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Ukraine: l'Allemagne croit voir «le bout du tunnel»

La création de couloirs humanitaires dans les zones de combats de l'Est séparatiste, réclamés par Moscou, pourrait changer la donne, selon le chef de la diplomatie allemande.

Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a mis en garde l'UE contre de nouvelles sanctions. (8 septembre 2014)
Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a mis en garde l'UE contre de nouvelles sanctions. (8 septembre 2014)
Keystone
De la fumée s'élève près de l'aéroport de Donetsk. (Photo d'illustration) (Dimanche 7 septembre 2014)
De la fumée s'élève près de l'aéroport de Donetsk. (Photo d'illustration) (Dimanche 7 septembre 2014)
AFP
Vladimir Poutine a passé en revue à bord d'une vedette, les navires de la Flotte russe de la mer Noire dans le port ukrainien de Sébastopol, à l'occasion de la fête de la victoire sur les nazis. (9 mai 2014).
Vladimir Poutine a passé en revue à bord d'une vedette, les navires de la Flotte russe de la mer Noire dans le port ukrainien de Sébastopol, à l'occasion de la fête de la victoire sur les nazis. (9 mai 2014).
Reuters
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Le nouveau président ukrainien a ordonné mardi la création de couloirs humanitaires réclamés par Moscou dans les zones de combats dans l'Est séparatiste, créant, selon l'Allemagne, «une nouvelle atmosphère» laissant espérer une désescalade dans la crise.

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«J'ai vu que toutes les parties étaient prêtes à agir pour une désescalade de la crise en Ukraine», a déclaré le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier à l'issue de pourparlers avec ses homologues russe Sergueï Lavrov et polonais Radoslaw Sikorski à Saint-Pétersbourg.«Je ne dis pas que nous avons déjà trouvé une issue à la crise mais l'escalade a laissé place à une nouvelle atmosphère (...). Nous voyons le bout du tunnel», a-t-il ajouté.

Sur le front gazier, les discussions s'intensifient également à quelques heures de l'expiration de l'ultimatum lancé par Moscou. Après des heures de négociations sans succès, la Russie et l'Ukraine devaient se retrouver mardi soir à Bruxelles avec l'espoir d'éviter une coupure du gaz russe redoutée par les Européens.

«Eviter de nouvelles victimes»

Discutant depuis dimanche avec la Russie sous la médiation de l'OSCE des moyens d'apaiser le pire conflit depuis la fin de la Guerre froide, le nouveau président ukrainien Petro Porochenko a ordonné la création de couloirs humanitaires permettant aux civils qui le désirent de quitter «la zone de l'opération anti-terroriste afin d'éviter de nouvelles victimes».

L'initiative présidentielle correspond au souhait de la Russie émis début juin dans un projet de résolution à l'ONU alors que des ONG dénoncent l'utilisation d'armes lourdes par l'armée ukrainienne dans des zones habitées.«Nous saluons cette décision. Il s'agit d'un pas dans la bonne direction», a aussitôt réagi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Apaiser les relations avec Moscou

L'un des leaders de la «république de Donestk» autoproclamée Andriï Pourguine a pourtant accueilli avec scepticisme l'initiative de Petro Porochenko. «Nous en avons entendu parler mais nous avons des doutes quant à la mise en œuvre de ce plan», a-t-il déclaré cité par l'agence russe Interfax.

Les forces ukrainiennes mènent depuis le 13 avril une opération militaire pour mater l'insurrection armée prorusse dans l'Est et les combats ont déjà fait plus de 200 morts: rebelles, soldats et civils.Quatre jours après son bref entretien avec Vladimir Poutine en France qui a créé un espoir de désescalade, Petro Porochenko semble vouloir rapidement apaiser les relations avec Moscou et s'est donné une semaine pour obtenir un retour au calme dans l'Est.

Dans une interview au magazine américain Time, le président ukrainien a souligné qu'il était impossible de rétablir la sécurité sans «un dialogue» avec la Russie. «Certains Ukrainiens voudraient avoir comme voisins la Suède ou le Canada, mais nous avons la Russie», a-t-il dit.

Les rebelles attaquent l'aéroport de Lougansk

Sur le terrain, deux soldats ukrainiens ont été blessés par des tirs séparatistes près de Slaviansk, bastion des insurgés, a annoncé mardi Vladislav Seleznev, le porte-parole de l'opération militaire ukrainienne. L'administration régionale de Donetsk a rapporté mardi la mort d'une fillette et d'un garçon âgé respectivement de 12 et six ans à Slaviansk suite à des blessures par des éclats d'obus sans préciser la date de leurs décès.

Les rebelles prorusses ont une nouvelle fois attaqué au mortier mardi l'aéroport international de Lougansk, dans l'Est, jusqu'à présent contrôlé par les forces loyales à Kiev. Les insurgés ont concentré des forces autour de l'aéroport. «Nous attendons des renforts» a déclaré par téléphone un parachutiste de l'unité qui assure la défense de l'aéroport.

«Cela ne veut pas dire que l'affrontement s'arrête»

Les forces de la «République de Lougansk», qui se sont emparées la semaine dernière de plusieurs postes-frontières avec la Russie, contrôlent actuellement la plus grande partie de cette région qui, avec celle de Donetsk, est l'un des poumons industriels de l'Ukraine.

L'aéroport de Donetsk, attaqué par les rebelles fin mai, a été repris par les forces ukrainiennes a l'issue d'une contre-attaque, avec l'intervention d'avions de combat et d'hélicoptères, qui a fait une quarantaine de morts du côté des séparatistes, la plupart de nationalité russe.

«Ce serait naïf de croire que le Donbass sera pacifié en une semaine. Un cessez-le-feu est possible si les négociations avec la Russie sont fructueuses, mais cela ne veut pas dire que l'affrontement s'arrête et la paix s'installe», a déclaré l'analyste politique ukrainien Volodymyr Fessenko.

Reprise des négociations sur le gaz

Sur le front gazier, les négociations tripartites Ukraine-Russie-Union européenne vont reprendre mardi à 20 heures à Bruxelles alors qu'expire l'ultimatum de Moscou qui menace d'une coupure du gaz à Kiev redoutée par l'Europe. Quelque 15% du gaz consommé sur le Vieux continent transite via l'Ukraine.

L'Ukraine refuse d'honorer sa dette s'élevant à 4,5 milliards de dollars et exige une baisse de presque la moitié du prix, fixé actuellement à 485 dollars les 1.000 m3, le plus élevé en Europe.

(AFP)

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