Le «Penelopegate» ébranle la candidature Fillon

Emplois fictifs Difficile de prédire l’impact électoral. Marine Le Pen et Emmanuel Macron traînent aussi des casseroles.

Le parquet national financier a ouvert une enquête après les informations publiées par le «Canard Enchaîné» sur un potentiel emploi fictif de Penelope Fillon.

Le parquet national financier a ouvert une enquête après les informations publiées par le «Canard Enchaîné» sur un potentiel emploi fictif de Penelope Fillon. Image: AP

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Un demi-million d’euros. Tel est au total le salaire brut qu’aurait empoché l’épouse de François Fillon, entre 1998 et 2007 puis à nouveau en 2012, pour un emploi fictif d’attachée parlementaire auprès de son mari et du suppléant Marc Joulaud, affirme Le Canard enchaîné dans une enquête publiée ce mercredi. Voilà de quoi entacher l’image de droiture, de transparence et d’austérité qu’affiche le candidat de la droite et du centre à l’élection présidentielle!

Mais ce n’est pas tout. L’ancien premier ministre aurait aussi obtenu de son ami Marc Ladreit de Lacharrière, propriétaire de la Revue des deux Mondes, qu’il verse 100 000 euros à sa femme, Penelope Fillon, en 2012 et 2013 en tant que «conseillère littéraire»… alors qu’en réalité elle n’a signé que «deux ou peut-être trois notes de lecture», selon le directeur de l’époque, «sidéré». Michel Crépu affirme en effet n’avoir jamais rencontré cette dame et ignorer qu’elle avait été embauchée.

Ni vue ni connue

D’ores et déjà, le Parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire, selon le quotidien Le Parisien. Les magistrats souhaitent vérifier si Penelope Fillon a fourni des prestations en échange des salaires versés. Les parlementaires disposent en effet d’une enveloppe mensuelle (en 2016 elle s’élevait à 9561 euros) pour rémunérer des collaborateurs. Qu’il s’agisse ou non de proches, ils doivent pouvoir justifier de leur activité. Le Canard enchaîné affirme n’en avoir trouvé aucune trace, ni à Paris ni à Sablé-sur-Sarthe.

Jeanne Robinson-Behre, l’une des attachées parlementaires du suppléant de François Fillon, assure n’avoir aucun souvenir de collaboration avec celle que tout le monde surnomme Penny. «Je n’ai jamais travaillé avec elle, je n’ai pas d’info à ce sujet. Je ne la connaissais que comme femme de ministre», a-t-elle confié à l’hebdomadaire. Pourtant, dès 2002, le député Marc Joulaud offre à Mme Fillon un CDI pour un plein-temps à 6900 euros brut par mois. Puis, en 2006, le salaire passe même à 7900 euros. Le contrat se termine en 2007 quand François Fillon, devenu premier ministre, déménage à Matignon et reçoit un traitement mensuel de 21 300 euros. Après qu’il soit redevenu simple député en 2012, son épouse reprendra du service en tant qu’attachée parlementaire.

Saison des boules puantes

Etonnant, pour une Penelope Fillon qui déclarait en octobre dernier au quotidien régional Le Bien Public: «Jusqu’à présent, je ne m’étais jamais impliquée dans la vie politique de mon mari.» Elue en 2014 conseillère municipale à Solesmes, le village où se trouve le manoir familial, elle s’y est présentée officiellement en tant que «femme au foyer». Autant de déclarations troublantes, même si l’entourage de l’ancien premier ministre explique que son épouse préfère travailler dans l’ombre. François Fillon, lui, s’est déclaré «scandalisé par le mépris et la misogynie de cet article». Il constate que «la saison des boules puantes est ouverte», à trois mois du premier tour de l’élection présidentielle.

A qui profitera le «Penelopegate»? On imagine que parmi les électeurs fillonistes, les plus déçus pourraient se tourner vers Marine Le Pen à l’extrême droite ou Emmanuel Macron au centre. Mais la première, présidente du Front national, est visée par une enquête sur l’emploi présumé abusif de deux assistants au Parlement européen qui travaillaient en fait comme permanents pour le parti. Quant à Emmanuel Macron, ancien ministre de l’Economie, il est aussi attaqué. Les journalistes Marion L’Hour de France Inter et Frédéric Says de France Culture, auteurs du brûlot Dans l’enfer de Bercy publié ce mercredi chez Lattès, l’accusent d’avoir puisé 120 000 euros dans les caisses publiques pour financer… son propre mouvement, «En Marche!»

Créé: 25.01.2017, 19h05

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