Fabius veut un premier jet du texte dès mercredi

Conférence sur le climatLe président de la COP21 et ministre français des Affaires étrangères met la pression à ses homologues pour qu'un accord mondial soit trouvé.

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La conférence de Paris sur le climat s'est engagée lundi dans une phase décisive avec l'entrée en scène de plus d'une centaine de ministres. Doris Leuthard et ses homologues ont encore quatre jours pour rendre un arbitrage politique sur de nombreux points en suspens.

Objectif : l'adoption d'un accord universel et contraignant en bonne et due forme sur la lutte contre le réchauffement de la planète, sur la base du brouillon rendu samedi au Bourget par les négociateurs des 195 pays participants. Lundi, nombre de points cruciaux, visant à empêcher un réchauffement de plus de 2°C du globe par rapport à l'ère pré-industrielle étaient encore disputés.

Le président de la COP21, le ministre français Laurent Fabius, a proposé un calendrier très serré avec «une première vision d'ensemble» du texte dès mercredi. L'accord doit être conclu jeudi, pour des raisons de traduction et de formulation juridique.

«Ce matin s'ouvre pour la COP21 la semaine de l'espoir», a déclaré Laurent Fabius, lors de la séance plénière d'ouverture de cette phase. Le ministre français mise sur des consultations tous azimuts et l'expérience de 14 ministres «facilitateurs» pour animer les débats et débloquer les points durs. Une instance de consultation, le «comité de Paris», se réunira au moins une fois par jour sous sa présidence. Sa première réunion était prévue lundi à 19h.

Engagements concrets

Cette conférence a d'ores et déjà permis d'obtenir de 185 pays l'annonce de mesures pour limiter la progression de leurs rejets polluants d'ici 2025 ou 2030. Malgré cela, la planète reste sur la trajectoire d'un réchauffement situé entre 2,7°C et 3,5°C.

A plus court terme cependant, une étude publiée lundi dans la revue «Nature Climate Change» constate que les émissions de gaz carbonique (CO2), principal gaz à effet de serre, devraient baisser en 2015. Cette diminution (-0,6%) serait la première durant une période de croissance économique mondiale ( 3,4%).

Tout au long de la journée, des annonces tous azimuts se sont succédé en marge des négociations au Bourget. La Suisse et 38 autres pays se sont par exemple fortement engagés pour l'arrêt des soutiens étatiques aux énergies fossiles. La cheffe du département de l'environnement, Doris Leuthard, y voit une contribution significative pour atteindre l'objectif de limiter le réchauffement climatique en dessous des 2°C.

Révision tous les cinq ans

L'un des enjeux de l'accord de Paris est également de bâtir un mécanisme garantissant une révision tous les cinq ans et à la hausse des objectifs de chaque pays. La date de première révision est un enjeu de taille. Ban Ki-moon a clairement appelé les pays à agir «dès avant 2020». Il s'agit d'un point très disputé auquel tiennent particulièrement les pays les plus vulnérables.

Un autre dossier des plus difficiles est celui de l'aide financière pour aider les pays du Sud à s'engager dans une transition énergétique et à s'adapter aux effets du réchauffement.

Les pays en développement exigent des assurances sur le versement promis de l'aide de 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020, et sur une augmentation de cette somme après cette date. De leur côté, les pays industrialisés ne veulent plus être les seuls à mettre la main au portefeuille, un appel du pied aux émergents et aux pays pétroliers.

Des responsables américains ont confié à l'AFP être plutôt optimistes sur la conclusion, d'un pacte. Mais l'un d'eux a ajouté s'attendre à des discussions intenses sur les problématiques de financement.

Processus «flexible et transparent»

Côté suisse, le chef de la délégation suisse Franz Perrez s'est montré élogieux au sujet du processus de négociations. Il est flexible, transparent et tout le monde est pris en compte, selon Franz Perrez, qui doute cependant que tout soit sous toit jeudi.

Par ailleurs, plus de 70 scientifiques récompensés par le prix Nobel ont remis lundi à François Hollande un appel «à tous les pays de la planète pour qu'ils prennent des mesures décisives» contre le réchauffement climatique. (ats/nxp)

Créé: 07.12.2015, 20h17

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