A La Rochelle, le «beau gâchis» du Parti socialiste

FranceLe PS voulait se rassembler. Au-delà des discours, c’est la division qui prime. L’union des gauches est mal engagée. Reportage.

Le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis (à g.) et le premier ministre Manuel Valls.

Le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis (à g.) et le premier ministre Manuel Valls. Image: AFP

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«C’est un beau gâchis!» Hugo, jeune militant socialiste d’à peine 20 ans venu de Lyon, cherche des raisons d’y croire encore. «Mais c’est mal engagé, non?» En effet, le mot d’ordre de l’université d’été du PS, qui s’est conclue dimanche à La Rochelle, était «Agir en commun» avec pour thèmes des sujets consensuels: la COP21 (Conférence de Paris sur le climat) et les Régionales. En petite musique de fond, c’est un front populaire contre la «droitisation de la droite» que le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis a joué. Il espère en effet ressouder les gauches avec pour horizon la présidentielle de 2017.

Au final de ce week-end rochelais, c’est la cacophonie des militants socialistes qu’on retient. La petite phrase du ministre de l’Economie Emmanuel Macron, qui a remis en cause les 35 heures jeudi devant les patrons, a mis en évidence les divergences. Le rétropédalage du ministre – qui dit s’interroger sur le rapport des Français au travail et non pas sur le nombre d’heures – comme les différentes mises au point ont rythmé cette université d’été du PS.

«Quand on gouverne, chaque mot est important», recadre le premier ministre Manuel Valls, non sans qualifier le jeune ministre de «talent». Le ministre des Finances Michel Sapin, lui, refuse d’en parler: «Je veux des baisses d’impôts pour les plus modestes», répète-il comme un mantra alors que les journalistes l’interpellent. Pour le coup, Jean-Christophe Cambadélis, qui rencontrera Emmanuel Macron cette semaine pour une mise au point, s’est épuisé à jouer les rassembleurs.

Agréger les gauches via les citoyens

A chaque intervention, le premier secrétaire du PS tire sur la «droitisation de la droite» et en appelle à une alliance populaire des gauches. Un Front populaire bis (notre édition de samedi) en réaction à la montée des «extrémismes». Lancée dès janvier 2016, cette union passera par une stratégie d’agrégation des mouvements dont le point commun est le combat contre la droite.

Radicaux de gauche, Front démocratique, écologistes de EELV ou de Génération écologie et Parti communiste, sans oublier la nébuleuse des associations et collectifs humanitaires, sociaux et écolo sont dans le viseur du PS. Bertrand – la quarantaine – y croit dur comme fer. «Evidemment que le combat contre la droite va nous rassembler. D’ici à un an, nous serons prêts, ensemble. D’ailleurs, contrairement à ce qui se répète, nous ne sommes pas démobilisés. Nous avons besoin de temps pour réaliser le redressement de la France après vingt ans de droite au pouvoir, c’est tout», s’enflamme ce militant en Ile-de-France.

Faire mordre la poussière au PS

Beaucoup plus circonspecte, Karine hésite et espère que les «convictions communes seront plus fortes que les divergences». Mais cette militante du Calvados soupire en pensant aux Régionales de décembre: «Il faudra commencer par expliquer ce qui a été fait par le PS dans les régions pour ne pas payer la facture de ce qui n’a pas été fait au plan national.»

Le jeune militant socialiste des Bouches-du-Rhône, Hugo, est lui carrément pessimiste. «Une alliance pour 2017? Evidemment qu’on va essayer de jouer cette carte. C’est la seule qui reste. Mais est-elle jouable? Les autres gauches sont très remontées contre nous. La ligne anti-PS marque des points. Tous rêvent de nous faire mordre la poussière. A croire qu’ils ne veulent pas que la gauche gagne en 2017!»

Créé: 30.08.2015, 19h08

Manuel Valls écrase François Hollande

Manuel Valls écrase François Hollande dans un sondage. Selon le Journal du Dimanche (JDD) paru hier, 45% des sympathisants de la gauche (35% pour les PS) affirment que le premier ministre doit représenter le PS lors de la présidentielle de 2017. Le président de la République, avec 30% des voix de gauche (22% chez les PS), est nettement distancé et se fait aussi doubler par Martine Aubry (28% à gauche; 19% au PS).

Mais la candidature de Manuel Valls n’est pas à l’ordre du jour. En revanche, ce sondage mesure à quel point il est devenu l’homme fort du PS. Lors de la primaire en 2011, il n’avait obtenu qu’un petit 5,6%.

C’est dans ce contexte, favorable sur le plan personnel mais chahuté pour un PS et une gauche divisés comme jamais que Manuel Valls a appelé, en clôture de l’université d’été du PS à La Rochelle, à l’union avec les écologistes pour les régionales de décembre. Il a aussi violemment attaqué un Sarkozy qu’il accuse de «courir après le FN».

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