La taxe sur les boissons sucrées marque des points

ObésitéDe plus en plus de pays se lancent. La Suisse, elle, en est encore loin.

«Du point de vue nutritionnel, les gens n’ont pas besoin de sucre dans leur régime alimentaire», assure le Dr Francesco Branca, à l’OMS.

«Du point de vue nutritionnel, les gens n’ont pas besoin de sucre dans leur régime alimentaire», assure le Dr Francesco Branca, à l’OMS. Image: corbis

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Ça y est, Dublin fait le pas! Après la Finlande et la Hongrie en 2011, la France en 2012 ou encore le Mexique en 2014, l’Irlande vient d’annoncer mardi qu’elle va introduire une taxe sur les boissons sucrées, probablement en avril 2018 en même temps que le Royaume-Uni. L’Afrique du Sud, elle, compte se lancer déjà l’an prochain et les Philippines l’ont prévu dans leur projet de réforme fiscale.

Ce même mardi à Genève, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) lançait un appel aux gouvernements, afin qu’ils taxent les boissons sucrées. Objectif: combattre le boom de l’obésité, qui a atteint les proportions d’une véritable épidémie planétaire. En 2014, plus d’un adulte sur trois dans le monde était en surpoids et plus d’un demi-milliard d’entre eux pouvait être considéré comme «obèses». Soit 11% des hommes et 15% des femmes. La prévalence a plus que doublé depuis 1980. Et l’avenir est sombre: 42 millions d’enfants âgés de moins de 5 ans étaient considérés en surpoids en 2015. C’est 11 millions de plus qu’il y a quinze ans.

Du coup, le nombre de diabétiques a quadruplé depuis 1980. En 2012, cette maladie a tué 1,5 million de personnes, auxquels il faut ajouter 2,2 millions de décès causés par des maladies liées au diabète.

Moins d'une demi-canette par jour!

Bref, il est urgent d’agir. Or, les boissons sucrées sont un facteur considérable de l’augmentation des cas d’obésité. Et selon l’OMS, il existe «des preuves croissantes» que dans les pays imposant des taxes sur les boissons sucrées, la consommation diminue proportionnellement. En clair, si les prix augmentent de 20%, la consommation diminue d’un cinquième, explique l’agence onusienne sur la base d’études menées notamment au Mexique. Et cela fonctionne d’autant mieux si des subsides aux fruits et légumes en font baisser le prix.

«Du point de vue nutritionnel, les gens n’ont pas besoin de sucre dans leur régime alimentaire», assure le Dr Francesco Branca, à l’OMS. L’agence recommande de ne pas en consommer plus que l’équivalent de six cuillères à café par jour. Soit à peine plus qu’une demi-canette de boisson gazeuse!

La Suisse à la traîne

Qu’en est-il en Suisse? Aucune taxe n’est encore prévue, a déploré il y a quinze jours la socialiste genevoise Laurence Fehlmann-Rielle devant le Conseil national. «L’Office fédéral de la sécurité alimentaire œuvre auprès de l’industrie agroalimentaire et des représentants du commerce du détail pour que la teneur en sucre des aliments soit réduite. D’ici à la fin de 2018, les yogourts et les céréales devraient voir leur teneur en sucre diminuer.» Maigre consolation.

Créé: 12.10.2016, 18h35

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