Merkel, Hollande et Renzi unis pour l’Europe. Oui, mais laquelle?

Trio de choc Comment renforcer l’UE après le vote britannique pour en sortir? Accords et mésententes avant le sommet des 28.

Les différentes partitions des Européens face au Brexit

Les différentes partitions des Européens face au Brexit Image: HANNIBAL HANSCHKE;

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Tout un symbole. C’est Matteo Renzi qui se tient sur la photo ce lundi soir à Berlin, aux côtés de François Hollande et Angela Merkel. La chancelière allemande a en effet invité le président français mais aussi le premier ministre italien à une réunion de crise à la veille du sommet européen qui se tient mardi et mercredi à Bruxelles. C’est-à-dire moins d’une semaine après que les Britanniques ont voté pour sortir l’UE. Cinquième économie mondiale, le Royaume-Uni veut prendre le large. Désormais, le trio de tête européen est donc incarné par l’Allemagne, la France et l’Italie, respectivement quatrième, sixième et huitième puissances planétaires. Le message est clair: pas de panique, l’UE survivra.

Mieux: «Nous allons présenter une proposition à nos collègues» chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE en vue «de donner une nouvelle impulsion» au projet européen «dans différents domaines au cours des prochains mois», a annoncé Angela Merkel à la presse au cours d’une conférence de presse à Berlin avec François Hollande et Matteo Renzi. Bref, tout est sous contrôle.

Merkel imperturbable

Cela dit, ces trois-là ne semblent pas tout à fait sur la même longueur d’onde. La chancelière allemande, qui doit en principe détailler sa position ce mardi matin devant le Bundestag, a déjà dit et répété qu’il faut éviter toute précipitation, «analyser la situation avec calme et retenue» et éviter à tout prix «des solutions rapides et simples qui diviseraient encore davantage» les Etats de l’Union. A ceux qui pousse pour «plus d’Europe», Angela Merkel répond que c’est un message dangereux vu la défiance de nombre d’Européens face aux institutions à Bruxelles. L’heure n’est pas aux révolutions.

La chancelière, comme à son habitude, réclame du temps. Pas question, par exemple, de presser les Britanniques d’envoyer leur demande de divorce. Et il n’y a «aucune raison de se montrer trop dur» avec eux. Le Royaume-Uni est le troisième marché d’exportation de l’Allemagne, après les Etats-Unis et la France. Berlin tient à rester en bons termes avec Londres.

Hollande et Renzi pressés

Tout autre est le ton à Paris et Rome. Tant François Hollande que Matteo Renzi, très affaiblis politiquement au plan national, se posent en partisans de la fermeté et poussent pour des changements radicaux au sein de l’UE.

Paris a beau affirmer qu’il n’y a «pas l’épaisseur d’une feuille de cigarette» entre les positions de Hollande et Merkel, la France veut accélérer le divorce avec le Royaume-Uni et renforcer rapidement la zone euro. François Hollandea appelé à «refonder, réinventer une autre Europe en écoutant les peuples». Matteo Renzi, lui, veut en finir avec l’austérité, affirmant «que le Brexit peut être une grande opportunité pour l’Europe» si elle concentre «un peu plus ses efforts sur les questions sociales et un peu moins sur les questions bureaucratiques».

Projet d’union politique

Au sein même de la grande coalition au pouvoir en Allemagne, la chancelière conservatrice tente de calmer les ardeurs de son ministres des Affaires étrangères, le social-démocrate Frank-Walter Steinmeier. Celui-ci a publié lundi, avec son homologue français Jean-Marc Ayrault, un document appelant à «de nouvelles avancées en direction d’une union politique en Europe».

Tout en admettant des «niveaux d’ambition d’intégration différents» parmi les Etats membres, les deux ministres prônent la création d’une «Agence européenne de l’asile» et d’un «système multinational de gardes-frontières et gardes-côtes». Ils proposent aussi un budget propre à la zone euro, un président permanent de l’Eurogroupe qui soit responsable devant le Parlement de Strasbourg, un Fonds monétaire européen... et davantage de flexibilité pour les pays opposés aux politiques d’austérité. Ce projet a certainement été soumis samedi à Berlin à leurs homologues des quatre autres pays fondateurs en 1952 de l’ancêtre de l’UE, la Communauté européenne de l’acier et du charbon (Italie, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg).

«Non» à un super-Etat

Angela Merkel a vite relativisé la portée du document, n’y voyant qu’une «réflexion» de deux ministres, «apport bienvenu» à une discussion qui «doit être menée dans le cercle des 27» Etats membres restants après le départ du Royaume-Uni. Ces propositions, les pays de l’Est ne les ont pas accueillies avec enthousiasme. En Pologne, la chaîne de télévision publique TVP y a vu un «ultimatum» avant la création en Europe d’un «super-Etat dominé par les grands pays», obligeant les 27 à renoncer à leurs propres forces armées.

Créé: 27.06.2016, 20h47

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