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«Personne ne viendra en burqa dans notre mosquée»

L’inauguration, dimanche à Berlin, d'une mosquée qui réservera le même accueil aux femmes qu'aux hommes a attiré les médias du monde entier.

Seyran Ates, fille d’immigrés turcs, avocate et féministe, plaide pour un islam sans discrimination.
Seyran Ates, fille d’immigrés turcs, avocate et féministe, plaide pour un islam sans discrimination.
AP

«Mon rêve se réalise enfin», sourit l’avocate féministe Seyran Ates . Situé dans le quartier multiculturel de Moabit, ce lieu de prière est un endroit où les femmes seront sur un pied d’égalité avec les hommes. «Je ne veux plus qu’elles soient obligées de se cacher dans des salles annexes pour prier», insiste-t-elle.

Seyran Ates, fille d’immigrés turcs qui a quitté sa famille orthodoxe à 17 ans, est une militante du droit des femmes. Elle plaide pour une révolution sexuelle de l’islam, se bat contre les mariages forcés, les «crimes d’honneur» et l’obligation de porter le voile. «Personne ne viendra en burqa dans notre mosquée», assure-t-elle.

«Combattre l’islamisme par l’islam»

Il s’agit de «combattre l’islamisme par l’islam». «J’ai cherché des gens pendant huit ans pour ce projet», insiste cette femme de 54 ans. Et il a fallu du courage: «Certains ont abandonné en cours de route. Ils considéraient que le projet était trop dangereux», rappelle-t-elle.

Cette mosquée dite «libérale» sera ouverte à tous les musulmans (sunnites, alévis, chiites, soufis, etc.) et sans discrimination. «Ici, je peux m’affirmer comme musulman et comme homosexuel», s’est félicité dimanche un représentant de l’association des homosexuels et lesbiennes de Berlin.

L’objectif est de réveiller cette «majorité silencieuse» contre un islam «archaïque». «Si nous continuons à nous taire, rien ne changera», a lancé Seyran Ates, qui vit sous protection policière depuis un attentat par balle où elle a failli perdre la vie.

«Unique en Europe»

La mosquée Ibn-Rushd-Goethe, qui porte à la fois le nom du philosophe musulman andalou et du poète allemand, veut montrer un «autre visage de l’islam». «Nous devons prendre conscience que nous sommes une majorité», insiste Saïda Keller-Messahli, la fondatrice et présidente du Forum pour un islam progressiste en Suisse, présente dimanche lors de l’inauguration. «La mosquée de Berlin est unique en Europe car elle réunit tous les mouvements progressistes. Cela fait sa force», ajoute-t-elle.

Mais le projet en est à ses balbutiements. La paroisse ne compte encore que 20 membres. Financée exclusivement par des dons, elle est hébergée par l’Eglise protestante. «Qui d’autre aurait ouvert ses portes à des femmes, sinon des protestants», a fait remarquer une pasteure présente dans la salle.

Seyran Ate? espère qu’elle disposera un jour de son propre bâtiment. «Mon rêve sera alors vraiment accompli», dit cette femme qui prêchera bientôt comme imam dans cette mosquée.

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