L’Union européenne craint un effet domino

BrexitLes Pays-Bas pourront-ils éviter d’organiser un référendum consultatif? Qu’en sera-t-il en Hongrie? Et les autres?

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A qui le tour? Le Brexit, s’il est approuvé par les Britanniques, peut-il entraîner des référendums en cascade aux quatre coins de l’Europe? L’Union des Vingt-Huit risque-t-elle de s’effondrer comme un château de cartes? La menace d’une crise majeure est prise au sérieux sur le Vieux-Continent. Ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble l’a confirmé vendredi dans un entretien au magazine Der Spiegel: «On ne peut pas exclure» que l’exemple britannique fasse école dans d’autres pays. «Comment réagiraient par exemple les Pays-Bas, qui sont traditionnellement très liés au Royaume-Uni?» Une étude récente a chiffré à 10 milliards d’euros la perte du PIB néerlandais d’ici à 2030 en cas de Brexit.

D’ores et déjà, le gouvernement des Pays-Bas est extrêmement embarrassé par le référendum consultatif tenu au début du mois d’avril et lors duquel plus de 60% des votants se sont opposés à la ratification par La Haye de l’accord d’association de l’Ukraine avec l’UE. Organisé suite à la récolte de plus de 400 000 signatures par les milieux europhobes, le scrutin a réuni plus de 30% de l’électorat, ce qui le rend valide. Non contraignant, il met cependant les autorités sous pression à un an des élections législatives. Une majorité des Néerlandais serait en effet favorable à la tenue d’un référendum sur la sortie de l’Union européenne.

Ce ne sont pas les seuls. En République tchèque, le premier ministre Bohuslav Sobotka a déjà averti qu’en cas de Brexit, il sera difficile d’éviter dans les années à venir la tenue d’un référendum sur le «Czexit». Sondage après sondage, ses concitoyens figurent en effet parmi les Européens les plus critiques face à l’Union des Vingt-Huit. Selon une analyse de la Fondation Schuman basée sur les données de l’Eurobaromètre, les Tchèques arriveraient au quatrième rang, derrière les Grecs, les Chypriotes et les Autrichiens, mais devant les Français, les Allemands et les Britanniques. Contrairement à une idée reçue, le Royaume-Uni n’est de loin pas le plus remonté contre Bruxelles!

Français et Grecs seraient les champions de l’euroscepticisme, indique pour sa part l’étude du Pew Research Center publiée la semaine dernière. Celle-ci ne sondait que dix pays, dont l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Hongrie, la Pologne et la Suède. Globalement, 51% de leurs citoyens ont une opinion favorable de l’UE.

En Autriche, où la présidence a failli être remportée en mai par le candidat de l’extrême droite, celle-ci promet déjà qu’en cas de victoire aux élections législatives de 2018 elle organisera un référendum sur l’appartenance à l’Union européenne. Une promesse électorale formulée aussi par le Front national en France à l’approche de la présidentielle de 2017. De même en Italie, où les populistes des Cinq étoiles surfent sur la vague eurosceptique dans la perspective des élections générales de 2018.

En Finlande, le peuple a la possibilité de réunir des signatures pour forcer le parlement national à tenir un débat sur une question précise. C’est ainsi que les députés ont été sommés de dire, à la fin du mois d’avril, s’il avait vraiment été judicieux de rejoindre la zone euro…

Paradoxalement, plusieurs sondages indiquent que la majorité des Européens sont satisfaits d’être membres de l’Union et estiment que leur pays a clairement bénéficié de son adhésion à l’édifice communautaire. Le risque est néanmoins réel de voir les Vingt-Huit souffrir de «référendite aiguë».

Créé: 15.06.2016, 09h25

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