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Porochenko met le monde en garde contre la Russie

Devant le Congrès des Etats-Unis réuni au grand complet, Petro Porochenko a souligné que «l'agression contre l'Ukraine» était «une menace contre la sécurité mondiale».

Le président ukrainien Petro Porochenko a mis en garde ce jeudi 18 septembre contre la menace que la Russie représente pour le monde. Il s'exprimait avant une rencontre chargée de symbole avec le président américain Barack Obama qui ne devrait pas déboucher sur des annonces majeures.

«Nous avons besoin de vous, de l'aide de l'Amérique», a-t-il lancé, exhortant les pays occidentaux à «ne pas laisser l'Ukraine seule» face à la Russie.

Petro Porochenko a exprimé à Washington son souhait d'obtenir un «statut spécial» d'allié non-membre de l'Alliance atlantique. Mais les Etats-Unis ont indiqué qu'ils n'y étaient pas favorables, jugeant que cela ne changerait pas la donne.

«Nous pensons que ce statut n'apporterait rien de nouveau à l'Ukraine dont elle ne bénéficie pas déjà aujourd'hui», a expliqué un responsable américain sous couvert d'anonymat soulignant que l'Ukraine avait déjà, grâce à ses liens avec l'Otan, accès «à différents types d'aide» en matière de sécurité et de formation en particulier.

Quarante-six millions d'aide

La Maison-Blanche a annoncé le déblocage de 46 millions de dollars d'aide pour l'équipement et la formation des forces de sécurité ukrainiennes, tout en excluant toujours l'envoi d'armes, réclamé par certains membres du Congrès américain.

Elle souligne que la réception de Petro Porochenko est, en soit, un message fort, adressé en particulier à la Russie. «La photo de Petro Porochenko assis dans le Bureau ovale vaudra bien 1000 mots, que ce soit en anglais ou en russe'», a souligné Josh Earnest, porte-parole de l'exécutif américain.

Cinq mois après son arrivée à la présidence, Petro Porochenko multiplie les gestes symboliques et politiques pour ancrer Kiev à l'Occident.

«Pont terrestre» Russie-Crimée?

Kiev a accusé jeudi la Russie d'avoir massé 4000 soldats le long de sa «frontière administrative» avec la Crimée. Une démonstration de force qui intervient après des déclarations apaisantes de Moscou.

«Presque toutes les unités militaires russes stationnées dans la partie nord de la Crimée occupée ont été massées à la frontière administrative avec l'Ukraine», a précisé un porte-parole de l'armée ukrainienne Andriï Lyssenko.

Ce déploiement avait été en partie annoncé mardi par le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou, qui avait souligné la nécessité de redéployer des troupes en Crimée pour tenir compte de «l'élargissement du district militaire (du sud de la Russie) après l'intégration de la Crimée».

Kiev craint la création d'une zone sous contrôle des séparatistes pro-russes s'étendant de la frontière russo-ukrainienne à la frontière «administrative» entre l'Ukraine et la Crimée. Une telle configuration permettrait aux Russes un «pont terrestre» entre la Russie et la région de Crimée.

Toujours des soldats russes dans l'est du pays

Selon l'Otan, 20'000 soldats russes sont par ailleurs massés le long de la frontière russo-ukrainienne, notamment dans la région de Rostov. Toujours selon l'Alliance atlantique, un millier de militaires russes se trouvent toujours dans l'est de l'Ukraine, ce que dément Moscou.

Le protocole de Minsk, adopté début septembre, instaurait un cessez-le-feu, prévoyant notamment des gestes de Kiev garantissant une plus grande autonomie des régions de l'Est, des élections locales et une amnistie pour les «participants» au conflit.

Les lois adoptées mardi par le parlement ukrainien vont dans ce sens et ont été saluées par l'UE les Etats-Unis, l'OSCE et Moscou. Seuls les séparatistes ont pour l'heure ignoré la main tendue de Petro Porochenko alors qu'ils avaient paraphé le protocole de Minsk.

La réaction des séparatistes pose la question du contrôle qu'a Moscou sur la rébellion, même si le Kremlin a toujours démenti être partie prenante au conflit.

Cessez-le-feu violé

Le cessez-le-feu décrété à Minsk continue lui en revanche d'être violé, ont constaté jeudi des journalistes.

Au moins trois salves de roquettes Grad sont ainsi tombées dans les environs du village de Zouïvka, à l'est de Donetsk, sans toutefois faire de blessés. Les tirs provenaient a priori de positions de l'armée ukrainienne et visaient les rebelles sur place.

(afp/ats)

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