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Ramadan admet «une relation» avec l’une de ses accusatrices

L’avocat de l’islamologue n’en dévoile pas la nature. Mais une robe noire pourrait changer sa ligne de défense.

Les choses se compliquent pour Tariq Ramadan
Les choses se compliquent pour Tariq Ramadan
Alessandro Bosio / Getty Images

Il y avait la petite robe bleue d’une stagiaire à la Maison-Blanche qui donna bien des tourments au président Clinton. Aujourd’hui, c’est une petite robe noire qui inquiète la défense de Tariq Ramadan. Trois plaintes en France et une à Genève pour viols ont été déposées contre l’islamologue genevois.

La troisième plaignante française, surnommée «Marie», a remis aux enquêteurs une robe noire tachée, selon elle, par le sperme de Tariq Ramadan. Une analyse ADN est en cours pour confirmer ou infirmer les dires de «Marie». Cette dernière a également transmis à l’instruction de nombreux messages écrits ou audio qu’elle a échangés avec Ramadan.

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L'édito: Penser à l'après-Ramadan

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Son défenseur français, Me Emmanuel Marsigny, a déclaré jeudi aux médias, à propos des explications de la troisième plaignante: «Il reconnaît effectivement avoir eu une relation avec elle, mais qui n’était pas ce qu’elle a décrit. Il s’expliquera quand il sera interrogé par les juges.» L’avocat ne précise pas la nature, sexuelle ou non, de leurs relations. Toutefois, mercredi dernier, «Libération» relate une confidence faite à ce quotidien par une source proche des Musulmans de France (anciennement UOIF, branche française des Frères musulmans) indiquant que «Tariq Ramadan admettrait avoir eu des relations sexuelles avec la troisième femme qui a porté plainte contre lui».

Sperme ne dit pas viol

D’ailleurs, Me Marsigny a allumé jeudi un contre-feu à «20 minutes»: «Si l’analyse démontre qu’il s’agit du sperme de Tariq Ramadan, cela ne signifie pas qu’elle a été violée, comme elle le prétend.» Ce point de vue est partagé par le défenseur genevois Me Marc Bonnant, qui se refuse à en dire plus, n’étant pas en charge du dossier français.

Tariq Ramadan est désormais placé au pied du mur et devra choisir son système de défense. Soit il continue à nier tout rapport sexuel avec les femmes qui l’accusent, mais si l’analyse ADN démontre que les taches sur la robe noire proviennent de son sperme, ses dénégations risquent fort de se retourner contre lui. Soit il admet avoir eu des rapports sexuels avec ces personnes, tout en prétendant éventuellement qu’elles étaient consentantes.

Le péché capital du Zinâ’

Ce choix embarrasse vraisemblablement l’islamologue genevois. S’il avoue des rapports hors mariage, même consentis, il commet aux yeux de l’islam le Zinâ’, qui regroupe les notions d’adultère et de fornication (relations sexuelles hors du cadre du mariage). Selon le site MuslimFr.com, «le Zinâ’sous toutes ses formes est strictement interdit en islam et est considéré comme un péché capital».

Le site s’appuie sur le verset 32 de la sourate 17 du Coran: «Ne vous approchez pas de la fornication. C’est une abomination et une voie pleine d’embûches.» Dès lors s’il admet cette faute, Tariq Ramadan risque de perdre tout crédit auprès des musulmans qui l’ont suivi et soutenu jusque-là, lui qui a toujours prêché les bonnes mœurs islamiques.

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