Les migrants franchissant les barbelés jetés en prison

HongrieDès mardi, de nouvelles dispositions antimigrants entrent en vigueur en Hongrie, avec des peines de prison à la clé.

Ceux qui s'aventurent derrière les barbelés risquent la prison.

Ceux qui s'aventurent derrière les barbelés risquent la prison. Image: DR

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Les conditions d’accueil des réfugiés vont-elles encore se dégrader en Hongrie? Dès ce mardi entre en vigueur une nouvelle législation antimigrants prévoyant que quiconque traverse la frontière hongroise illégalement pourra être condamné à la prison. Idem pour tous ceux qui ne se plieront pas aux procédures.

Lundi, en vue de l’application de ces dispositions, Budapest a fait déployer des forces de police supplémentaires le long de la frontière avec la Serbie. Le site hongrois Index.hu a publié la photo d’une jeep équipée d’une mitrailleuse postée derrière les barbelés qu’avait fait installer le gouvernement. Autre mesure: les demandes d’asile seront recueillies à cette même frontière et les requérants aussitôt conduits dans des centres répartis sur le territoire.

Or la plupart des migrants ne veulent surtout pas rester en Hongrie, pays de transit sur leur chemin vers l’Allemagne ou d’autres pays de destination. Ils craignent qu’en donnant leurs empreintes digitales ou en étant parqués dans des camps, leur route ne s’arrête dans un Etat qui leur est très hostile. Les diatribes de Viktor Orbán à leur encontre ne leur donnent pas tort. «Ils occupent nos gares, ils refusent de donner leurs empreintes, ils ne veulent pas se rendre dans les lieux où on leur donne de la nourriture, de l’eau, un lit et des soins médicaux… Ils se rebellent contre l’autorité hongroise», avait déclaré vendredi le premier ministre hongrois pour justifier les mesures prises.

Celles-ci pourraient bien renforcer encore les craintes exprimées tant par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés que par des ONG sur la piètre qualité des conditions d’accueil en Hongrie. Dans un rapport sur le camp de Röszke, proche de la frontière serbe, Human Rights Watch dénonce le manque d’eau et de nourriture, et un accès aux soins médicaux très aléatoire. L'enquête a été établie sur la base de témoignages de 24 migrants, car les autorités hongroises ont refusé aux ONG l’accès aux camps.

Human Rights Watch réclame une surveillance étroite de la politique hongroise. Il y a de quoi s’inquiéter. Plus de 190 000 migrants entrés illégalement en Hongrie ont été interpellés depuis le début de l’année. Et il n’y a aucune raison de penser que la tendance va faiblir.

Créé: 14.09.2015, 17h29

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