UMP et PS s’opposent sur le Front républicain

Elections départementalesContenir le FN. Tel est le leitmotiv des partis à la veille d’un second tour avec des candidats frontistes en embuscade!

Image: Reuters

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Comment s’opposer à la montée du FN? A quelques jours du deuxième tour des élections départementales de dimanche 29 mars, la question partage clairement le PS et l’UMP. Front républicain ou non? L’interrogation partage aussi la droite: UMP et UDI ne sont pas au diapason. Dans les faits, avec 25% des suffrages exprimés en faveur de ses candidats lors du 1er tour, le parti de Marine Le Pen sera présent dans trois cantons sur cinq des 2054 que compte la France. Soit lors de 278 triangulaires et de 772 duels qui dessinent un FN en embuscade et qui a été sans équivoque désigné comme le principal adversaire par le reste de la classe politique.

L’UMP de Nicolas Sarkozy prêche le «ni - ni» (ni PS, ni FN) lors des duels qui opposent PS et FN. Il rompt ainsi avec la ligne de l’UMP imprimée par Jacques Chirac, mais écornée depuis 2011. Les centristes de l’UDI, alliés de l’UMP, se maintiennent lors des triangulaires mais appellent à «faire barrage à l’extrême droite»… Comme Juppé.

«A droite, c’est surtout de la rhétorique, car on sait très bien que l’opération est blanche!» analyse Pascal Perrineau. Selon les expériences du professeur à Sciences Po Paris, les électeurs de l’UMP se reportent à 25% sur le PS, à 25% sur le FN et s’abstiennent à 50%.

Pour le coup, Pascal Perrineau voir dans le «ni-ni» une position ambiguë. «Elle devrait inciter les gens à s’abstenir, mais on sait que ce n’est pas le cas. D’autant que les militants se sentent de plus en plus libres face à la diversité des positions qui s’expriment, ou se sont exprimés, à droite. Tout le monde y trouve son compte», analyse-t-il.

Et à gauche? «Ce n’est pas tout à fait pareil. Un peu plus de 50% des électeurs PS reportent leurs voix sur un candidat UMP opposé à un FN, qui symbolise l’inacceptable extrême droite», détaille le politologue. Côté PS, le premier ministre Manuel Valls, en chef de campagne, exhorte Nicolas Sarkozy à se ressaisir et parle de «faute morale». Il demande d’ailleurs à ses candidats un «désistement moral s’ils ne peuvent concourir». Sur le terrain, certains candidats arrivés en 3e position font le pari de pouvoir arriver en tête avec le report des voix des verts et de la gauche de la gauche. Le Front républicain servirait avant tout à remobiliser la gauche.

Normalisation par les urnes

Résumons! Les officines parisiennes se gargarisent de mots d’ordre et les sections locales font à leur guise. Et d’ailleurs fonctionne-t-il ce Front républicain? A l’UMP ceux qui n’en veulent plus, comme Bruno Le Maire, disent ne pas vouloir désigner comme «hors de la république des citoyens qui ont fait le choix FN». L’élection présidentielle de 2002 d’un Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen a montré, de manière caricaturale, la force que peut représenter ce Front républicain, considéré comme un cordon sanitaire face au FN. Elu président avec le score record de 82,21%, Jacques Chirac avait réalisé au premier tour, avec 19,9%, le record du plus faible résultat d’un président sortant…

«En 1998, la problématique du rapprochement avec le FN avait été préparé par le FN en vue des Régionales», se souvient Pascal Perrineau. «Les présidences se faisaient élire avec des voix du FN et Jacques Chirac les a poussés à démissionner. La situation de concurrence entre les partis n’était pas similaire», explique le politologue.

Ce qui se jouait en 1998 pour le FN n’était pas son accession au pouvoir, mais sa normalisation dans le paysage politique en devenant un partenaire comme un autre des partis de la droite traditionnelle d’alors (RPR et UDF). Quinze ans plus tard, la stratégie de la présidente du FN Marine Le Pen ne passe par une acceptation par ses pairs politiciens, mais par des victoires dans les urnes et la dédiabolisation s’est adressée aux électeurs.

Créé: 25.03.2015, 21h27

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