Réunion secrète sur un possible Brexit doux

Royaume-UniDes ministres britanniques et le Labour ont discuté d'une option que Theresa May refuse: le Brexit doux.

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Des ministres de premier plan du gouvernement conservateur britannique de Theresa May et des membres des travaillistes, tenants d'un Brexit «doux», ont discuté secrètement pour encourager cette solution, indique The Telegraph. La première ministre est partisane d'un Brexit «dur».

Selon le quotidien de mardi, ces discussions entre des responsables conservateurs et travaillistes ont pour but de forcer Theresa May à faire des compromis sur l'immigration, l'union douanière et le marché unique.

Elles impliqueraient certains des membres les plus importants du cabinet de la première ministre, qui vient d'essuyer un revers aux élections législatives où son parti a perdu sa majorité absolue à la chambre des communes, indique le journal. Il serait aussi question d'avoir d'une commission pluripartite sur le Brexit.

May au courant

Theresa May est «consciente» de l'existence de ces négociations, mais n'aurait rien fait jusqu'à présent pour y mettre fin, poursuit The Telegraph.

La première ministre britannique est partisane d'un Brexit «dur», scénario dans lequel le Royaume-Uni quitterait le marché unique européen, fermerait ses portes à l'immigration européenne et sortirait de la Cour de justice européenne. Theresa May se réservait aussi la possibilité de quitter l'UE «sans accord plutôt qu'avec un mauvais accord».

Les avocats d'un Brexit «doux» souhaitent quant à eux le maintien d'un accès au marché unique et ne veulent pas entendre parler d'une sortie sans accord.

Revoir ou persister ?

Pour certains, le fiasco électoral enregistré jeudi par la Première ministre britannique pourrait rebattre les cartes en ce qui concerne la sortie de l'UE du Royaume-Uni. «May a perdu son autorité concernant le Brexit et tout le reste. Toutes les options sont à nouveau sur la table», juge Stephen Barber, un expert de la London South Bank University, interrogé par l'AFP.

Les pro-douceur se sont d'ailleurs rapidement fait entendre. A peine le résultat des élections tombé, le ministre des Finances Philip Hammond, en faveur de l'UE par pragmatisme économique, a appelé Theresa May à penser aux «emplois d'abord», selon les médias britanniques. Et la dirigeante du parti conservateur écossais Ruth Davidson, qui a obtenu 13 précieux sièges aux législatives de jeudi, veut aussi que la Première ministre envisage le Brexit autrement, déclarant, samedi : «J'ai toujours dit que je préférais un Brexit ouvert à un Brexit fermé».

Le Parti démocrate unioniste (DUP) d'Irlande du Nord pourrait aussi se révéler stratégique dans l'équation Brexit puisque c'est avec lui, et ses dix députés, que Theresa May tente de faire alliance pour obtenir la majorité absolue au Parlement de Westminster.

Des points pour le Brexit doux

Or s'il est pour la sortie de l'UE, le DUP reste attaché, comme nombre de Nord-Irlandais, à l'absence de frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande. Et sa dirigeante Arlene Foster a clamé haut et fort dans la presse: «Personne ne veut d'un Brexit dur».

Par conséquent, pour le directeur général du géant de la publicité WPP, Martin Sorrell, cité par le quotidien économique gratuit City A.M., le résultat de ces élections a «paradoxalement» renforcé les chances d'avoir un Brexit «doux».

Spéculations

Theresa May n'a toutefois donné aucun signe d'éventuel adoucissement de sa stratégie sur la sortie de l'UE. Et lundi, le ministre chargé du Brexit, David Davis a rejeté l'idée de revoir la copie du Brexit. Sortir de l'Europe, a-t-il expliqué, «nous entraîne en dehors du marché unique, que cela nous plaise ou nous».

L'entrée de Michael Gove au gouvernement plaide aussi en faveur du maintien de cette ligne. Daniel Vernazza, chef économiste Royaume-Uni de la banque UniCredit, estime quant à lui que les tenants du Brexit «dur» au sein des conservateurs sont «mieux organisés» et «vont prendre (Theresa May) en otage».

Pour l'éditorialiste du Financial Times Wolfgang Munchaü, «le degré de dureté ou de douceur du Brexit ne dépend pas unilatéralement des électeurs britanniques» mais aussi de la position des 27 autres membres de l'UE. (afp/ats/nxp)

Créé: 13.06.2017, 03h07

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