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AsieFace à l'épidémie, la Chine en quarantaine

La Chine a confiné des millions d'habitants dans deux grandes villes, alors que le bilan a été rehaussé à 26 victimes.

Le nombre de cas de contamination avérés en Chine est monté à 571 jeudi. (Photo d'illustration)
Le nombre de cas de contamination avérés en Chine est monté à 571 jeudi. (Photo d'illustration)
AFP

Près d'une dizaine de villes chinoises étaient bouclées vendredi à l'épicentre de l'épidémie virale. Le bilan s'est à nouveau alourdi peu après que l'OMS a renoncé à déclarer une urgence internationale.

Vingt-six morts sur un total de 830 personnes contaminées: le bilan du nouveau coronavirus apparu en décembre sur un marché de Wuhan (centre) s'est encore aggravé. Sur les 830 cas, 177 sont jugés graves, selon la Commission nationale de santé, tandis que 34 patients «guéris» ont pu quitter l'hôpital. Plus d'un millier de cas suspects sont en cours d'examen.

Un deuxième mort en dehors de la zone à l'épicentre de l'épidémie a en outre été enregistré. Cette personne est décédée dans le Heilongjiang (nord-est), une province frontalière de la Russie, ont annoncé les autorités locales sans fournir plus de détails. Cette province est située à plus de 1800 km à vol d'oiseau de Wuhan (centre). Un autre cas avait été annoncé peu auparavant dans le Hebei, la province qui entoure Pékin. Il s'agissait d'un homme de 80 ans.

Quarantaine

Les autres victimes étaient âgées de 48 à 89 ans et souffraient de maladies pré-existantes, selon les autorités sanitaires. Elles ont toutes succombé dans le Hubei, la province dont Wuhan est la capitale. Cette ville de 11 millions d'habitants est placé de facto en quarantaine depuis jeudi.

«Cette année, notre Nouvel an fait très peur», commente un chauffeur de taxi de Wuhan. «On n'ose plus sortir à cause du virus». Le long congé du Nouvel an chinois démarre ce vendredi, à la veille de l'Année du Rat qui commence le 25 janvier. Les centaines de millions de déplacements générés par ces congés pourraient favoriser la contagion.

Face à la crise, le régime communiste a pris jeudi la décision inédite d'interdire tous les trains et avions au départ de Wuhan et de bloquer les autoroutes. Seuls quelques avions étaient toujours annoncés dans la journée à destination de la ville. Autocars et bateaux sur le Yangtsé, le plus long fleuve de Chine qui arrose Wuhan, ont reçu l'ordre de s'arrêter dans les deux sens.

Vendredi, pour la seconde journée consécutive, les rues de Wuhan étaient désertes, les commerces fermés et la circulation réduite au minimum. Le port du masque est obligatoire sous peine d'amende.

D'autres communes proches de Wuhan sont coupées du monde. A une centaine de kilomètres à l'est, une agglomération de deux millions d'habitants, Huangshi, a annoncé vendredi matin la suspension des transports publics. Au total, quelque 26 millions de personnes sont concernées par ces mesures au Hubei, une province de près de 60 millions d'habitants.

«Urgence en Chine»

Au terme d'une réunion de deux jours à son siège de Genève, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a reconnu jeudi «l'urgence en Chine» mais a jugé qu'il était «trop tôt» pour parler «d'urgence de santé publique de portée internationale».

L'OMS a dit espérer que les mesures radicales adoptées par la Chine seraient «à la fois efficaces et de courte durée». «Nous avons compris que les mesures prises dans la ville de Wuhan ont résulté de l'initiative de cette ville et ne résultaient pas d'une évolution épidémiologique», a expliqué le président du comité d'urgence de l'OMS, Didier Houssin.

L'OMS assure qu'il n'y a pour l'instant aucune preuve de transmission entre humains en dehors de la Chine et qu'elle semble y être «limitée à des groupes familiaux et à des travailleurs de la santé».

L'OMS ne recommande pas de restrictions de voyages mais d'établir des dépistages dans les aéroports. L'organisation demande aussi «à tous les pays» de mettre en place des mesures pour détecter les cas de coronavirus, contre lequel il n'existe pas actuellement de traitement ou de vaccin.

Festivités du Nouvel an annulées

A Davos, où se tient le Forum économique mondial, la Coalition pour les innovations en préparation aux épidémies (CEPI) a annoncé jeudi que les essais cliniques concernant un premier vaccin pourraient avoir lieu «dès l'été».

Des cas de contamination ont été annoncés en Asie (Hong Kong, Macao, Taïwan, Corée du Sud, Japon, Thaïlande, Singapour, Vietnam) mais aussi aux Etats-Unis. Symbole de l'inquiétude qui s'est emparée de toute la Chine, la Cité interdite de Pékin, l'ancien palais des empereurs, a annoncé sa fermeture jusqu'à nouvel ordre pour éviter tout risque de contamination entre les visiteurs.

La capitale a décrété également l'annulation des festivités du Nouvel an, qui drainent habituellement des centaines de milliers de badauds dans les parcs. Depuis Montréal, le Cirque du Soleil a annoncé qu'il suspendait un spectacle en Chine à la demande des autorités.

ats

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