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Droite populisteMarine Le Pen, élève de l'UDC

Marine Le Pen, désormais dans la course à l'Elysée, doit transformer son parti en droite capable d'accéder au pouvoir. Pour cela, elle s'inspirerait notamment de l'UDC, affirme un politologue.

La présidente du FN a plusieurs points communs avec l'UDC, analyse le politologue Jean-Yves Camus: l’ethnocentrisme, l’hostilité à l’immigration, l’attachement à l’Etat-Nation et l’opposition à tout ce qui est supra-national.
La présidente du FN a plusieurs points communs avec l'UDC, analyse le politologue Jean-Yves Camus: l’ethnocentrisme, l’hostilité à l’immigration, l’attachement à l’Etat-Nation et l’opposition à tout ce qui est supra-national.
Keystone

La dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen dont la candidature à la présidentielle française est désormais assurée, rêve d’une recomposition de la droite au bénéfice de son parti comme le tentent ailleurs en Europe des partis de la même mouvance nationale populiste.

Le discours de l’extrême droite est installé dans le débat politique français: les sondages placent avec constance Marine Le Pen en troisième position au premier tour et son père Jean-Marie auquel elle a succédé il y a un an était même parvenu au second tour en 2002, devant le candidat socialiste.

Mais leur parti, le Front National (FN), n’a jamais été associé ni de près ni de loin au pouvoir, contrairement au FPÖ autrichien, au Parti pour la liberté (PVV) du Néerlandais Geert Wilders, au Parti du peuple danois ou encore à l’UDC suisse, qui à des degrés divers ont été des interlocuteurs des gouvernements en place.

"Elle partage avec eux les mêmes thématiques: l’ethnocentrisme, l’hostilité à l’immigration, l’attachement à l’Etat-Nation et l’opposition à tout ce qui est supra-national", relève le politologue Jean-Yves Camus.

"Globalement, tous les partis national-populistes manifestent leur défiance envers la construction européenne", souligne le sociologue Sylvain Crépon.

Les digues s'effritent

"Leur fonds commun est une rhétorique identitaire, en phase avec le malaise de l’électorat", renchérit Magali Balent.

Pour cette chercheuse spécialiste des extrémismes et des nationalismes en Europe, la crise économique ne joue qu’un rôle "marginal" dans l’émergence de ce courant alimenté plutôt, estime-t-elle, par "les bouleversements socio-culturels des sociétés", liés à "la mondialisation".

Mais Marine Le Pen, 43 ans, a aussi hérité de son père, ancien officier des guerres coloniales, le passé sulfureux du FN souvent catalogué comme un regroupement de nostalgiques du 3e Reich et de l’Empire colonial français, d’antisémites et de racistes.

Pour la droite classique qui s’est rassemblée à la fin des années 1950 autour de Charles De Gaulle, ancien chef de la France Libre qui avait accepté l’indépendance algérienne, le FN reste infréquentable. "Une alliance ne sera jamais acceptée par une partie au moins de cette droite, il y a trop de contentieux historiques", souligne Jean-Yves Camus.

Les digues sont cependant en train de s’effriter au niveau des électorats, et par voie de conséquence des idées. En témoigne l’importance qu’a pris au début du mois le thème de la viande halal, lancé par Marine Le Pen et repris par Nicolas Sarkozy.

Ou la phrase selon laquelle il y aurait "trop d’étrangers" en France prononcée par le président-candidat lors d’une émission politique à la télévision le 6 mars.

"Mais s’il veut baisser de façon drastique l’immigration, le FN, lui, parle d’inverser les flux migratoires, donc avec des expulsions massives", nuance Jean Yves Camus.

Vote protestataire

Le vote pour le Front national est essentiellement protestataire. Pourtant, contrairement à son père qui se satisfaisait très bien de camper dans l’opposition, Marine Le Pen ambitionne de participer au pouvoir. Elle a entrepris d’imposer une mue à son parti avec des fortunes diverses, tiraillée entre ses soutiens traditionnels et ses rêves de normalisation.

Une de ces évolutions concerne la tonalité du discours antiimmigrés et antiislam débarrassé autant que faire se peut de références raciales. "Avant, souligne Sylvain Crépon, l’islam était considéré comme une menace pour notre civilisation chrétienne. Maintenant il menace la laïcité, la tolérance, le droit des femmes. C’est plus porteur électoralement".

Malgré tout, "Marine Le Pen ne peut pas faire alliance avec grand monde en Europe", estime Jean Yves Camus. Elle a cherché l’adoubement du FPÖ mais son déplacement fin janvier à Vienne, qui a provoqué des manifestations, s’est révélé plutôt gênant pour ce parti qui se voit déjà le grand vainqueur des futures législatives.

AFP

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