La patronne du FN renoue avec le style «provoc» de son père

FranceEn publiant les monstrueuses photos de Daech, Marine Le Pen suit une stratégie élaborée de longue date.

Marine Le Pen

Marine Le Pen Image: Keystone

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En publiant sur Twitter trois photos de cadavres mutilés complaisamment diffusées par le groupe Etat islamique, Marine Le Pen a provoqué une vive polémique en France. C’est, à n’en pas douter, le but qu’elle a recherché. La patronne du Front national savait qu’en diffusant ces horreurs, elle allait faire scandale, d’autant plus qu’elle n’a même pas flouté les visages des victimes. Elle s’est contentée, jeudi, de retirer la photo du corps décapité de l’otage américain James Foley, sur requête de la famille du supplicié. En revanche, Marine Le Pen a maintenu les deux autres sur son compte Twitter.

Le prétexte qu’elle invoque pour répandre sur internet ces images sanguinaires ne résiste pas à l’examen. Marine Le Pen accuse le journaliste Jean-Jacques Bourdin et son invité, le grand spécialiste français de l’islam Gilles Keppel, d’avoir tracé un parallèle «immonde» et «inacceptable» entre le groupe Etat islamique et le Front national lors d’une émission de grande écoute sur RMC. Or, Keppel s’est contenté d’observer «les liens entre Daech et le Front national, enfin, pas les liens directs, mais ce repli identitaire qui, finalement, est une communauté d’esprit». Pas de quoi balancer tous azimuts des photos barbares.

Daech et sa propagande par l’horreur

Marine Le Pen a donc saisi ce mince prétexte pour renouer avec la vieille tactique mise au point par son père qui a fait de la provocation son fonds de commerce et sa principale marque de fabrique. Bien entendu, elle évite les propos antisémites utilisés par Jean-Marie Le Pen, qui sont électoralement contre-productifs. Mais la technique est bien la même: choquer pour faire réagir les médias et rester au centre de l’attention générale.

N’est-elle pas allée trop loin cette fois-ci? En diffusant aussi largement les images non-floutées du groupe Etat islamique, elle a pris le risque de contribuer à la propagande de l’horreur élaborée par Daech. L’entité islamoterroriste a développé toute une stratégie de communication autour de ses assassinats dans le but de répandre sa terreur. Le groupe Etat islamique ne demande qu’une chose: que ses vidéos sanglantes irriguent un maximum de réseaux sociaux.

En outre, l’initiative prise par la patronne du Front national tombe au moment où la France est à bout de nerfs après les attentats qui ont endeuillé 2015 et n’a pas besoin qu’on lui porte des coups au moral. Le Parquet de Nanterre (près de Paris) a ouvert une enquête préliminaire pour «diffusion d’images violentes». Mais le passé nous apprend que les condamnations en justice n’ont jamais freiné les provocations du clan Le Pen.

Créé: 17.12.2015, 14h42

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