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Attentat de NiceLe tueur, un «dragueur» au profil sadique ultraviolent

Au fur et à mesure qu'avance l'enquête, des éléments font ressortir le profil de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, ce Tunisien auteur de l'attentat de Nice.

Un détenu suspecté de participation à l'attentat de Nice s'est donné la mort en prison. (Mardi 12 juin 2018)
Un détenu suspecté de participation à l'attentat de Nice s'est donné la mort en prison. (Mardi 12 juin 2018)
AFP
Le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre a donné une conférence de presse, durant laquelle il a annoncé que les plaintes sur la sécurité de la Promenade des Anglais, provenant de familles de victimes des attentats de Nice, avaient été classées. (Jeudi 19 janvier 2017)
Le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre a donné une conférence de presse, durant laquelle il a annoncé que les plaintes sur la sécurité de la Promenade des Anglais, provenant de familles de victimes des attentats de Nice, avaient été classées. (Jeudi 19 janvier 2017)
AFP
(Jeudi 14 juillet 2016)
(Jeudi 14 juillet 2016)
Keystone
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Décrit comme un jeune homme instable et violent à la vie sexuelle «débridée», loin des préceptes religieux, Mohamed Lahouaiej Boulhel avait laissé transparaître très récemment son intérêt pour l'islamisme radical, alors que son geste meurtrier était apparemment prémédité de longue date.

La plupart des témoignages recueillis par l'AFP depuis l'attentat, comme de nombreux autres évoqués par la justice, permettent de brosser le portrait d'un chauffeur-livreur de 31 ans, adepte de la gonflette pour «faire le beau», mangeant du porc, buvant de l'alcool, consommant de la drogue.

Sur des photos publiées dans la presse, il apparaît tour à tour sur la plage en maillot de bain, en bermuda et débardeur sur une terrasse, dansant dans une soirée avec une jeune femme --le visage toujours glabre, souriant, musclé.

Le procureur de la République de Paris, François Molins, a évoqué au cours d'une conférence de presse sa vie sexuelle «débridée» --un homme de 74 ans présenté comme un de ses amants a même été interrogé au cours de l'enquête.

Habillé à l'occidentale

Arrivé en France depuis la Tunisie en 2005, le chauffeur-livreur né le 31 janvier 1985 en Tunisie avait régularisé sa situation l'année suivante et épousé une Niçoise franco-tunisienne, avec qui il a eu trois enfants. Le couple, en instance de divorce, était toujours habillé à l'occidentale, selon tous les témoignages recueillis par l'AFP.

Son père, interrogé en Tunisie par l'AFP, avait perdu depuis longtemps le contact avec ce fils, qui n'avait selon lui «aucun lien avec la religion»: «Il ne faisait pas la prière, il ne jeûnait pas, il buvait de l'alcool, il se droguait même.»

Les habitués de la petite salle de sport que le chauffeur fréquentait à Nice jusqu'à il y a deux ans environ, se souviennent d'un «frimeur», un «dragueur» un peu «lourd» qui «venait faire du sport pour faire le beau», rapporte un témoin.

Depuis plusieurs mois, le jeune homme semblait pourtant préparer son attaque, selon le procureur de la République de Paris. En témoignent notamment des photos retrouvées dans ses téléphones --par exemple, des feux d'artifice du 14 juillet et du 15 août 2015 à Nice ou d'un article de Nice-Matin du 1er janvier 2016 intitulé «Il fonce volontairement sur la terrasse d'un restaurant».

Certains des messages de ses présumés complices mis en examen jeudi laissent aussi entendre qu'ils pouvaient être au courant de son projet d'attentat au moins plusieurs semaines avant les faits.

Intérêt récent

L'intérêt du jeune homme pour l'islam radical, pour «certain» qu'il soit, selon M. Molins, n'en semble pas moins «récent». Depuis huit jours, selon des témoignages recueillis pendant l'enquête, il s'était notamment laissé pousser la barbe, l'expliquant par une «signification religieuse» et évoquant l'Etat islamique, toujours selon le magistrat parisien.

Une voisine du petit immeuble qu'il habitait depuis que sa femme et lui étaient séparés --et à qui il a essayé de «louer» une boîte aux lettres-- a aussi raconté à l'AFP un épisode récent, survenu pendant l'Euro de football, au cours duquel Mohamed Lahouaiej Bouhlel lui avait confié ne pas boire d'alcool: «J'ai rigolé, je lui ai dit: +Quoi, tu ne bois pas, tu fais le carême?+ Il m'a dit: +Non, mais je ne bois pas.+»

Totalement inconnu des services de renseignement, le chauffeur-livreur avait en revanche eu maille à partir avec la justice notamment pour des faits de violence.

Très violent

En janvier, il s'était servi d'une «planche en bois cassée à son extrémité laissant apparaître deux clous» pour frapper sur la tête le conducteur d'une voiture au cours d'une altercation, détaille le rapport de police de la rixe qui lui avait valu en mars une condamnation à six mois de prison avec sursis.

Sa femme subissait elle aussi ses accès de violence, au point de demander de divorcer après une nouvelle crise, il y a au moins 18 mois. Elle subissait «des coups répétés de son mari, des violences physiques et du harcèlement», a déclaré son avocat Jean-Yves Garino.

Son père, Mohamed Mondher Lahouaiej Bouhlel, décrit lui aussi un jeune homme souffrant d'accès de violence, ayant eu entre 2002 et 2004 «des problèmes qui ont provoqué une dépression nerveuse. Il devenait colérique, il criait, il cassait tout ce qui se trouvait devant lui».

Un habitant de son ancien immeuble «Le Bretagne», où le tueur vivait avec son épouse avant leur séparation, se souvient d'un homme avec des problèmes semblant relever de la «psychiatrie»: «Il faisait des crises. Quand il s'est séparé de sa femme, il a déféqué partout, trucidé le nounours de sa fille à coups de poignard et lacéré les matelas».

Pour le procureur François Molins, «l'adhésion à ces mots d'ordre (d'appels au meurtre émanant d'organisations terroristes), la radicalisation, peut intervenir d'autant plus rapidement quand elle s'adresse à des personnalités perturbées».

AFP

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