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Theresa May impose un Brexit modéré à ses ministres

La première ministre peut enfin proposer une base de négociations claire à l’UE sur leurs futures relations bilatérales.

Il s'agit de la dernière chance pour Theresa May de faire accepter à ses ministres un projet de Brexit modéré.
Il s'agit de la dernière chance pour Theresa May de faire accepter à ses ministres un projet de Brexit modéré.
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La réunion vendredi dernier du Conseil des ministres à Chequers, la demeure secondaire officielle de la cheffe du gouvernement, était présentée comme celle de la dernière chance. La dernière chance pour Theresa May de faire accepter à ses ministres un projet de Brexit modéré, destiné à maintenir des liens commerciaux étroits entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, et pouvoir enfin vraiment lancer les négociations.

Et rien ne fut facile. Le ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, figure de proue du Brexit, a été son plus fervent opposant, selon «The Times». Il a ainsi qualifié le plan de Theresa May de «gros étron». D’une manière moins imagée, ses alliés ont également exprimé leur frustration. Avant de reculer et de s’aligner sur leurs collègues, suite au soutien au projet officiel de l’influent Brexiter, roi des opportunistes et ministre de l’Environnement, de l’Alimentation et des Affaires rurales, Michael Gove. Leur résignation est logique: s’ils avaient refusé le plan de Theresa May, les députés de la Chambre des communes, majoritairement favorables à un Brexit modéré, auraient voté un amendement pour obliger le pays à rester dans l’union douanière ou auraient fait tomber la première ministre et provoqué de nouvelles élections. Deux issues pires à leurs yeux qu’un Brexit modéré.

La cause de leur opposition initiale est pourtant compréhensible. Alors que Theresa May clamait depuis deux ans sa volonté de «reprendre le contrôle», elle demande finalement le maintien du pays dans une union douanière avec l’UE, sans doute qualifiée de «zone de libre-échange pour les biens» afin d’amadouer les Brexiters. Concrètement, la fluidité des échanges se poursuivrait, mais le Royaume-Uni serait soumis aux décisions de l’UE concernant cette union douanière sans être forcément maître de son évolution.

Deux autres propositions font grincer les dents des Brexiters. Le Royaume-Uni s’alignerait sur «les règles communes en matière d’aide étatique (…) et de compétition» et resterait aligné avec l’UE sur les questions «d’environnement, de changement climatique, de droits sociaux et du travail, et de protection des consommateurs». La possibilité de soutenir les secteurs en difficulté sans avoir à se soucier des réflexions de la Commission disparaît donc. Enfin, l’ombre de la Cour européenne de justice planerait toujours sur le pays, même si celle-ci ne serait pas autorisée à rendre un jugement définitif en cas de conflit d’interprétation avec la justice britannique.

Retards de Londres

La question interne réglée, Theresa May a réclamé dimanche que «l’UE observe sérieusement notre proposition, et vienne discuter avec nous autour d’une table». Après des visites express mardi et jeudi à ses homologues néerlandais et allemand, Mark Rutte et Angela Merkel, elle a expliqué au «Times»: «La Commission a maintenu une approche très rigide de ses intérêts. J’ai l’impression que les dirigeants européens commencent à dire: «Quelles choses importent pour nos économies? Pour nos avenirs? Pour nos peuples?» Il y a la volonté d’être constructif, de reconnaître que la montre tourne et que nous avons besoin de nous asseoir et de négocier.»

Même si cette déclaration omet les retards pris par Londres, le négociateur européen Michel Barnier a implicitement admis s’être montré intraitable jusqu’alors: il a indiqué vendredi «être prêt à adapter notre offre si le Royaume-Uni en venait à modifier ses lignes rouges». Les vraies négociations commerciales vont enfin débuter, et ce dès le 16 juillet.

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