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Le mauvais élève polonais espère sortir du charbon

A quelques jours de la COP 25 de Madrid et un an après celle de Katowice, le pays veut se débarrasser de sa réputation de grand pollueur de l’Europe. Un pari difficile.

Des nuages de fumée s’échappent des cheminées géantes de la centrale thermique la plus puissante d’Europe à Belchatów, qui brûle des tonnes de lignite, la forme la plus sale du charbon.
Des nuages de fumée s’échappent des cheminées géantes de la centrale thermique la plus puissante d’Europe à Belchatów, qui brûle des tonnes de lignite, la forme la plus sale du charbon.

Roman tousse. «Depuis toujours, marmonne le chauffeur de taxi qui, à 60ans, n’a jamais quitté sa Cracovie natale. Mais en hiver, c’est plus grave.» Une nouvelle quinte, il s’excuse de nous incommoder. «La ville est comme sous une cloche, l’air sent mauvais.» Il nous parle avec fierté du nouveau chauffage propre de son immeuble, se réjouit du progrès. «Avant, on brûlait du charbon ou du bois. On a toujours fait comme ça. Ce n’était pas cher. À la campagne, ils continuent de brûler tout ce qu’ils trouvent.» C’est ce qu’on appelle ici le fameux «Schlamm», une boue de charbon agrémentée de déchets ménagers ou de plastiques. Avec pour conséquence ce brouillard hivernal de benzopyrène et de particules fines qui étouffe la population. Roman soupire: «Ça nous tue à petit feu…»

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