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Six salariés d'Air France placés en garde à vue

Manuel Valls et François Hollande avaient promis des sanctions. L'Etat possède 17% du capital d'Air France.

Le directeur des ressources humaines d'Air France s'était fait arracher la chemise lors d'une manifestation en 2015. Quatre ex-employés de la compagnie ont été condamnés ce mercredi en appel à des peines de 3 à 4 mois de prison avec sursis. (23 mai 2018)
Le directeur des ressources humaines d'Air France s'était fait arracher la chemise lors d'une manifestation en 2015. Quatre ex-employés de la compagnie ont été condamnés ce mercredi en appel à des peines de 3 à 4 mois de prison avec sursis. (23 mai 2018)
archive/photo d'illustration, AFP
Jean-Marc Janaillac au centre, CEO d'Air France-KLM lors de l'audience du procès de chemise arrachée à Paris, ce 30 novembre 2016. Des syndicalistes ayant agressé deux cadres lors d'une manifestation, écopent de 3 à 4 mois de prison avec sursis (mercredi 30 novembre 2016)
Jean-Marc Janaillac au centre, CEO d'Air France-KLM lors de l'audience du procès de chemise arrachée à Paris, ce 30 novembre 2016. Des syndicalistes ayant agressé deux cadres lors d'une manifestation, écopent de 3 à 4 mois de prison avec sursis (mercredi 30 novembre 2016)
Reuters
Des centaines d'employés ont manifesté après que Air France a annoncé son intention de supprimer près de 3000 emplois dans les deux ans à venir. (5 octobre 2015)
Des centaines d'employés ont manifesté après que Air France a annoncé son intention de supprimer près de 3000 emplois dans les deux ans à venir. (5 octobre 2015)
Reuters
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Une semaine après les violences spectaculaires à Air France, six salariés de la compagnie ont été placés en garde à vue lundi, provoquant de nombreuses réactions à gauche et chez les syndicats, qui dénoncent la «criminalisation» du personnel.

Quatre salariés de la branche Cargo et d'Air France Industries ont été arrêtés «sans incident» vers 06 heures à leur domicile, puis un cinquième plus tard, a-t-on appris auprès du parquet de Bobigny et de sources policières. Selon le parquet, une sixième personne a été «placée en garde à vue dans la matinée». La garde à vue d'un des six salariés a été levée en fin de journée.

D'après une source proche du dossier, certains ont un mandat syndical à la CGT. «On tente de criminaliser l'action syndicale et les salariés», a réagi Miguel Fortea, secrétaire général de la CGT Air France, à l'occasion d'un rassemblement de soutien qui a réuni quelque 150 personnes à Roissy.

Aux côtés de personnalités du Front de gauche, de la LCR et de LO notamment, le numéro un du PCF, Pierre Laurent, a dénoncé des méthodes d'«intimidation» qui sont «indignes de la République». Clémentine Autain (Ensemble) a regretté la «criminalisation de l'action syndicale des salariés», en déplorant une «incompréhension de la colère sociale» et une «victimisation du patronat».

Duflot et Mélenchon

Plus tôt, l'ancienne ministre écologiste Cécile Duflot (EELV) a fustigé sur Twitter des gardes à vue faites «pour humilier». Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) a évoqué un «jour de deuil», alors que des salariés sont «arrêtés pour fait de lutte».

«C'était un cri de colère, pas un lynchage», a déclaré Marc Hoquet, mécanicien et délégué Sud, lundi lors du rassemblement. «Le gouvernement et la direction étaient muettes» alors que près de «3000 personnes vont être précipitées vers Pôle emploi».

Enquête du parquet

Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête, confiée à la police aux frontières, compétente en zone aéroportuaire.

Au moins dix plaintes ont été déposées: celles de six vigiles et trois cadres de l'entreprise pour des «violences» et celle d'Air France pour «entrave au CCE» et «dégradations». Une enquête interne à la compagnie a également permis d'identifier une dizaine de salariés comme impliqués dans ces violences.

Parallèlement à ces interpellations, les premières notifications de sanctions devaient être envoyées lundi aux salariés identifiés comme ayant participé aux incidents, a affirmé une source proche du dossier, sans préciser le niveau de sanction. La direction d'Air France avait fait savoir que ces sanctions disciplinaires pourraient aller jusqu'au licenciement.

Tour de table

Après avoir renoué le dialogue vendredi avec les syndicats de pilotes, la direction a poursuivi son tour de table lundi notamment avec l'Unac.

Air France lancera un plan social «à partir de janvier» en cas d'échec des négociations fin 2015 sur de nouvelles mesures de productivité, a expliqué Flore Arrighi, présidente du syndicat de PNC (stewards et hôtesses).

La direction se donne deux mois et demi pour parvenir à un accord permettant d'éviter la totalité des 2900 suppressions de postes envisagées. Jusqu'à présent, elle s'est heurtée au refus des syndicats sur sa principale demande: faire voler les navigants une centaine d'heures de plus par an, à salaire égal.

(AFP)

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