Theresa May perd encore un des siens et se retrouve un peu plus affaiblie

Royaume-UniLe numéro 2 du gouvernement, Damian Green, est contraint de démissionner à cause d’images pornographiques.

La première ministre britannique, Theresa May.

La première ministre britannique, Theresa May. Image: Reuters

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«Je suis extrêmement triste d’écrire cette lettre. Nous avons été amis et collègues tout au long de notre vie politique.» C’est ainsi que débute la lettre envoyée mercredi soir par la première ministre britannique, Theresa May, à son vice-premier ministre, Damian Green. Accusé d’avoir téléchargé jusqu’en 2008 des milliers d’images pornographiques sur son ordinateur professionnel, récupéré cette année-là par la police, il avait assuré le 4 novembre dernier que la police ne lui avait jamais suggéré que du matériel inconvenant avait été trouvé sur son ordinateur parlementaire. Une affirmation répétée une semaine plus tard. Depuis, la police a indiqué qu’elle avait contacté ses avocats à ce propos dès 2008, avant de le joindre personnellement au téléphone en 2013. Ce mensonge, qui constitue une rupture du code de conduite ministériel, a obligé Theresa May à réclamer sa démission.

La responsable conservatrice a perdu son numéro deux mais surtout un proche sur lequel elle pouvait se reposer en toute confiance. Cette troisième démission d’un membre du gouvernement en moins de deux mois risque de lui peser. Et cela d’autant plus que les membres de son équipe se déchirent depuis plusieurs semaines sur leur vision de l’avenir des relations commerciales post-Brexit entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

Si tous s’entendent désormais pour «viser haut» et rechercher un accord commercial «ambitieux et sur mesure», comme l’a affirmé Theresa May cette semaine, tous ne sont pas prêts à s’aligner sur les standards européens. Avec à leur tête le ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, les Brexiters radicaux estiment que le Royaume-Uni pourra se satisfaire d’une économie tournée vers ses futurs partenaires commerciaux. Ils affirment que s’éloigner du modèle économique et social européen, historiquement protecteur par rapport au reste du monde, rendrait plus aisée la signature d’accords de libre-échange avec des pays tiers. L’ancien maire de Londres a ainsi frappé fort en déclarant que «si nous devions répliquer les lois européennes, même les partisans du maintien dans l’UE nous demanderaient: pourquoi êtes-vous sortis de l’UE? Parce que nous serions passés du statut d’État membre à celui d’État vassal» de l’UE.

Selon la presse britannique, la plupart des ministres pencheraient pourtant pour un maintien des normes européennes, qui permettrait notamment de préserver un commerce privilégié entre le Royaume-Uni et les Vingt-Sept. Leur analyse se base sur la réalité actuelle de l’économie et du commerce national, majoritairement tournés vers l’UE. Ils se savent également en position précaire. Comme l’a révélé un rapport publié mardi par l’Université de Birmingham, «le Royaume-Uni est 4,6 fois plus exposé» que le reste de l’UE à une baisse des échanges entre les deux partenaires. «Cela signifie qu’en termes économiques, le Royaume-Uni est en très faible position de négociation.» (24 heures)

Créé: 21.12.2017, 20h59

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