La politique, c’est la guerre! Et Myriam El Khomri, la chair à canon de Manuel Valls

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La politique, c’est la guerre… En ce moment, c’est Myriam El Khomri qui sert de chair à canon dans les manifestations et autres blocages qui minent la France. Et les slogans dans les manifestations de rue plus que jamais font rimer El Khomri avec des envolées de noms d’oiseaux. «Loi El Khomri, vie pourrie», «Hollande arrête tes Khomri!» et autres joyeusetés focalisent l’attention de la vindicte sur la jeune ministre du Travail. Pourtant, à y regarder de près, elle aussi est victime du système politique français.

La remplaçante au pied levé de François Rebsamen – l’ami de toujours de François Hollande, parti en septembre 2015 se mettre à l’abri dans sa mairie de Dijon – n’a que 36 ans. Si la valeur n’attend pas le nombre des années, l’expérience de cette jeune ministre est pour le moins ténue.

Choisie dans la période post-Charlie, entre autres, pour accentuer l’image prodiversité du gouvernement (Bretonne par sa mère et Marocaine par son père), cette jeune élue de la ville de Paris est une militante de terrain reconnue pour sa facilité de contact et son goût de la communication. Elle passe bien dans les médias, diraient les spécialistes.

D’abord le job consistait à commenter mois après mois la non-inversion de la courbe du chômage due aux décisions des deux autres ministères de Bercy (le Ministère des finances et celui de l’Economie – sans parler du premier ministre et du président). Et Myriam El Khomri habitait plutôt pas mal cette fonction de ministre du Chômage. Proche des gens et de leur quotidien. Mais c’était compter sans le sens politique parfois imprévisible de François Hollande et de Manuel Valls, qui lancent à quatorze mois de la présidentielle une réforme majeure. Le job devient alors hasardeux. Cette nouvelle loi Travail concoctée par Emmanuel Macron et Manuel Valls, et avec l’assentiment de François Hollande, est alors préparée sans la jeune ministre. Myriam El Khomri est hors jeu. Reste que Manuel Valls contraint la ministre à jouer le jeu de la communication, à s’exposer et endosser la responsabilité de l’utilisation de l’article 49.3 (le passage en force) face au parlement. Les services de com du premier ministre iront jusqu’à durcir les propos dans la presse de Myriam El Khomri. En effet, les interviews de la ministre du Travail sont relues par Matignon.

C’est ainsi que la loi Travail tant contestée – à tort ou à raison, ce n’est pas la question – est devenue la loi El Khomri. Depuis trois mois que la situation se dégrade, Manuel Valls a assumé le texte et clarifié la situation, mais l’image originelle imprimée par l’opinion publique ne se corrige pas. Manuel Valls le savait. Myriam El Khomri vient de l’apprendre. Son nom est à tout jamais associé aux manifestations, grèves et blocages du printemps 2016. Pas certain qu’on lui ait vendu le job comme ça!

Créé: 26.05.2016, 07h32

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