«Omar m’a-t-il vraiment tuer?» L’ADN devrait parler

JusticeDe nouvelles traces «exploitables» pourraient innocenter Omar Raddad du meurtre de Ghislaine Marchal.

Une photo de dossier qui montre un enquêteur regardant de près la porte avec le message

Une photo de dossier qui montre un enquêteur regardant de près la porte avec le message "Omar m'a tuer" dans la salle de la juridiction niçoise. Image: Eric Gaillard/Reuters

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Coupable, forcément coupable? Vingt-quatre ans après les faits, de nouvelles traces ADN «exploitables» prélevées sur la scène du crime ont été mises en évidence dans l’affaire Omar Raddad, a annoncé jeudi le Parquet de Nice. L’analyse de ces empreintes, autorisée par la justice, pourrait innocenter le jardinier marocain condamné pour le meurtre en 1991 à Mougins de sa patronne Ghislaine Marchal et révéler le nom du véritable meurtrier. Pour Omar Raddad, l’espoir renaît. Gracié, mais pas mis hors de cause, il espère obtenir la révision de son procès.

S’appuyant sur une nouvelle loi assouplissant les critères de révision d’un procès, l’avocate d’Omar Raddad, Me Sylvie Noachovitch, a obtenu récemment que soient ordonnés de nouveaux prélèvements sur les portes où figurent la fameuse inscription «Omar m’a tuer», écrite avec le sang de la victime.

«Exploitables» grâce aux avancées scientifiques

Ces traces ADN, «exploitables» grâce aux progrès de la science, seront analysées dans les «mois qui viennent», a précisé le Parquet, qui appelle toutefois à la prudence. Ces empreintes «peuvent provenir des protagonistes de l’affaire tout autant que de manipulations ultérieures aux faits». En d’autres termes, elles pourraient appartenir à un policier ayant «pollué» la scène de crime de l’époque.

Dans les prochaines semaines, ces traces vont être comparées aux trois millions de profils du Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg) et à celles de toutes les personnes ayant été en contact avec Ghislaine Marchal. Ce qui pourrait permettre de découvrir l’identité du «véritable meurtrier», espère Me Noachovitch.

Jusqu’à présent, les prélèvements effectués dans cette affaire avaient permis à la justice d’établir qu’elles ne correspondaient pas à Omar Raddad. Mais les expertises – limitées par la science et le manque de matière – n’avaient pas permis d’en savoir davantage. Grâce aux avancées technologiques, de nouvelles traces d’ADN, parfaitement lisibles, selon les enquêteurs, ont pu être repérées et isolées.

Gracié par Chirac

Ce nouveau rebondissement permettra-t-il de mettre un terme à l’une des plus grandes énigmes judiciaires de ces trente dernières années en France? Le 24 juin 1991, Ghislaine Marchal, 65 ans, veuve d’un équipementier automobile, est retrouvée sans vie dans sa propriété des Alpes-Maritimes. A proximité du corps de la sexagénaire tuée à coups de couteau, deux inscriptions écrites avec son sang accablent le jardinier marocain: «Omar m’a tuer» et «Omar m’a t». Père de famille sans histoire, mais accro aux jeux et endetté, Omar Raddad est arrêté. Bien que niant toute participation au meurtre, il est inculpé d’homicide volontaire et écroué.

Déclaré coupable en janvier 1994, il est condamné à 18 ans de réclusion criminelle. De très nombreuses zones d’ombre subsistent néanmoins. Les enquêteurs et la presse s’emparent de l’affaire, chaque jour une nouvelle piste est évoquée.

Gracié en 1996 par le président Jacques Chirac sur la demande du roi du Maroc Hassan II, Raddad voit sa peine réduite. Il est libéré en septembre 1998, mais attend toujours d’être lavé de tout soupçon.

Créé: 06.11.2015, 18h11

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