«Ceux qui ont voté pour la gauche ne s’y retrouvent pas!»

FranceAlors qu’Arnaud Montebourg signe dans la presse dominicale une tribune anti-gouvernement, le leader des frondeurs (par absence) Christian Paul laboure le terrain des militants à Poitiers.

«J’ai le sentiment que Manuel Valls n’a pas pris acte de ces défections de militants PS qui sont pour nous un sujet essentiel.»

«J’ai le sentiment que Manuel Valls n’a pas pris acte de ces défections de militants PS qui sont pour nous un sujet essentiel.» Image: Jean-Pierre Muller/AFP

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Les frondeurs du PS ne veulent pas rentrer dans le rang et promettent de rester «vigilants ». C’est le credo du député de la Nièvre Christian Paul qui a passé les trois jours de congrès à essayer de se faire une place et de se faire entendre. Arnaud Montebourg, que beaucoup voyaient comme le leader naturel de cette aile gauche du PS, a choisi, lui, la rupture. L’ex-ministre de l’économie est ainsi revenu dans le jeu politique en ce troisième jour du congrès à Poitiers en publiant une tribune acerbe contre la politique du gouvernement dans Le Journal du Dimanche.

Cosigné avec le banquier Mathieu Pigasse, ce texte d’Arnaud Montebourg exige un changement de cap radical. «Hébétés, nous marchons vers le désastre…», écrit l’ex-vibrionnant ministre. «Il faut se battre pour la croissance en interrompant les politiques absurdes et anti-économiques de Bruxelles.» Arnaud Montebourg tire dans la presse nationale et Christian Paul sur le terrain des militants poursuit sa quête d’une autre gauche.

Dans son discours, Manuel Valls a fait allusion au logiciel archaïque des analyses et réponses de la vieille gauche à la mondialisation. Il visait clairement votre ligne de la gauche de la gauche?

J’entends cela depuis 20 ans. Depuis l’accélération de la mondialisation libérale. Et je l’ai dit dans mon intervention: il y a de très grandes transformations à l’échelle de la planète. Les socialistes doivent avoir un coup d’avance pour les interpréter et y répondre. Mais il n’y a pas une seule façon d’y répondre. Il y a la réponse libérale: on la connaît. Elle est de nature à désarmer l’action de la puissance publique en Europe et aussi en France. Et il y a une réponse qui est plus volontariste. Qui n’ignore rien de ce qui est une économie ouverte et qui considère que défendre les salariés, ce n’est pas interdit du fait de la mondialisation. Il y a aujourd’hui deux options, deux courants qui sont en débat au PS

Au sein du PS, le choix de l’adversaire ne semble pas être partagé? Le FN, Les Républicains, le chômage, les choix du gouvernement…

C’est vrai que j’aurais aimé que le premier ministre entende davantage ce qui vient des rangs de ces Français qui ont voté pour la gauche et aujourd’hui ne s’y retrouvent pas. J’ai le sentiment qu’il n’a pas pris acte de ces défections qui sont pour nous un sujet essentiel. Le discours de Manuel Valls recrée le lien avec les socialistes présents dans la salle, certainement. Mais les autres?

L’adversaire du PS semble être désormais plus les Républicains de Nicolas Sarkozy que le FN?

L’adversaire, c’est la droite et l’extrême droite. Il faut être dur avec le Front national et il faut être dur aussi avec les causes du Front national. C’est-à-dire le chômage, la souffrance sociale, le délitement de la solidarité et de la fraternité. C’est ce qu’exploite le Front national tous les jours. C’est en ce sens qu’il est juste de désigner clairement l’adversaire.

Quelles parties du discours de Manuel Valls vous ont le moins enchanté?

Permettez que je parle d’abord de ce qui m’a le plus stimulé. Je ne suis pas que négatif. Manuel Valls a bien mis en lumière ce qui s’est passé en janvier dernier et ce que les Français ont exprimé à ce moment – là. Et la nécessité de garder la fécondité de ce moment qu’a été le rassemblement du 11 janvier.

Et le négatif?

Je suis resté sur ma faim et largement quand Manuel Valls a évoqué la lutte contre le chômage de masse et les réorientations auxquelles il faut procéder. Je n’ai pas senti une volonté de faire mouvement. Pourtant c’est ce que demandent toutes les motions débattues lors de ce congrès. Je ne l’ai pas trouvé en réponse aux attentes qui se sont exprimées depuis des mois par beaucoup de socialistes.

Manuel Valls a été très clair: il ne se présentera pas contre François Hollande. La primaire à gauche, vous la souhaitez?

Elle est dans les statuts du Parti socialiste. Qu’on ne peut pas l’effacer d’un revers de la main. Et ce sera une décision collective avant ou après l’été 2016. J’ai aussi entendu le premier secrétaire de notre parti, Jean-Christophe Cambadélis, qui ne l’excluait pas du tout. Je suis en accord avec ce qu’il a dit: «On verra à la mi-2016, si c’est utile pour faire gagner la gauche. Pour donner de l’élan. Et si François Hollande et, avec d’autres candidats possibles, en situation de faire gagner le PS» Donc on verra... Ce matin, Manuel Valls a redit sa loyauté au président de la république, c’est bien le moins.

Créé: 07.06.2015, 10h46

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