnaud Montebourg se perd dans les explications sur Schengen. Dans cette deuxième partie de débat, Manuel Valls est pleinement revenu. On le disait perdu, mal préparé à faire campagne, hors de ses marques. Mais, après avoir résisté aux attaques de ses concurrents, il a fini par se libérer.

Valls et Hamon

Les sondages des spectateurs donnent pourtant Arnaud Montebourg devant Manuel Valls et Benoît Hamon. La posture présidentielle de l'ex-ministre du redressement l'explique sans doute. Chez les sympathisants de gauche sondés, c'est Manuel Valls qui l'emporte devant Benoît Hamon.

On confirme cette analyse. Manuel Valls marque quelque points par sa présence et sa détermination. Et Benoît Hamon aussi qui a su imposer ses idées dans le débat. On a beaucoup débattu de son programme au final.

Deux autres débats auront lieu dimanche et jeudi prochain, avant un 1er tour toujours aussi incertain.

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