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SyrieL'évacuation gênée par une tempête de neige

La situation se complique encore davantage pour les derniers civils coincés dans les quartiers rebelles d'Alep.

Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)
Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)
AFP
Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)
Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)
Keystone
AFP
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Des habitants du réduit rebelle d'Alep étaient évacués au compte-gouttes mercredi en raison d'une tempête de neige qui a retardé la sortie des derniers convois de cette deuxième ville de Syrie en passe de tomber totalement aux mains du régime.

Depuis le début des évacuations des civils souhaitant partir et des insurgés le 15 décembre, les opérations se font à un rythme irrégulier et quelque milliers attendent toujours de sortir de la dernière poche rebelle. La fin des évacuations d'Alep permettra au régime de Bachar el-Assad de signer ainsi sa plus grande victoire depuis le début d'une guerre dévastatrice qui a fait depuis 2011 plus de 310'000 morts et poussé plus de la moitié de la population à la fuite.

Après un arrêt de 24 heures, «20 bus transportant des hommes armés et leurs familles» ont quitté la ville en direction des territoires sous contrôle rebelle à l'ouest de la métropole, a annoncé la télévision d'Etat. Sous la neige, plusieurs bus sont arrivés à Ramoussa, un quartier périphérique gouvernemental par lequel transitent les personnes évacuées, selon un correspondant de l'AFP. Le trajet est également ralenti par les points de contrôle successifs que les personnes évacuées doivent franchir avant de se retrouver en territoire rebelle.

«Les bus ne sont pas chauffés»

«Les bus ne sont pas chauffés. Les passagers, femmes, enfants et personnes âgées pâtissent du froid. Ils n'ont pas ni nourriture ni eau», a dit Ahmad al-Dbis, chef d'une unité de médecins et de volontaires qui coordonnent les évacuations à Khan al-Assal, point de rassemblement en zone rebelle. Les premiers bus d'Alep sont arrivés en fin d'après-midi.

Le directeur pour le Moyen-Orient du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) Robert Mardini a tweeté que «les conditions climatiques sont difficiles et les gens sont épuisés». «Tous les blessés et les malades dans un état critique ont été évacués d'Alep ces derniers jours», a précisé à l'AFP une porte-parole du CICR, Ingy Sedky.

Les habitants démunis, dont de nombreux femmes, enfants et vieillards, avaient attendu dans le froid de pouvoir sortir après avoir vécu des mois de siège et de bombardements du régime qui ont quasiment rasé le réduit rebelle. Plus de 25'000 personnes, rebelles et civils, ont déjà pu quitter la métropole septentrionale d'Alep, a indiqué le CICR, précisant que «des milliers» attendaient encore d'être évacués.

«Nettoyer la zone»

Une source militaire a expliqué que le retard dans les évacuations ces dernières 24 heures était dû à la nécessité de «synchroniser» les sorties d'Alep avec celles des villages chiites de Foua et Kafraya, assiégés par les rebelles dans la province d'Idleb, voisine de celle d'Alep. Le processus avait été déjà bloqué le week-end dernier par des divergences sur les évacuations de ces deux localités prorégime. Selon l'agence officielle Sana, quatre bus et deux ambulances avec à bord des blessés sont sortis dans l'après-midi de Foua et Kafraya.

La source militaire a dit s'attendre à ce que l'évacuation des derniers habitants d'Alep s'achève mercredi. Mais avec les retards et les obstacles rencontrés durant le déroulement de l'opération, il n'est pas sûr que ce sera le cas. «Toutes les évacuations seront terminées aujourd'hui, en plusieurs convois» a indiqué à l'AFP un responsable du groupe rebelle Ahrar al-Cham, Ahmad Qorra Ali. La veille, l'armée avait appelé par haut-parleurs les rebelles et les civils souhaitant partir à quitter le réduit rebelle, disant vouloir «nettoyer la zone après la sortie des hommes armés».

Après un vote à l'unanimité du Conseil de sécurité de l'ONU, le régime syrien et d'autres parties sur le terrain ont accepté le déploiement de 20 observateurs «nationaux et internationaux» pour superviser les évacuations, selon un porte-parole de l'ONU. Avec cette résolution, l'objectif de la France est «d'éviter un nouveau Srebrenica», ville de Bosnie où fut commis en 1995 le pire massacre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, a dit l'ambassadeur français François Delattre, alors que l'ONU et des ONG internationales avaient fait état d'atrocités qu'aurait commises le régime dans les secteurs reconquis à Alep.

Un conflit complexe

L'accord d'évacuation a été parrainé par la Russie et l'Iran, alliés indéfectibles du régime Assad, ainsi que par la Turquie, soutien de la rébellion. Ces trois pays semblent avoir pris la main dans le dossier syrien, après avoir écarté les Etats-Unis et les Occidentaux de leurs efforts et de leur réunion la veille à Moscou. Ils se sont ainsi dits, après leur rencontre, favorables à un cessez-le-feu «élargi» en Syrie et prêts à être les «garants» de pourparlers de paix que l'ONU a dit préparer pour février à Genève.

Les soutiens militaires russe et iranien ont été déterminants pour renverser la situation au profit du régime en Syrie. Déclenché en mars 2011 par la répression de manifestations pacifiques pro-démocratie, le conflit syrien s'est complexifié au fil des années avec l'implication de multiples belligérants soutenus par différentes puissances régionales et internationales.

AFP

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