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Union europénneLe report du Brexit est «possible», selon Paris

Selon la ministre française des affaires européenes, un report de la date du 29 mars est envisageable. Il n'aurait en revanche pas de sens pour son homologue allemand.

À la chambre des Communes, le traité conclu par Theresa May n'a obtenu que 202 voix contre 432, la plus lourde défaite essuyée par un dirigeant britannique depuis les années 1920.

Un report de la date du 29 mars pour le Brexit est «juridiquement et techniquement possible» si les Britanniques le demandent, a assuré mercredi la ministre française chargée des affaires européennes, Nathalie Loiseau. «Au moment où on en parle, ce n'est qu'une hypothèse, puisque madame May ne l'a jamais demandé, ni personne de son entourage», a-t-elle cependant nuancé sur la radio France Inter.

«Juridiquement, techniquement, c'est possible. Il faut que les Britanniques le demandent et il faut qu'il y ait un accord à l'unanimité des 27 autres membres de l'Union européenne pour dire : d'accord, vous aviez choisi la date du 29 mars pour sortir, vous nous demandez, OK, on repousse ».

«Mais pour combien de temps et pour quoi faire ?», a-t-elle demandé. «Parce que si c'est pour nous dire qu'il faut davantage de concessions européennes, là on sera embarrassé».

Pas de sens pour Berlin

Un report de la date du Brexit, prévu le 29 mars, n'aurait pas de «sens» tant que cette option n'a pas de majorité au Parlement britannique, a estimé de son côté mercredi le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas.

Au lendemain du rejet par les députés britanniques de l'accord négocié sur le Brexit, la ministre française a rappelé que, pour l'ensemble des autres membres de l'UE, cet accord longuement négocié reste «le seul possible».

«Ce texte ne peut pas être rouvert», a-t-elle affirmé. «On a vraiment exploré toutes les options. Si on veut une séparation ordonnée et qui permette que dans l'avenir le Royaume-Uni reste proche de l'Union européenne, c'est ce texte. Les autres options (...) c'est soit pas d'accord, soit pas de Brexit». «Dépêchez-vous» a-t-elle lancé aux autorités britanniques, «car le 29 mars, c'est demain».

Risque élevé d'un no deal

«Jamais le risque d'un no deal n'a paru aussi élevé», a averti le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, Michel Barnier, mercredi devant les eurodéputés à Strasbourg. «Notre résolution reste d'éviter un tel scénario mais nous avons la responsabilité d'être lucides. C'est la raison pour laquelle, de notre côté, nous allons intensifier nos efforts pour être préparés à cette éventualité», a-t-il dit.

Calme à la bourse

À la chambre des Communes, le traité conclu par Theresa May n'a obtenu que 202 voix contre 432, la plus lourde défaite essuyée par un dirigeant britannique depuis les années 1920. Ce vote historique a plongé le Royaume-Uni dans le flou quant à son avenir, à deux mois et demi du Brexit.

La Bourse de Londres a ouvert en légère hausse de 0,22% mercredi, réagissant avec calme à ce rejet.

AFP

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