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FranceDes Nuits Debout partout en France

Après une nouvelle journée de manifestations contre la loi travail, des rassemblements nocturnes ont eu lieu dans 60 villes.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a fait état de 62 interpellations en France à la suite des violences. 78'000 personnes ont défilé selon la police, 170'000 selon les organisateurs. (Jeudi 15 septembre 2016)
Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a fait état de 62 interpellations en France à la suite des violences. 78'000 personnes ont défilé selon la police, 170'000 selon les organisateurs. (Jeudi 15 septembre 2016)
Keystone
Les violences qui ont éclaté jeudi en France, lors des manifestations pour réclamer l'abrogation de la loi Travail, ont fait une vingtaine de blessés. (15 septembre 2016)
Les violences qui ont éclaté jeudi en France, lors des manifestations pour réclamer l'abrogation de la loi Travail, ont fait une vingtaine de blessés. (15 septembre 2016)
AFP
Deux journées de mobilisation ont eu lieu dans plusieurs villes française dont Paris pour protester contre la réforme de la loi Travail. (jeudi 17 mars 2016)
Deux journées de mobilisation ont eu lieu dans plusieurs villes française dont Paris pour protester contre la réforme de la loi Travail. (jeudi 17 mars 2016)
ETIENNE LAURENT, AFP
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Le mouvement citoyen des Nuits Debout a essaimé samedi soir dans près de 60 villes, avec notamment une tentative de manifestation aux abords du domicile parisien de Manuel Valls, à l'issue d'une nouvelle journée de mobilisation contre la loi travail, marquée par une moindre affluence et des violences (voir articles liés).

Après une sixième journée d'action en un mois, la troisième réunissant des jeunes et travailleurs, à l'appel de l'intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL, Fidl) pour demander le retrait de ce projet, plusieurs milliers de personnes ont entamé une «Nuit debout», mouvement né il y a dix jours à Paris et dépassant la seule opposition à la loi travail.

«Quelque chose est en train de se lever», a lancé à Paris face à la foule l'économiste Frédéric Lordon.

Après avoir manifesté dans la journée, Gérard, 62 ans, intéressé par «ces types de mouvements citoyens, qui se font en dehors des partis», a rejoint la cinquième «Nuit debout» à Nantes et ses quelque 300 participants, ses barnums, ses banderoles, ses prises de parole, ses commissions «Education», «Démocratie», «Sémantique /dictionnaire debout».

Valls énerve

En fin de soirée à Paris, plusieurs centaines de personnes ont décidé d'aller «prendre l'apéro chez Valls», convergeant vers le domicile du Premier ministre, actuellement en visite officielle en Algérie, avant d'être bloquées par les forces de l'ordre qui ont utilisé des gaz lacrymogènes.

A Reims, c'était une première. «Occuper la place de nuit, c'est aller contre le couvre-feu intellectuel. C'est aussi le seul temps restant dans nos vie modernes pour parler des problèmes de notre société. Et rester debout, c'est ne pas demeurer assis, courbé, prostré», fait observer Antoine Farcette, 23 ans, étudiant en droit.

Déçus d'Hollande

A Tulle, en Corrèze, une centaine de personnes se sont rassemblées à l'endroit même du premier discours de François Hollande en tant que président de la République. «J'étais là le 6 mai 2012, ce n'est pas pour la politique qu'il mène qu'on a élu François Hollande», explique Stéphanie, une quadragénaire venue participer aux débats.

A Toulouse, les «Nuit Debout» se sont retrouvées sur la place du Capitole, tandis qu'à Marseille, le mot d'ordre était de ne pas rentrer chez soi et de «faire tourner le micro» au sein de ce mouvement qui s'assume sans leader.

Moins de manifestants

Dans la journée, les autorités ont recensé 120'000 manifestants dans toute la France, dont 18'000 à 20'000 à Paris (110'000 selon les organisateurs dans la capitale). Loin des 390'000 à 1,2 million de personnes, selon les sources, du 31 mars. La mobilisation avait lieu pour la première fois un week-end, en période de vacances scolaires.

«Le nombre de manifestations recensées, plus de 200, montre que la détermination ne faiblit pas», a néanmoins estimé la CGT.

D'ici à l'ouverture des débats le 3 mai à l'Assemblée nationale, une nouvelle mobilisation contre la réforme du code du travail est prévue le 28 avril.

Dans la capitale, le cortège parti de la place de la République s'est terminé par des affrontements place de la Nation. Trois policiers ont été légèrement blessés, dix personnes interpellées pour des jets de projectiles.

27 interpellations

Des heurts ont eu lieu à Nantes et Rennes. Au total, les autorités ont recensé 27 interpellations en France.

Partout la baisse de participation était patente (sauf à Paris selon les syndicats), y compris dans les zones où les vacances n'ont pas commencé, comme à Toulouse où les manifestants étaient entre 8.000 selon la police et 20.000 d'après la CGT, contre 20'000 à 100'000 le 31 mars.

Les cortèges ont réuni également quelques milliers de manifestants à Lyon (4000), Marseille (3800), Nantes et Grenoble (environ 2500), Lille et Rennes (1700), selon les chiffres des autorités.

2e mois de mobilisation

«Ce qu'a réveillé la loi, c'est le refus de la précarisation et du bizutage social», a déclaré le président de l'Unef, William Martinet, qui sera reçu lundi avec les autres organisations étudiantes et lycéennes par Manuel Valls.

«On entame le deuxième mois» de mobilisation, «on n'a pas peur que ça s'essouffle», a affirmé le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, en tête du cortège parisien. À son côté, Philippe Martinez (CGT) a appelé à «remettre les compteurs à zéro pour un vrai code du travail qui permette de protéger les salariés».

À Paris, parmi les slogans on pouvait lire «Game over - le peuple se réveille».

«Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère. De cette société, on n'en veut pas!» criait une jeune femme au haut-parleur dans la manifestation lyonnaise. «Il y en a marre de l'exploitation capitaliste qui ne fait que s'aggraver», disait à Lille Gérard, retraité de l'enseignement.

AFP

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