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La polémique sur Borloo à Veolia tombe mal pour Sarkozy

Même démentie, la polémique sur un éventuel parachutage, avec l’appui de l’Elysée, de l’ex-ministre de l’Ecologie à la tête du groupe Veolia tombe mal pour Nicolas Sarkozy, qui se présente comme le «candidat du peuple».

Jean-Louis Borloo: «Comme je l’ai toujours indiqué, mon calendrier aujourd’hui reste exclusivement politique.»
Jean-Louis Borloo: «Comme je l’ai toujours indiqué, mon calendrier aujourd’hui reste exclusivement politique.»
AFP

Depuis son entrée en campagne, le président-candidat martèle, d’interviews en meetings, un même thème: il sera le candidat du peuple. "Je veux être le candidat du peuple de France. Je ne serai pas celui d’une petite élite contre le peuple", a-t-il proclamé dimanche à Marseille en dénonçant banquiers et patrons qui ont "trahi les valeurs qu’ils devaient défendre" en s’accordant des rémunérations qui "défient le sens commun".

Une manière de gommer l’image "bling bling" et proche des patrons qui avait accompagné son entrée en fonction en 2007, du dîner au Fouquet’s aux vacances sur le yacht de Vincent Bolloré, ou encore les accusations de favoritisme après la nomination avortée de son fils Jean à l’Epad à l’automne 2009.

Les informations de presse annoncent un parachutage de Jean-Louis Borloo à la tête du groupe Veolia, présenté comme une récompense à son renoncement à la présidentielle, même si le président du Parti radical a officiellement démenti l’information, également qualifiée "d’absurde" par le chef de l’Etat.

L'actuel PDG débarqué

Selon plusieurs médias, Nicolas Sarkozy et Henri Proglio, PDG d’EDF et ancien patron de Veolia qui souhaiterait en reprendre le contrôle, se seraient entendus en début de semaine pour débarquer Antoine Frérot, actuel PDG du groupe français de l’eau, des transports et de la propreté, et le remplacer par un proche, l’ancien ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo.

"Si, depuis de nombreux mois, plusieurs groupes nationaux et internationaux m’ont contacté, notamment afin d’apporter mon analyse de manière informelle sur leurs évolutions et leurs métiers - ce fut notamment le cas, récemment pour Veolia, ni plus ni moins -, tout le reste n’est que supputations, manipulations, voire volonté de nuire", a expliqué Jean-Louis Borloo.

"Comme je l’ai toujours indiqué, mon calendrier aujourd’hui reste exclusivement politique. Je n’ai pas décidé de mettre un terme à ma carrière et reste concentré sur la construction d’un avenir pour la France", a ajouté le président du Parti radical après avoir longuement pesé ses mots.

La porte-parole du candidat-président, Nathalie Kosciusko-Morizet, a elle aussi "formellement" démenti toute implication du gouvernement.

Mais, selon un proche de Jean-Louis Borloo qui s’est confié, les informations de presse sont "tout à fait plausibles". "Pour bien le connaître, je sais que Borloo a une vision chinoise de sa vie, avec plusieurs vies", a-t-il lancé.

L’opposition n’a pas tardé à réagir pour dénoncer les contradictions de celui qui avait déjà promis en 2007 de faire de la France "une République irréprochable".

"Mais dans quelle République est-on?", a demandé le candidat du PS François Hollande. "C’est le candidat des conseils d’administration qui se présente devant les Français? C’est le candidat des confusions, des arrangements, des compromis? Jamais je ne l’accepterai", a-t-il dit.

"Borloo est pris ici en flagrant délit de pantouflage, ce confortable cadeau intervenant quelques semaines après le retrait de sa candidature", a ironisé de son côté le Front national, "ce n’est plus la République des vendus, c’est aussi la République des achetés".

Marielle de Sarnez, la directrice de campagne de François Bayrou, a jugé nécessaire de "tourner la page de toutes ces pratiques" car, dit-elle, il s’agit d’un "mélange des genres consternant".

(AFP)

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