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Etude PISALe niveau scolaire des Français a reculé

La France se classe dans la moyenne en maths (25e) comme en sciences (26e). Mais l’OCDE tire la sonnette d’alarme sur les inégalités qui se sont surtout aggravées entre 2003 et 2006.

Dans l’édition 2012 de l’enquête PISA, publiée tous les trois ans, la France se situe en 25ème position en maths, en baisse de 16 points par rapport à 2003.
Dans l’édition 2012 de l’enquête PISA, publiée tous les trois ans, la France se situe en 25ème position en maths, en baisse de 16 points par rapport à 2003.
AFP

La France recule dans l’enquête internationale Pisa sur l’éducation, tombant dans la moyenne des pays de l’OCDE alors qu’elle figurait avant dans le groupe de pays avec des résultats meilleurs que la moyenne, et les inégalités scolaires se sont creusées depuis 2003.

Dans l’édition 2012 de l’enquête «Programme international pour le suivi des acquis des élèves», publiée tous les trois ans, la France se situe en 25ème position en maths, avec un score de 495 points, en baisse de 16 points par rapport à 2003.

L’enquête se concentre sur trois sujets, les maths, cette fois privilégiés, la compréhension de l’écrit ainsi que les sciences et la résolution de problèmes. Shanghaï arrive en premier pour les trois, parmi 65 pays ou économies de l’enquête.

En compréhension de l’écrit, la France, classée 21ème, est au-dessus de la moyenne et renoue avec son niveau de 2000 avec 505 points (contre 496 en moyenne ailleurs). Elle avait affiché un recul sensible en 2003 et 2006 et entamé une remontée en 2009, rappelle l’OCDE. En sciences, elle reste stable à la 26ème place, dans la moyenne, stable depuis 2006.

Gare aux inégalités

Au-delà des classements, l’OCDE tire encore la sonnette d’alarme sur les inégalités. Si la France compte «à peu près autant d’élèves très performants» en maths par rapport à 2003, elle a aussi «beaucoup plus d’élèves en difficulté», ce qui «sous-entend que le système s’est dégradé principalement par le bas entre 2003 et 2012».

Les inégalités se sont «surtout aggravées entre 2003 et 2006», souligne l’enquête. «Le problème de la France n’est pas sa situation» qui reste «celle d’un pays moyen» mais le fait qu’il y a énormément d’inégalités, dit Eric Charbonnier, spécialiste de l’éducation à l’OCDE. D’autres ont réduit les écarts entre élèves favorisés et défavorisés (Mexique, Turquie, Allemagne).

Milieux défavorisés en cause

En France, la corrélation entre le milieu socio-économique et la performance est bien plus marquée que dans la plupart des pays de l’OCDE, souligne l’enquête. «Lorsqu’on appartient à un milieu défavorisé, on a aujourd’hui clairement moins de chances de réussir qu’en 2003». Et «les élèves issus de l’immigration sont au moins deux fois plus susceptibles de compter parmi les élèves en difficulté». La France se classe aussi parmi les pays où la discipline est la moins respectée.

Le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon, qui veut réduire ces inégalités, via notamment la relance de la scolarisation des enfants de moins de trois ans, le nouveau dispositif du «plus de maîtres que de classes» et la refonte en chantier de l’éducation prioritaire qui concerne 20% des élèves, avait prévenu que les résultats de Pisa risquaient d’afficher une nouvelle dégradation.

La réforme va dans le bon sens

Le système «marche pas mal pour beaucoup d’élèves (...) mais il commence à très mal marcher pour une proportion de plus en plus importante», avait-il déploré en octobre. L’objectif doit être de lutter contre l’échec scolaire et les inégalités, selon M. Charbonnier, pour qui «la France est en train d’activer des pièces du puzzle».

«La réforme des rythmes scolaires, cinq matinées de classe au lieu de quatre, ça va dans le bon sens», tout comme la nouvelle formation des enseignants, et «on commence à parler d’incitations pour attirer les enseignants expérimentés dans les établissements difficiles».

Mais il faudrait aussi relancer la formation continue, réfléchir à l’accompagnement des jeunes enseignants et trouver des alternatives pédagogiques au redoublement, qui concerne 28% des élèves de 15 ans en France contre 12% en moyenne ailleurs.

En France, "on n’a pas l’impression que tout le monde tire dans le même sens", regrette M. Charbonnier, avec "à la fois la position des parents d’élèves, des syndicats, des politiques en place ou dans l’opposition, des inspecteurs", comme le montre le débat sur la réforme des rythmes scolaires.

AFP

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