Un service national universel pour recoller la France

Société2000 volontaires de 15 et 16 ans démarrent leur formation dans 13 départements français depuis ce dimanche 16 juin 2019.

De jeunes volontaires arrivent au centre d'Orcines dans le département du Puy-de-Dôme(FR)

De jeunes volontaires arrivent au centre d'Orcines dans le département du Puy-de-Dôme(FR) Image: @Twitter Préfète du Puy-de-Dôme

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Le Service national universel (SNU) est un projet majeur pour créer une démocratie plus unie et accroître la résilience de notre société», annonçait le président français Emmanuel Macron au cours de sa campagne électorale de 2017. Cette promesse connaît depuis dimanche une ébauche de réalisation. Pour la première fois, 2000 adolescentes et adolescents de 15 à 16 ans sont répartis dans treize départements dont la Guyane. Ils commencent l’étape initiale de leur parcours, à savoir un «stage de cohésion» de douze jours qui se déroule dans des «centres SNU» (internats, centres de vacances et autres établissements avec dortoirs).

Ces jeunes sont envoyés dans un département qui n’est pas le leur et viennent de recevoir leur paquetage comprenant un uniforme bleu marine avec deux cocardes SNU, avant de prendre connaissance des règles de la vie en commun. L’encadrement paraît plutôt hétéroclite puisqu’il peut être assuré par des militaires, des animateurs ou des éducateurs.

Les «recrues» devront se lever à 7 heures, saluer les couleurs, chanter «La Marseillaise», comme le firent jadis leurs grands-pères. Mais la comparaison s’arrête-là: pas de maniement d’armes, ni de grandes manœuvres. Après ce stage, ces jeunes devront obligatoirement participer à une mission d’intérêt général de deux semaines à proximité de leur domicile, au cours de l’année scolaire à venir, au sein d’associations, de collectivités publiques, de compagnie de sapeurs-pompiers ou de gendarmerie.

Au fil des ans, ce Service national universel s’étendra à l’ensemble des jeunes Françaises et Français de 15 à 16 ans, soit 800 000 personnes. Il sera obligatoire. Toutefois, cette première volée de juin 2019 n’est composée que de volontaires sélectionnés de façon à assurer ce brassage social qui est le but essentiel du SNU. Il est placé sous la férule, non pas des Armées mais d’un secrétariat d’État attaché au ministère de l’Education nationale. Son financement paraît des plus flous. Le secrétaire d’État Gabriel Attal articule le montant de 2000 euros par jeune, soit quelque 1,6 milliard d’euros pour 800 000 astreints. Mais le général Daniel Ménaouine, qui a dirigé un groupe de travail sur le SNU, l’estime à 3,3 milliards. Les fonds seront vraisemblablement prélevés dans deux programmes du ministère de l’Education nationale concernant la jeunesse et la vie associative, «au préjudice de l’action sociale des associations», accusent certaines organisations lycéennes. Les collectivités territoriales (régions, départements, communautés de communes etc.) risquent aussi d’être financièrement sollicitées. De plus, ces collectivités seront-elles défrayées lorsqu’elles mettront à la disposition du Service national universel des locaux scolaires, sportifs, hospitaliers ou sociaux? La question reste posée.

Dans «Le Parisien» de dimanche, le jeune secrétaire d’État Guillaume Attal ne répond guère à ces inquiétudes, tout en soulignant les bienfaits de ce projet: «L’idée c’est que tous les jeunes sortent avec une formation aux premiers secours et une connaissance des réflexes à adopter en cas de crise.» Deux fois deux semaines suffiront-elles à recoller les morceaux de la France? Emmanuel Macron et son gouvernement espèrent sans doute que ce Service national universel apportera sa goutte de colle sociale.

Créé: 17.06.2019, 12h08

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