Les séparatistes poussent leur avantage avant Minsk

Ukraine/RussieUn bastion pro-Kiev a été bombardé à la veille d'un sommet crucial pour la paix en Ukraine. Les séparatistes ont fait part de leurs propositions.

Ce lundi 10 février, un missile près du quartier général ukrainien à Kramatorsk.

Ce lundi 10 février, un missile près du quartier général ukrainien à Kramatorsk. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les séparatistes prorusses ont présenté mardi 10 février leurs propositions de règlement aux négociateurs réunis à Minsk à la veille d'un sommet crucial pour la paix en Ukraine, tandis que Barack Obama a mis en demeure Vladimir Poutine de trouver une solution pacifique au conflit dans l'est de ce pays.

Des bombardements meurtriers sur Kramatorsk, bastion des forces de Kiev dans l'est de l'Ukraine où les violences ont fait 37 morts en 24 heures, avaient précédé cette réunion dans la capitale biélorusse, qui s'est achevée après deux heures de discussions.

«Nous avons soumis aux participants du Groupe de contact un projet de protocole qui prévoit une série de mesures en vue d'un règlement politique et militaire», a déclaré à Minsk l'émissaire de la république autoproclamée de Donetsk Denis Pouchiline, cité sur le site internet séparatiste officiel.

«Trop tôt pour parler d'un cessez-le-feu»

Le Groupe de contact, composé de représentants de Kiev, de Moscou et de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), «a promis de donner une réponse», a-t-il ajouté, soulignant qu'«il est trop tôt pour parler d'un cessez-le-feu».

A l'issue des pourparlers, l'ex-président ukrainien Léonid Koutchma, l'ambassadeur de Russie à Kiev Mikhaïl Zourabov, la représentante de l'OSCE Heidi Tagliavini et les émissaires des deux républiques séparatistes d'Ukraine orientale, Denis Pouchiline et Vladislav Deïnego («République» de Lougansk), ont quitté une résidence officielle de la capitale biélorusse, a constaté un journaliste de l'AFP.

Ces négociateurs étaient chargés d'affiner les positions des uns et des autres en vue du sommet de la dernière chance de mercredi, également à Minsk, entre les présidents russe Vladimir Poutine, ukrainien Petro Porochenko, français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel pour tenter de mettre fin à un conflit, qui a fait plus de 5.300 morts en dix mois.

Poutine invité à «saisir l'occasion»

De son côté, exprimant son inquiétude sur «le soutien continu de la Russie aux séparatistes», le président américain Barack Obama a prévenu au téléphone le président russe Vladimir Poutine que l'échec de ces négociations de paix organisées à l'initiative de la France et de l'Allemagne aurait des conséquences pour Moscou.

Barack Obama a «souligné l'importance pour le président Poutine de saisir l'occasion» de ces pourparlers «pour tenter de trouver une solution pacifique au conflit», avertissant que «si la Russie continue ses actions agressives en Ukraine, en envoyant notamment des soldats, des armes et en finançant les rebelles, le prix à payer pour la Russie augmentera», selon un communiqué de la Maison Blanche.

Au cours d'un autre entretien téléphonique, Barack Obama et Petro Porochenko ont dit espérer des «progrès» mercredi.

«Ferme volonté d'aboutir» à un accord

François Hollande a affirmé aller à Minsk avec Angela Merkel avec «la ferme volonté d'aboutir» à un accord en vue de rétablir la paix en Ukraine, tandis que le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier s'est entretenu au téléphone avec ses homologues russe et ukrainien «pour plaider en faveur d'un compromis sur les questions difficiles».

S'il n'a pas été rendu public, le plan franco-allemand vise à faire appliquer les accords de paix conclus en septembre dans la capitale biélorusse, mais plusieurs points restent en suspens.

L'Ukraine insiste notamment sur le respect de la ligne de front telle qu'elle existait en septembre, alors que les séparatistes occupent 500 km2 supplémentaires depuis.

«Fédéralisation» ou «décentralisation»

Concernant le «statut des territoires» conquis par les rebelles, Moscou insiste sur une «fédéralisation», quand l'Ukraine ne parle que de «décentralisation».

Autre pomme de discorde : la question de la surveillance de la frontière ukraino-russe dans les territoires aux mains des rebelles. Kiev propose de la contrôler en commun avec l'OSCE, mais Moscou, estimant que cette question n'est pas de son ressort, exige du gouvernement ukrainien qu'il se mette d'accord avec les rebelles, d'après une source gouvernementale ukrainienne.

Les roquettes pleuvent sur Kramatorsk

Sur le terrain, les violences se sont propagées à un endroit très symbolique : Kramatorsk, ville de 200'000 habitants reprise par l'armée ukrainienne aux rebelles en juillet où une attaque au lance-roquettes multiples Smertch a visé mardi l'état-major, provoquant la mort d'au moins quinze civils et militaires.

Les roquettes parsemaient le centre-ville et de nombreux habitants interrogés par l'AFP accusaient le président russe d'être responsable de cette attaque.

«Avec les compliments de Poutine ! Qui d'autre aurait pu faire ça ?», lançait un passant en observant devant lui une roquette n'ayant pas explosé, dont le nez était enfoncé dans le sol gelé.

Avancer avant de négocier

L'armée ukrainienne et les rebelles prorusses semblaient chercher à s'emparer du plus de terrain possible pour arriver en position de force à la table des négociations.

Au sud de la ligne de front, les troupes ukrainiennes ont annoncé avoir déclenché une contre-offensive et repris le contrôle de trois villages à l'est du port de Marioupol, une des dernières grandes villes de la région sous contrôle ukrainien.

A Dokoutchaivsk, à 35 kilomètres au sud de Donetsk, un journaliste a entendu mardi des tirs d'artillerie et constaté que des combats intenses s'y étaient déroulés. (ats/nxp)

Créé: 10.02.2015, 19h37

Articles en relation

Merkel présente à Obama un plan de paix pour l'Ukraine

Washington En visite aux USA, Angela Merkel a présenté un plan de paix à Barack Obama. Le président américain a, lui, laissé la porte ouverte à des livraisons d'armes à l'Ukraine. Plus...

«Poutine veut installer un pouvoir prorusse à Kiev»

Crise ukrainienne Editorial Avant le sommet de Minsk, s’il se tient, la Russie vise toujours à déstabiliser le pouvoir en Ukraine. Entretien. Plus...

Vladimir Poutine pose ses conditions pour le prochain sommet à Minsk

Crise en Ukraine Vladimir Poutine, François Hollande, Angela Merkel et le président ukrainien Petro Porochenko ont convenu dimanche de se réunir à Minsk (Bélarus) mercredi pour discuter d'un plan de paix pour l'Ukraine. Plus...

Les Occidentaux pressent Kiev et Moscou d'agir pour la paix

Crise en Ukraine Les Occidentaux ont demandé samedi au président russe Vladimir Poutine des «actes» pour amener la paix en Ukraine. Ils ont aussi pressé Kiev d'accepter «les décisions nécessaires». Plus...

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.