Les régions défient Madrid sur les sans-papiers

EspagneQuatre régions passées à gauche réhabilitent des aides sociales. Le gouvernement de Mariano Rajoy menace.

Mariano Rajoy

Mariano Rajoy Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Ils exposent le pays à des millions d’euros d’amende et à la suspension d’aides européennes!» C’est en substance les critiques qu’a formulées jeudi dernier devant le congrès espagnol le secrétaire général à la santé, Rubén Moreno, à l’égard des quatre gouvernements régionaux de la Communauté de Valence, des Baléares, de Cantabrie et d’Aragon.

Leur tort? Ces quatre communautés autonomes, qui ont changé de couleur politique lors des élections régionales et muni pales de mai, ont réintroduit des aides sociales permettant à des étrangers sans papier d’avoir accès gratuitement à un minimum de soins. Une mesure qui s’inscrit dans la volonté affichée de ces nouveaux leaderships de détricoter les mesures d’austérité et de fermeture voulues par le pouvoir central, aux mains du Parti populaire.

Le gouvernement de Mariano Rajoy menace maintenant ces régions de les attaquer pour «atteinte aux compétences de l’Etat». Et il le fait en tenant un discours alarmiste sur les conséquences de telles politiques: selon le secrétaire général à la Santé, l’Union européenne pourrait sévir, dans la mesure où les dispositions prises permettront à des Européens sans droit de résidence (par exemple certains travailleurs de pays de l’Est) qui ne paient pas leurs assurances dans leur pays d’origine de venir pomper les aides sociales en Espagne. En 2011, le pays aurait déjà été menacé de sanctions par la Commission européenne, dit-il.

Cités par El País, des responsables de ces gouvernements autonomes démontent les arguments catastrophistes du pouvoir central. En aucun cas, disent-ils, les dispositions qu’ils ont prises ne permettront à des Européens ayant accès au système de santé dans leur pays d’origine de bénéficier des aides prévues.

Il s’agit seulement de permettre à des gens très démunis, des migrants sans papier, d’avoir accès à un minimum de soins. A Valence, la responsable de la santé Carmen Stack a assuré au journal madrilène que les menaces ne l’intimidaient pas: «Il est parfaitement immoral que le gouvernement évoque des problèmes de compétences quand il s’agit de protéger des vies humaines», confie-t-elle, en soulignant que le Conseil de l’Europe, lui, avait jugé en janvier 2014 que les sans-papiers ne pouvaient être exclus de l’accès aux soins. .

Créé: 23.08.2015, 22h57

Articles en relation

L'Espagne, l'Autriche et l'Estonie donnent leur feu vert au plan d'aide

Crise grecque L'Espagne, l'Autriche et l'Estonie ont donné leur feu vert mardi au troisième plan d'aide financière en faveur de la Grèce. Les députés allemands du Bundestag doivent se prononcer mercredi. Plus...

Madrid efface les noms franquistes de ses rues

Espagne La Mairie de la capitale va rebaptiser les artères, parcs et bâtiments rappelant l’époque de la dictature Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.