L'UE va plancher toute la nuit pour éviter un Brexit

BruxellesDavid Cameron est arrivé au sommet européen prêt à se battre pour obtenir un «bon accord» en vue d'éviter un Brexit.

David Cameron est arrivé à Bruxelles ce 17 décembre 2015.

David Cameron est arrivé à Bruxelles ce 17 décembre 2015. Image: AFP

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Une partie des revendications du premier ministre britannique David Cameron sont «inacceptables». C'est ce qu'ont déclaré des responsables européens.

Les dirigeants des Vingt-Huit devaient entamer dans la soirée leur première discussion de fond sur les propositions de réformes voulues par le Premier ministre britannique. David Cameron veut organiser en 2017 un référendum sur une sortie de son pays de l'Union (Brexit).

«Nous n'insistons pas pour avoir un accord ce soir, mais pour susciter un véritable élan afin de boucler cet accord», a lancé David Cameron devant des journalistes à son arrivée dans la capitale belge. «Donc, je vais me battre pour la Grande-Bretagne toute la nuit et je pense que nous allons avoir un bon accord», a-t-il dit.

Mais l'organisateur du sommet, le président du Conseil européen Donald Tusk, avait averti auparavant que certaines revendications britanniques n'étaient pas envisageables. Les consultations en amont du sommet «ont montré la bonne volonté de toutes les parties impliquées, mais cela ne change pas le fait que certaines propositions britanniques semblent inacceptables», a-t-il tranché devant la presse.

Il visait en particulier la requête la plus controversée de David Cameron, concernant l'immigration des ressortissants européens, en particulier des pays de l'Est. Londres voudrait en effet pouvoir les priver d'allocations sociales pendant leurs quatre premières années au Royaume-Uni.

Les pieds au mur

La proposition vise à rendre la Grande-Bretagne moins attractive pour les migrants, en particulier ceux des pays d'Europe de l'Est membres de l'UE. Mais elle constituerait une violation du droit européen sur la libre circulation des travailleurs.

Les Polonais sont les principaux bénéficiaires des mesures de libre circulation depuis l'entrée de leur pays dans l'Union en 2004, ainsi que, depuis 2007, les Roumains et Bulgares.

Dans une déclaration commune diffusée jeudi, le groupe de Visegrad - composé de la Pologne, de la Hongrie, de la Slovaquie et de la République tchèque - affirme qu'il rejettera toute demande britannique considérée comme «discriminatoire» à son égard ou limitant sa «liberté de mouvement».

David Cameron réclame aussi des réformes concernant les règles qui régissent la zone euro, dont son pays ne fait pas partie, ainsi que sur les questions de compétitivité et de souveraineté.

Inquiétude des eurodéputés

Les Européens espèrent trouver d'ici février les bases d'un accord qui permettrait à M. Cameron de lancer la campagne du référendum en prônant le «oui» au maintien dans l'Union.

«Nous voulons un accord équitable avec la Grande-Bretagne, et ce doit aussi être un accord équitable pour les 27 autres» pays européens, a insisté le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a fait part de «l'inquiétude» des eurodéputés face aux demandes britanniques dans le domaine social. Certains estiment qu'elles remettent en cause la liberté de circulation dans l'UE et le principe de non-discrimination entre citoyens européens en fonction de leur nationalité.

Merkel et Hollande unis

A leur arrivée à Bruxelles, le président français et la chancelière allemande se sont dits prêts au débat tout en invoquant le respect des «acquis fondamentaux» de l'UE. «Nous aurons une discussion très ouverte sur cette question. Nous souhaitons que le Royaume-Uni reste dans l'Union européenne, mais nous ne renoncerons pas à nos principes fondamentaux», a déclaré la chancelière allemande.

François Hollande lui a fait écho. Si les demandes britanniques «sont conformes aux acquis européens, eh bien la négociation pourra aboutir, sinon la négociation sera plus difficile», a souligné devant la presse le président français, pour qui «il n'est pas acceptable de revoir ce qui fonde ses engagements européens». (ats/nxp)

Créé: 17.12.2015, 19h23

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