A Paris, Nicolas Bideau joue la carte culture pour dépasser les clichés

Eurofoot 2016Pendant l'Euro en France, la Maison de la Suisse à Paris aura les couleurs de l'arc lémanique. Interview du directeur de Présence Suisse.

«Les House of Switzerland» concoctés par Nicolas Bideau et ses équipes lors des grands événements internationaux ont réussi à tirer leur épingle du jeu. A Paris, en juin, c'est par la culture que la Suisse veut surprendre.

«Les House of Switzerland» concoctés par Nicolas Bideau et ses équipes lors des grands événements internationaux ont réussi à tirer leur épingle du jeu. A Paris, en juin, c'est par la culture que la Suisse veut surprendre. Image: Sebastien Féval

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«Confirmer et surprendre». C’est la marque que Présence Suisse, l’organe chargé de l’image de la Suisse à l’étranger, entend imprimer à son travail. Après des «House of Switzerland» aux Jeux Olympiques de Londres et Sotchi, à la Coupe du monde au Brésil ou encore un passage très remarqué lors de l’Exposition universelle de Milan en 2015, c’est Paris qui devient plus suisse lors de l’Euro 2016.

Au Wanderlust, lieu branché de la capitale française sur les quais de la Seine, à dix minutes de la gare de Lyon, il aura du chocolat et du fromage pour «confirmer» les clichés. Mais pour surprendre, c’est la culture suisse qui est appelée à prendre la barre. Le fonds d’art contemporain de Genève, le Montreux Jazz Festival, les théâtres de l’Arsenic et de Vidy. Interview de Nicolas Bideau, directeur de Présence suisse.

Une maison de la Suisse pendant un Euro, ça sert à quoi?

Nous avons remarqué que pendant les grands événements sportifs, les spectateurs et tous les gens concernés comme les journalistes ont le réflexe patriotique ouvert. Ce sont des moments où on se pose des questions sur les nations, on s’interroge sur l’autre. De plus, avec le foot, il y a des confrontations directes. Forcément, on va s’intéresser à l’autre. On va essayer de caractériser une équipe par ses qualités nationales et aller chercher ce qui se cache derrière. Présence Suisse, comme nous l’avons fait à Rio, attrape les gens avec des contre-propositions originales qui sont bien plus qu’une fan-zone avec des écrans géants et de la bière.

«House of Switzerland» au Wanderlust s’adresse aux Suisses qui viennent en France voir l’Euro ou aux Parisiens?

Un peu des deux. Mon objectif principal: c’est les Français. Mon travail, c’est l’image de la Suisse à l’étranger. Avant tout, je cible les Français et un public susceptible de s’intéresser à autre chose de ce qu’ils ont déjà en tête à propos de la Suisse. Donc on est plutôt sur les intellectuels et les jeunes. Le lieu qui sera «pimpé»par Sylvie Fleury va déjà dégager quelque chose de fort.

La présence de la Suisse en France, cela se travaille comment?

Qu’est-ce qui vous vient à la tête quand ont dit Suisse? A cette question spontanée, les Français répondent de très loin «chocolat», suivi «de moins d’impôts», puis «banques fortes», les «montres», «la propreté» et «le Gruyère». Ça, c’est la Suisse. Mais la France est un pays où le foot est un trait d’union vivant avec la culture. Je sais qu’ici autour d’une dynamique de 22 gars sur un terrain, je vais pouvoir jouer la carte de l’art contemporain, du théâtre, de la musique. Les cartes sont culturelles et des institutions comme le Festival du film de Locarno, le Fonds d’art contemporain à Genève, les théâtres de Vidy et de l’Arsenic à Lausanne et le Montreux Jazz Festival vont montrer leur potentiel. On n’est pas attendu sur ce terrain.

Qu’ont à gagner toutes ces institutions culturelles à venir à Paris participer à cette House of Switzerland?

Il faudra leur poser la question. Mais par exemple, je crois que l’art contemporain genevois est fier de ce qu’il fait. Il a envie de sortir de ses murs. On reste une province et on a envie de montrer à Paris – au grand frère – qu’on est bon. C’est un moteur, c’est normal. Si Lausanne et Genève ne sont pas connectés avec Paris, je pense qu’il y a un problème.

Et il y aura le match en lui-même: la confrontation Suisse - France...

On est bénit des dieux. C'est un rêve de communicant. Le fait qu’on soit dans le groupe de la France fait qu’il y aura un intérêt naturel. Et notre équipe de Suisse est particulière. Il n’y a pas seulement le match France Suisse, il y a aussi le match contre l’Albanie avec deux frères qui jouent l’un contre l’autre. On a de quoi raconter des «side-stories» et faire monter la sauce! De plus, on a battu la France à Lille au tennis lors de la Coupe Davis. Et au foot, on s’est pris une grosse rouste au Brésil. On sent l'odeur de la revanche qui flotte dans l’air: c’est bon ça! Il y a de l’attention et de l’émotion.

Le contexte post-attentats, vous inquiète-il?

Tout d’abord, le Wanderlust qui accueille la «House of Switzerland» est rompu aux questions de sécurité, comme le sont les gens des clubs. Dans ce milieu, la sécurité fait partie de la mécanique. Ensuite, point de vue plus personnel, je pense que la meilleure façon de lutter contre ce qui nous arrive est d’investir sur la culture. C’est avec des messages d’artistes, avec des propositions, qu’on peut avancer dans nos têtes. C’est le moment d’investir dans la culture et de ne pas céder à la peur.

Créé: 11.03.2016, 12h12

House of Switzerland durant l’Euro à Paris

Quand? Du 10 juin au 10 juillet.

Où? Paris. Le Wanderlust, Cité de la mode et du design, quai d’Austerlitz 34, à 10 minutes à pied de la Gare de Lyon.

Rendez-vous sportif Diffusion de l’ensemble des matches. Activités spécifiques autour des matches de la Suisse. Débats autour du football (les mercredis), animés par l’équipe du magazine SoFoot.

Tradition Dimanches suisses avec brunch paysan, activités pour enfants, yoga, concerts acoustiques. L’association suisse des AOP et Montreux Vevey Tourisme sont partenaires.

Cultures urbaines Un panorama d’activités mis sur pied avec le Montreux Jazz Festival (MJF), Montreux Comedy Festival, le Mudac, les Théâtres de Vidy et de l’Arsenic, le Fonds d’art contemporain genevois ou encore cycle cinéma par le Festival du film de Locarno mettent à l’honneur la Suisse d’aujourd’hui.

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