L’extrême droite européenne s’autostimule à Coblence

MeetingL’AfD a invité des ténors de la droite populiste en Europe samedi à Coblence. Ils ont soigneusement évité d’exposer leurs divisions.

Des manifestants anti-populistes ont envahi les rues de Coblence.

Des manifestants anti-populistes ont envahi les rues de Coblence. Image: Keystone

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Ils arrivent l’un après l’autre, en traversant la salle sur une musique héroïque, comme des boxeurs qui se dirigent vers le ring. Les drapeaux des nations européennes flottent derrière eux comme lors d’une cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques.

La mise en scène est parfaite. Non pas pour les quelques centaines de sympathisants présents dans la salle qui filment avec leurs smartphones, mais pour les 350 journalistes entassés au premier étage du Palais des Congrès de Coblence. Ce qui était annoncé au départ comme un «congrès» des partis d’extrême droite du Parlement européen (groupe Europe des nations et des libertés) est en réalité un meeting et une belle opération de communication.

A l’extérieur du bâtiment, protégé comme une forteresse par des centaines de policiers, 5000 personnes manifestent à l’appel de partis politiques, de syndicats et d’organisations religieuses contre l’intolérance. «Nous sommes venus défendre la liberté», lâche Malu Dreyer, la ministre-présidente de la région, celle de Rhénanie-Palatinat.

La liberté? Les «patriotes européens» la réclament pour eux dans la lutte contre les «élites» et «l’Europe de Bruxelles». Ils ont prédit, samedi à Coblence, l’avènement d’un «autre monde», c’est-à-dire avec des frontières hermétiques et sans l’UE. «Si vous vous êtes ici, c’est que vous sentez qu’il se passe quelque chose», a lâché, très satisfaite, Marine Le Pen aux journalistes, dont plusieurs avaient été interdits de «congrès» par les organisateurs.

La présidente du Front national, le Néerlandais Geert Wilders, président du PVV (Parti pour la liberté), et Frauke Petry, présidente de la formation d’extrême droite allemande AfD (Alternative pour l’Allemagne), ont pu montrer à peu de frais qu’ils n’étaient pas isolés en Europe à l’approche des élections dans leurs pays.

L’investiture du président Donald Trump aux Etats-Unis, qui avait eu lieu la veille, est le signal du «réveil des peuples de l’Europe continentale», a insisté Marine le Pen. «C’est l’avènement d’une nouvelle Amérique. Demain, ce sera au tour de l’Europe», a décrété Geert Wilders. «L’Allemagne de demain, c’est vous!» a-t-il ajouté aux sympathisants, dont la moyenne d’âge dépassait au moins… 60 ans.

Les leaders de l’extrême droite veulent le démantèlement de l’UE, une «prison» dont il faut se «libérer», a martelé Marine Le Pen. «L’Union européenne ne réussira pas ce que Napoléon, les nazis ou les Soviétiques ont essayé de faire», a ajouté Frauke Petry, d’un ton plus professoral.

«Nous sommes devenus des étrangers dans nos propres pays», a vitupéré Geert Wilders en dénonçant la politique humanitaire de la chancelière allemande, conspuée plusieurs fois par la salle aux cris de «Merkel va-t’en!» «Ce n’est pas d’Angela dont vous avez besoin mais de Frauke!» a-t-il lâché.

Les mouvements nationalistes ont soigneusement évité d’étaler leurs différences sur la politique économique ou encore l’homosexualité, l’Ukraine ou Israël. Mais le coprésident de l’AfD, Jörg Meuthen, a encore demandé ce week-end à ses troupes de garder une «certaine distance avec le FN en raison des tendances protectionnistes de Marine Le Pen».

Créé: 22.01.2017, 20h45

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