Les résultats de la présidentielle connus lundi

AutricheNorbert Hofer pour l'extrême droite et l'écologiste Alexander Van der Bellen sont à égalité, au second tour du scrutin.

Norbert Hofer, du parti d'extrême droite FPO, le 20 mai 2016 à Vienne (Autriche).

Norbert Hofer, du parti d'extrême droite FPO, le 20 mai 2016 à Vienne (Autriche). Image: AFP

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Il faudra attendre lundi pour connaître le nom du nouveau président autrichien. Le candidat de l'extrême droite Norbert Hofer (FPÖ) et l'indépendant d'obédience verte Alexander Van der Bellen n'ont pas réussi à se départager au 2e tour de la présidentielle. Le vote par correspondance tranchera.

Nobert Hofer a obtenu 51,9% des voix et Alexander Van der Bellen 48,1% après le dépouillement de 95% des bulletins. Les votes par correspondance représentent plus de 14% du corps électoral et départageront les deux candidats une fois ces 900'000 bulletins décomptés. Plus d'un électeur sur dix a opté pour le vote postal qui d'ordinaire est plutôt défavorable au FPÖ.

Sur la base de ces chiffres, la télévision publique autrichienne ORF a fait une évaluation du résultat définitif en intégrant le résultat estimé des votes par correspondance. Cette évaluation place les deux candidats à égalité parfaite avec une marge d'erreur de 1%.

Population divisée

Norbert Hofer et Alexander Van der Bellen ont opté pour un appel au rassemblement des Autrichiens que ce scrutin a profondément divisés. «Le président, quel qu'il soit, devra être le président de tous les Autrichiens», a déclaré Nobert Hofer à la télévision publique. A ses côtés sur le plateau, Alexander Van der Bellen a appelé les forces politiques à «travailler ensemble le mieux possible».

Les états-majors des deux camps, qui avaient préparé de grands rassemblements en plein air à Vienne, ont dû faire patienter leurs militants avec de la musique et des rafraîchissements.

On joue les prolongations

«C'est la photo-finish, un final à couper le souffle», avait commenté en début de soirée sur ORF le directeur de campagne du candidat indépendant Van der Bellen, Lothar Lockl. Ce dernier s'est félicité que son candidat ait comblé les 14 points d'écart qui le séparaient du candidat de l'extrême droite Norbert Hofer au soir du premier tour. «En football, on dirait que le match est entré dans la prolongation», a ajouté M. Lockl.

Au premier tour, le 24 avril, le candidat du Parti de la liberté (FPÖ), islamophobe et eurosceptique, était arrivé largement en tête avec 35% des voix contre 21% pour Alexander Van der Bellen.

«Je suis OK»

Une victoire de Norbert Hofer ferait de l'Autriche le premier pays de l'Union européenne à élire un chef d'Etat appartenant à l'extrême droite. Elle confirmerait la poussée des partis nationalistes dans un continent où les migrants sont perçus par une large part de l'électorat comme une menace et où l'UE provoque un rejet.

«Il me suffira de travailler un an ou deux et alors tout le monde verra que je suis OK, que je ne suis pas une personne dangereuse», a déclaré dimanche Norbert Hofer après avoir voté dans sa ville de Pinkafeld, dans l'est du pays. Ses déclarations sur la menace exercée par l'arrivée de migrants musulmans ont fait les titres de la presse durant la campagne. Mais la progression de son parti est perceptible depuis plusieurs années déjà en Autriche.

L'Europe au centre du débat

Agé de 45 ans, le numéro deux du FPÖ est la figure rassurante du parti d'extrême droite, divisant moins que son président, Heinz-Christian Strache. Ce dernier avait échoué de justesse aux municipales d'octobre dernier dans sa tentative de conquête de la mairie de Vienne mais a porté son parti à un niveau jamais vu.

«La principale différence entre Alexander Van der Bellen et Norbert Hofer est leur vision de l'Europe», estime Anton Pelinka, analyste politique à l'Université d'Europe centrale à Budapest. Le vote de dimanche était d'ailleurs scruté avec grand intérêt par l'ensemble des pays européens.

Petite révolution à Vienne

Eliminés de la course, les sociaux-démocrates du SPÖ et les conservateurs chrétiens de l'ÖVP, qui dominaient la vie politique autrichienne depuis la fin de la 2e Guerre mondiale, n'ont donné aucune consigne de vote dans l'entre-deux tours. Ils ont estimé qu'un appel à faire barrage à l'extrême droite aurait conforté la stature de candidat «anti-système» de Norbert Hofer. (afp/nxp)

Créé: 22.05.2016, 04h53

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