Poutine critique les occidentaux mais ménage Trump

RussieLors de sa conférence de presse de fin d’année, le chef du Kremlin a notamment félicité Washington pour l’annonce du retrait de ses troupes de Syrie.

Vladimir Poutine, chef du Kremlin

Vladimir Poutine, chef du Kremlin Image: AFP

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« Donald a raison ! » Satisfait mais ironique, Vladimir Poutine n’a pas caché hier sa jubilation au lendemain de l’annonce du retrait militaire de Syrie par le président américain. « Une décision juste », s’est réjoui le chef du Kremlin lors de sa traditionnelle grande conférence de fin d’année. La Syrie, pas plus que les autres gros dossiers internationaux, n’a certes pas dominé cette longue séance de plus de cinquante questions réponses pendant près de quatre heures. Mais Vladimir Poutine en a profité pour ménager Donald Trump tout en lançant des piques à l’ouest.

Ainsi, sur l’annonce du président américain de retrait pour cause de victoire contre les forces de EI en Syrie, Vladimir Poutine s’est montré à la fois heureux et moqueur. « Je suis d’accord. Nous avons porté des coups sérieux à l’EI en Syrie », a expliqué le président russe qui, depuis trois ans, a lancé sa propre opération militaire en soutien au régime de Damas contre les islamistes. Une « menace encore sérieuse », a-t-il prévenu en insistant sur les risques de « débordement de l’EI dans d’autres pays », un « vrai danger pour la Russie, les Etats-Unis ». Vladimir Poutine s’est du coup voulu un brin ironique. Car il a semblé mettre en doute la réalité du retrait américain de Syrie. « Chaque année, on annonce le départ des troupes américaines d’Afghanistan. Mais elles sont toujours présentes », a-t-il confié sur le ton de la plaisanterie.

Sur le dossier nucléaire, Vladimir Poutine s’est voulu plus ferme. Tout en ne mettant pas en cause directement Donald Trump qui a pourtant, en octobre, annoncé le retrait américain du traité INF sur le démantèlement de missiles signé par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev. Le président américain avait alors accusé Moscou de ne pas respecter ce traité. « Nous assistons en fait à l’effondrement de l’ordre international du contrôle des armements et au début d’une course aux armements », a regretté Vladimir Poutine qui a prévenu telle une menace : « nous assurerons notre propre sécurité, comme nous savons le faire ».

Le chef du Kremlin a pareillement lancé une contre-offensive sur le front des sanctions. Non pas contre Donald Trump. Mais contre le Congrès et l’administration américaine qui préparent de nouvelles mesures contre Moscou en début d’année prochaine, notamment dans le cadre de l’affaire de l’empoisonnement de l’ex espion russe en Angleterre Sergueï Skripal. « Nous avons déjà prouvé que notre économie sait s’adapter », a insisté Vladimir Poutine, montrant que la menace de ces nouvelles mesures américaines contre Moscou ne l’inquiète pas. « S’il n’y avait pas eu Skripal, ils auraient imaginé autre chose. Leur objectif est simple : freiner le développement de la Russie vue comme une possible concurrente », a-t-il déclaré. Et, au passage, le chef du Kremlin a accusé l’opposition démocrate à Washington de « manquer de respect » pour les électeurs de Donald Trump, une nouvelle fois largement ménagé de ses critiques envers les occidentaux.

(24 heures)

Créé: 20.12.2018, 20h10

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