Le PS français veut lancer un Front populaire bis

La RochellePlus divisé que jamais, le Parti socialiste annonce un combat «contre la droite qui se droitise».

Jean-Christophe Cambadélis du PS fait son entrée avec Emmanuelle Cosse d'EELV, de Jean-Luc Bennahmias du Front Démocrate ou encore de Corinne Lepage du Rassemblement citoyen. Il était important de montrer que les gauches peuvent se parler, voire s'unir...

Jean-Christophe Cambadélis du PS fait son entrée avec Emmanuelle Cosse d'EELV, de Jean-Luc Bennahmias du Front Démocrate ou encore de Corinne Lepage du Rassemblement citoyen. Il était important de montrer que les gauches peuvent se parler, voire s'unir... Image: AFP

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Contre l’«extrémisation» de la droite française, le Parti socialiste veut lancer en 2016 une Alliance populaire. Version bis du Front populaire de 1936. En ouverture de l’Université d’été de son parti qui se tient, depuis hier et jusqu’à dimanche, à La Rochelle, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis l’a esquissé. Sa priorité? Rassembler une majorité en lambeaux. Refonder une union des gauches qui puisse tenir le choc lors de la présidentielle de 2017 et éviter à François Hollande d’être laminé dès le 1er tour.

Si nous restons divisés, la gauche laissera s’installer le combat entre les droites comme seul choix pour la société française. Nous devons lancer une nouvelle alliance: l’Alliance populaire», explique d’un ton pénétré Jean-Christophe Cambadélis. Le premier secrétaire du PS se payera-t-il de mots dans une tentative de ressusciter les heures mythiques de la gauche française? Celle du Front populaire, des acquis sociaux comme les congés payés et les conventions collectives qui avaient été rendus possible par l’union des différentes gauches face à la montée des mouvances fascistes des années 30.

La stratégie du PS devrait y rassembler et en appellera à cette référence. Dès janvier 2016, des collectifs seront créés au niveau local, dans plus de 2000 cantons, soutenus par des appels aux citoyens et aux associations de sensibilité de gauche. Une version française de la formation espagnole Podemos qui devra être une force «citoyenne et populaire». «Populaire est le mot important», souligne un cadre de la direction du PS.

Rediaboliser le FN

Et dès dimanche lors de son discours de clôture, Jean-Christophe Cambadélis chauffera la colle. Il a d’ailleurs déjà commencé. «Dans notre pays, des femmes et des hommes en colère s’expriment par la radicalité de leur choix. Cette force électorale non négligeable conduit Nicolas Sarkozy à se lancer dans une course-poursuite derrière un FN sous la bannière de Florian Philippot», estime Jean-Christophe Cambadélis. Sans hésiter à faire l’amalgame entre le FN et les Républicains de Sarkozy.

Dans ce contexte, le premier secrétaire du PS a choisi de minimiser les différences qui s’expriment au sein de son parti et qui alimentent les polémiques au quotidien. «L’important est de ne pas surréagir à chaque provocation. Nous ne devons pas participer à la fragmentation de la gauche!» répond-il aux interrogations nombreuses sur les déclarations du ministre de l’Economie Emmanuel Macron qui a fustigé les 35 heures devant les patrons français jeudi dernier.

De même, il a commenté avec prudence les démissions chez les écologistes d’EELV de François de Rugy et de Jean-Vincent Placé. Qui pourtant font mouvement vers le PS. «On ne se réjouit pas d’une crise au sein d’un parti de gauche. Car demain, d’autres écologistes pourraient tirer les mêmes conclusions», glisse sobrement Jean-Christophe Cambadélis.

Et prenant soin de ne pas prendre position et de laisser toutes les portes ouvertes, le premier secrétaire du PS fait encore allusion à l’histoire et souligne: «La gauche a toujours été un espace de polémiques et de débats, mais elle a aussi toujours montré sa capacité à se rassembler face à l’adversité.»

Pour preuve – il insiste – sont représentés à ces universités d’été du PS des dirigeants d’EELV, du Parti communiste, du Parti radical de gauche ou encore du Front démocrate. Autant de gauches à souder face à «ces droites qui se droitisent».

Créé: 28.08.2015, 20h36

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