Sarkozy et la justice, c’est la course-poursuite

FranceLa Cour d’appel valide les écoutes téléphoniques de Nicolas Sarkozy. L’ex-chef d’Etat reste mis en examen.

<b>Nicolas Sarkozy, ex-président de la République française.

Nicolas Sarkozy, ex-président de la République française. Image: AFP

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«On y est! On savait que le retour en politique de Nicolas Sarkozy allait être compliqué par l’agenda judiciaire. C’est la course-poursuite à laquelle on s’attendait.» Le politologue Pascal Perrineau n’est guère surpris de voir l’ombre d’un procès planer sur l’ex-président de la République. Hier, en effet, la Cour d’appel de Paris a validé la légalité des écoutes de Nicolas Sarkozy et de son avocat, Me Thierry Herzog.

La procédure judiciaire, un temps en suspens, pourra donc se poursuivre et compromettre les desseins d’un Nicolas Sarkozy qui entend briguer un nouveau mandat présidentiel en 2017. Mais pour l’instant, il reste mis en examen pour «corruption active» et «trafic d’influence». Les conversations dès maintenant versées à l’instruction, et qui ont largement fuité dans la presse, confirmeraient le soupçon selon lequel Nicolas Sarkozy a sollicité un haut magistrat pour qu’il influe en sa faveur dans le dossier Bettencourt. En échange, il aurait promis de faciliter l’obtention d’un poste de prestige à Monaco.

Depuis le début de cette énième affaire (neuf en tout), Nicolas Sarkozy et son avocat mettent en doute l’impartialité de la justice. Et vont encore faire appel de la décision. «Sérénité et détermination! L’alternance aura lieu en 2017. Elle est en marche. Personne ne l’arrêtera.» C’est la ligne de défense adoptée par les lieutenants du président de l’UMP, désormais entièrement occupé à remettre de l’ordre dans sa formation politique.

«La stratégie de la citadelle assiégée fonctionne toujours auprès des militants de l’UMP. Surtout s’il insiste sur sa position de politicien traqué», analyse Pascal Perrineau. L’ex-président de la République pourrait donc sortir renforcé de cette procédure auprès du noyau dur des militants. A moins qu’il ne soit condamné et donc inéligible.

«Mais c’est désespérant pour les Français de voir un FN qui tangue, un PS en capilotade, une UMP qui semblait remise sur les rails à nouveau engluée dans une affaire. Il n’y a aucun pôle politique qui sait se rendre désirable en France. Pas de quoi se réjouir…» se lamente le professeur de Sciences Po Paris.

Par ailleurs, hier encore, l’ancien conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, Franck Louvrier, a été placé en garde à vue dans le cadre de l’affaire Bygmalion. Cette dernière concerne le système présumé de fausses factures durant la campagne présidentielle de 2012. Dix personnes sont d’ores et déjà mises en examen dans cette fraude avérée de plus de 18 millions d’euros.

Créé: 08.05.2015, 08h14

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